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18/12/2017

La Vie des Idées - La vie rêvée des sociétés À propos de : Erik Olin Wright, Utopies réelles, La Découverte

Dans un ouvrage magistral, Erik Olin Wright offre une réflexion d’ensemble sur les conditions du changement social. Son socialisme démocratique renoue avec l’ambition émancipatrice des sciences sociales. Mais quelle subjectivité politique pour porter ce changement ?

Le livre d’Erik Olin Wright, initialement paru en 2010 et récemment traduit en français, constitue une somme à l’ambition considérable, qui vise à redéfinir la question du changement social au XXIe siècle. Il parvient à penser ensemble des éléments souvent appréhendés séparément : une critique du capitalisme, des propositions d’alternatives concrètes et des stratégies de transformation sociale. Plus qu’un simple triptyque logique, qui forme les 3 parties de l’ouvrage, il s’agit des différentes étapes d’un même projet visant à réarmer scientifiquement la critique après l’échec du socialisme réel. Car l’oxymore que constituent les utopies réelles n’est rien de moins que cela : une réponse à la chute du mur de Berlin, fruit de 20 ans de réflexions muries depuis le camp du post-marxisme et du marxisme analytique. Aux yeux de Wright, une condition essentielle du changement social est la construction, ici et maintenant, d’utopies en acte qui, en donnant à voir leur efficacité, contribuent à réarmer le camp des radicaux, trop souvent déprimés par l’échec de leurs mobilisations. Les utopies réelles, en démontrant qu’un horizon de dépassement du capitalisme n’est pas une chimère, contribuent à (re) mobiliser ceux qui bien souvent se résignent devant l’ampleur de la tache ou l’absence d’alternative crédible.

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07:53 Publié dans Réflexions | Tags : erik olin wright | Lien permanent

10/12/2017

Non Fiction - Comment être à nouveau socialiste ?

En langue allemande, L’idée du socialisme date de 2015. Rien à voir, donc, avec les séismes électoraux traversés par le PS français ou par le SPD d’Outre-Rhin. Ce livre fait suite à une série de Conférences-Leibniz prononcées à Hanovre en 2014. Le texte de chaque intervention a ensuite été remanié, en fonction des discussions provoquées au cours des trois soirées de prononciation. Enrichis puis encore rediscutées à d’autres occasions, les textes issus de ces conférences ont finalement été traduits par Pierre Rusch. On ne peut d’ailleurs en détacher entièrement le propos du précédent ouvrage précédent d’Axel Honneth, Le droit de la liberté (Esquisse d’une éthicité démocratique, Gallimard, 2015).

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11:25 Publié dans Réflexions | Tags : axel honneth | Lien permanent

29/11/2017

Alternatives Economiques Marie Duru-Bellat Sociologue - Ecriture inclusive : parlez-vous rose ou bleu ?

Le rose et le bleu, selon que vous êtes fille ou garçons, ça agace… Surtout, ça vous renvoie, voire ça vous réduit, à une dimension de ce que vous êtes et une seule, votre sexe biologique ; alors que vous êtes tout autant jeune ou vieux, sportif ou contemplatif, solitaire ou parent de famille nombreuse, riche ou pauvre, etc. Cette dichotomie rose-bleu, qui semble décidément bien ringarde, n’est-elle pas en train de resurgir par le truchement de certains aspects de ce qu’on désigne sous le vocable de langage inclusif ? De prime abord, le débat est clair : d’un côté, s’y opposent tous ceux qui ont peur de tout ce qui semble remettre en cause l’ordre sexué actuel. De l’autre, il y a un certain nombre de féministes, qui veulent, avec le langage dit inclusif, donner ou redonner aux femmes toute leur visibilité dans la langue.

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26/11/2017

Non Fiction : Retour vers le réel

Se plonger au cœur de la réalité d’un univers social, partager la vie de ses acteurs, l’observer au plus près jour après jour : voilà la recette permettant de comprendre et décrire cet univers. En immersion rassemble, sous la direction de Pierre Leroux et Erik Neveu, les actes d’un colloque éponyme organisé en novembre 2013 à Rennes par le Centre de recherche sur l’action politique en Europe (CRAPE-ARENES). Ce colloque s’était donné pour mission de présenter les expériences de sociologues, ethnologues et journalistes, sur des terrains aussi variés qu’un laboratoire d’expérimentation animale , un quartier populaire de Fort-de-France , une entreprise de nettoyage , un régiment d’infanterie  ou un cabinet de médecine générale , pour n’en citer que quelques-uns.

Entrer dans la peau d’un autre…

Le livre commence, dans sa première partie, par revenir sur des expériences pionnières en immersion. Si les exemples de Nellie Bly, journaliste américaine de la fin du XIXe siècle, dans un asile psychiatrique pour femmes, ou de Jack London, dans les bas-fonds de Londres à la même époque, sont restés célèbres (et sont donc rappelés ici à plusieurs reprises par divers contributeurs), d’autres sont moins connus, comme celui du voyage d’Anton Tchekhov à Sakhaline  au cours duquel l’écrivain russe se livre à une observation et à une description des conditions de vie que ne renierait pas un sociologue patenté d’aujourd’hui.

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11:30 Publié dans Réflexions | Lien permanent

25/11/2017

Non Fiction - La société des spectateurs

S’il est vrai que la modernité s’affirme chaque jour un peu plus comme la « société du spectacle » discernée dès 1967 par Guy Debord, alors penser ce qu’est la condition du spectateur n’est pas seulement une manière de réfléchir aux meilleures manières de s’exposer à la force de l’art. Dans une telle configuration de notre vie politique, l’enjeu du spectateur est au moins autant sa gémellité avec le citoyen ; ou plutôt, cet enjeu réside dans le fait qu’être spectateur est une dimension cardinale des modalités selon lesquelles on est, aujourd’hui et ici, un membre de la cité.

Tel est, en effet, le paradoxe dans lequel est plongé celui qui s’interroge sur sa condition d’acteur politique et sur sa capacité d’agir : d’une manière ou d’une autre, il s’agira d’abord de prendre la mesure de la distance qui le sépare de la scène – du tableau, de l’écran… Telle est ainsi l’une des perspectives selon lesquelles on pourra lire l’entreprise livrée par Christian Ruby de reconstituer la généalogie du spectateur d’art : cette figure désormais familière qui arpente les différents lieux dans lesquels se donnent à voir les œuvres d’art et les productions de l’industrie culturelle.

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14:08 Publié dans Réflexions | Lien permanent

11/11/2017

Non Fiction - La sociologie est une science humaine, pas « un sport de combat » !

La question de la scientificité de la sociologie est aussi ancienne que la discipline elle-même. Elle est fondamentale puisqu’elle nous permet d’accorder plus ou moins de confiance à cette science des phénomènes sociaux.

D’ailleurs, nous avons plus que jamais besoin de la sociologie pour comprendre et expliquer les phénomènes très complexes que sont par exemple les résultats d’une consultation électorale, les phénomènes de croyances collectives (la défiance à l’égard des vaccins ou de la médecine allopathique…), la pensée extrême (le terrorisme mondial…), les mouvements sociaux de contestation ou les consommations artistiques, etc.

L’objet même de la sociologie est de dévoiler le réel accessible des sociétés humaines et de le saisir au plus près de sa vérité. Cela grâce à une rigoureuse méthode hypothético-déductive, où les paradigmes sont testés via l’empirie, l’expérimentation (quand elle est possible) et finalement tout moyen permettant « d’administrer la preuve », comme le disait Durkheim, afin que la théorie se trouve plus ou moins vérifiée par les faits. Or, pour mériter le nom de science, la sociologie ne peut se satisfaire ni de méthodes défaillantes, ni de théories postulant d'entrée de jeu une détermination des pensées et des comportements par la culture ou d'autres formes d'appartenance sociale ; puisque de telles théories, à la limite, ôtent à la sociologie tout objet. Elle ne peut pas non plus se satisfaire d’une confusion entre objet scientifique et préférence personnelle, entre critique sociologique et militantisme ordinaire.

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29/10/2017

Non Fiction : La théorie sociale au défi du XXIe siècle

.... Danilo Martuccelli, professeur de sociologie à l’université Paris-Descartes, n’en est pas à son premier essai sur cette question des manières d’aborder la condition moderne des individus sans négliger les statuts sociaux pour autant. Il a procédé à des enquêtes sur ce qu’éprouvent les acteurs sociaux et la manière dont ils éprouvent les changements et mutations sociales. A ce sujet, La condition sociale moderne livre les résultats d’enquêtes conduites d’abord entre 2003 et 2005, ensuite entre 2014 et 2016. Chaque fois des personnes de catégories socio-professionnelles, de sexes et d’âges différents ont été interviewées sur le thème des processus d’individuation en France et des expériences de « vivre en société » contemporaine. En partant du constat que ces expériences ne pouvaient plus, désormais, être réduites aux anciennes considérations sur la « vie » ou le « bonheur » privés.

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17:35 Publié dans Réflexions | Tags : danilo martuccelli | Lien permanent

22/10/2017

Télérama - "Où en sommes-nous?" : entretien avec Emmanuel Todd

Face au grand désordre du monde, la tentation est grande d'en appeler aux explications expéditives. Pourtant, le phénomène Trump, les métamorphoses de l'Europe, l'étrange permanence des comportements politiques français, ne peuvent pas se comprendre sans une plongée dans les profondeurs les moins conscientes de la vie sociale, en particulier la dynamique de longue durée des systèmes familiaux, affirme l'historien et anthropologue Emmanuel Todd.

09:54 Publié dans Réflexions, Vidéo | Tags : todd | Lien permanent

08/10/2017

Le Grand Face à Face : qui a gagné la bataille des idées en France ?

Avec Raphaël Glucksmann, Natacha Polony et Alain Finkielkraut,

04/10/2017

Pierre Rosanvallon CFDT et années 70

Etudiant à HEC (Hautes études commerciales), Pierre Rosanvallon prend contact en 1968 avec le monde syndical par le biais de la CGT et du responsable économique André Barjonet. En fait, c'est avec la CFDT qu'il entame son parcours par le biais d'études économiques que lui confie René Bonety, membre de la commission économique de la centrale dont le secrétaire général est alors Eugène Descamps.

Il sera permanent de la CFDT, secrétaire confédéral de 1969 à 1977, assumant tout à la fois le rôle de conseiller économique puis politique d'Edmond Maire, et rédacteur en chef de CFDT Aujourd'hui, la revue de réflexion de la CFDT. Aujourd'hui, professeur au Collège de France, il suit de près l'actualité sociale et sociétale.

Son regard acéré et son expérience du monde syndical lui permet de porter un jugement sur la suite de mai 68, et les luttes qui ont marqué les années 70. Il répond aux questions du journaliste Jean-François Cullafroz