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Histoire

  • Basta - Ces révoltes paysannes qui ont marqué l’histoire de France

    Alors que les mobilisations agricoles se poursuivent en France pour protester contre la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse, le livre « Insurrections paysannes », de l’historien Édouard Lynch, rappelle les luttes qui ont marqué le 20e siècle.

    La colère agricole a gagné la France ces dernières semaines face à la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Les points de blocages routiers se sont multipliés, comme les déversements de fumiers et de pneus devant les bâtiments publics, en vue de réclamer la fin de l’abattage total systématique. Progressivement, cette crise sanitaire est devenue une crise politique.

    Ces luttes paysannes s’inscrivent dans une longue histoire. Il est difficile de savoir à quand remonte la première « jacquerie », un terme renvoyant aux soulèvements dans les campagnes. La Grande Jacquerie de Jacques Bonhomme a eu lieu en 1358.

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  • Fondation Jean Jaurès - Albert Thomas (1878-1932). Une histoire du réformisme social

    2 déc. 2024

    Redécouvrir le parcours et le travail accompli par Albert Thomas dans ses différentes fonctions, telle est l’ambition de la biographie qu’Adeline Blaszkiewicz-Maison, maîtresse de conférences en histoire contemporaine (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), lui consacre dans un ouvrage publié aux PUF en septembre 2024. Dans cet entretien avec Emmanuel Jousse, maître de conférences en histoire contemporaine (Sciences Po Lyon), l’engagement socialiste, la trajectoire intellectuelle et l’internationalisme d’Albert Thomas sont interrogés, pour finalement dresser le portrait de celui considéré très souvent comme le premier social-démocrate français.

    Homme politique majeur de la IIIe République, Albert Thomas (1878 1932) est resté dans l’ombre de personnalités comme Jean Jaurès ou Léon Blum. Il faut dire que l’homme a des positions qui le placent en marge du mouvement socialiste, dont il se revendique pourtant jusqu’à son dernier souffle. Ouvertement réformiste quand le marxisme révolutionnaire s’impose dans la gauche française, ministre de l’Armement pendant la Première Guerre mondiale au moment où la gauche européenne renoue avec le pacifisme, il devient aux yeux des socialistes et des communistes le « ministre des Obus » et le fossoyeur de l’idéal de paix. Opposé à la Révolution russe de 1917, il défend un socialisme républicain, convaincu de l’importance de la voie législative et du dialogue social pour changer le monde. Premier directeur du Bureau international du travail, il est un ardent défenseur de la régulation du capitalisme par l’instauration d’un code du travail mondial. Appuyé sur des archives inédites et variées, l'ouvrage d'Adeline Blaszkiewicz-Maison retrace le parcours de ce précurseur de la social-démocratie à la française, et offre une plongée passionnante dans l’histoire de la IIIe République et dans celle des internationalismes du début du XXe siècle.

  • Le Grand Continent - Un président pouvait dire ça : Kennedy, Frost et l’effondrement américain

    Quelques jours avant sa mort, John Fitzgerald Kennedy prononce l’un de ses plus beaux discours, en hommage à l’immense poète Robert Frost.

    Relu aujourd'hui, il sonne comme un réquisitoire implacable contre Donald Trump et son Amérique.

    Nous le traduisons.
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    À peine quatre semaines avant son assassinat, John F. Kennedy se rend le 26 octobre 1963 à Amherst College pour rendre hommage à l’un des plus grands poètes de l’histoire de la littérature américaine.

    Robert Frost est mort au début de la même année, à l’âge de quatre-vingt-huit ans. 

    L’auteur de « The Road Not Taken » et de « Fire and Ice » avait récité un poème inédit, « The Gift Outright », lors de la cérémonie d’investiture de Kennedy, le 20 janvier 1961.

    L’hommage que rend le président des États-Unis au poète serait impensable aujourd’hui.

    Rédigé par Arthur Schlesinger Jr — historien subtil, proche collaborateur du président et inventeur du concept de « présidence impériale » pendant le mandat de Richard Nixon — le discours de Kennedy propose une méditation profonde sur l’importance de la poésie et de la vérité dans la création littéraire

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  • La femme que Marx n’a jamais voulu rencontrer : Flora Tristán, l’autodidacte qui aurait pu changer l’histoire du socialisme par María Begoña Pérez Calle Professor of Economics, Universidad de Zaragoza


    Pour Flora Tristán (Paris, 1803-Bordeaux, 1844), la transformation de la société devait être intégrale, et la communication avec les masses laborieuses était aussi importante que la diffusion littéraire de son modèle. C’est pourquoi elle ne se contenta pas d’écrire pour ceux qui pouvaient payer un livre et le lire, mais chercha à sensibiliser directement les classes travailleuses.

    Sa proposition novatrice impliquait un lien indissociable entre la question ouvrière et la question féminine : il n’y aurait pas de libération prolétarienne sans libération des femmes. L’émancipation était donc la condition nécessaire de la justice universelle. Flora Tristán anticipa ainsi des débats qui, bien des années plus tard, occuperaient une place centrale dans les discours féministes.

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  • La Vie des Idées - L’économie d’après Braudel Entretien avec Yves David Hugot

    Disparu il y a quarante ans, Fernand Braudel a profondément marqué les sciences sociales en forgeant des concepts durables pour penser le capitalisme. Son œuvre continue d’éclairer les mutations de l’économie, ses rythmes, ses espaces et ses rapports de force.

    Yves David Hugot est professeur certifié d’histoire-géographie et agrégé de philosophie. Il enseigne au lycée Gustave-Eiffel de Rueil-Malmaison. Il a dirigé avec Stéphane Dufoix le numéro thématique de la revue Socio paru en 2021 et intitulé Immanuel Wallerstein, Héritages et promesses, et est l’auteur de Capitalisme et modernité chez Immanuel Wallerstein (Presses Universitaires du Septentrion, 2025).

    La Vie des idées  : De quelle manière et à quelle fin Braudel, en tant qu’historien, s’approprie-t-il le concept de capitalisme par rapport aux usages de son temps ?

    Yves David Hugot : En utilisant ce mot, inventé par Werner Sombart en 1902, pour désigner certaines activités économiques à l’époque pré-industrielle, Braudel avait bien conscience qu’il encourait le reproche d’anachronisme. Dans le cadre de cette histoire économique du monde moderne que constitue Civilisation matérielle, économie et capitalisme [1], le capitalisme constitue l’étage supérieur de la vie économique des hommes, au-dessus de l’économie de marché et de la vie matérielle (c’est-à-dire de l’économie de subsistance).

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  • Le petit timonier À propos de : Julie Pagis, Le prophète rouge, La Découverte

    Dans le Paris post-soixante-huitard, un groupe de maoïstes s’organise autour de Fernando, mystérieux prophète des temps modernes. En explorant le fonctionnement de cette organisation, Julie Pagis invite à approfondir la notion de domination charismatique chère à Max Weber.

    Entre 1971 et 1980, dans la France post-1968, sept couples suivent à la lettre les préceptes marxistes-léninistes dispensés par Fernando, un militant maoïste de quinze ans leur aîné, récemment revenu de Chine. Peu à peu, celui-ci parvient à exercer un contrôle quasi total sur leur travail, leur famille, leur façon de s’habiller et jusqu’à leur manière de se percevoir eux-mêmes. Pourquoi les membres de ce groupe obéissent-ils à cet homme durant près de dix ans ? En d’autres termes, comment, au nom de la Révolution, peut-on consentir à la domination ?

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  • Qui était Pauline Kergomard, l'inventrice de l'école maternelle?

    C'est à une femme que nous devons la réforme qui a fait de l'école maternelle le lieu d'enseignement que nous connaissons aujourd'hui. Un lieu adapté à la physiologie des enfants, à leurs besoins et à leurs extraordinaires capacités d'apprentissage. Elle s'appelait Pauline Kergomard.

    C’est en 1826 qu’apparaissent en France les salles d’asile, destinées à accueillir les enfants des classes populaires âgés de 18 mois et 7 ans pendant que leurs parents travaillent. Ces établissements étaient alors placés sous l’égide d’un "comité des dames" et financés par la charité de généreux donateurs privés. Une grande partie de ces salles d’asile, ou “écoles à tricoter”, étaient chapeautées par des religieuses et visaient avant tout à permettre à ces enfants pauvres d’accéder à "une vie honnête, décente et chrétienne", mais sans véritable programme pédagogique. Elles évoluent au fil des années, passant sous le contrôle du ministère de l’Instruction publique, mais c’est avec Pauline Kergomard, institutrice et pédagogue née à Bordeaux en 1838, que les salles d’asile deviennent des écoles maternelles à part entière.

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  • National Geographic - La mafia new yorkaise s’est lancée dans une guerre des artichauts en Californie

    Au début du 20e siècle, entre rixes à la machette dans les champs de Californie et détournements de wagons dans le Bronx, le crime organisé a transformé l’humble artichaut en une précieuse et meurtrière marchandise de contrebande.

    Les premières guerres de gangs à s’être déroulées sur les deux côtes des États-Unis n’éclatèrent pas à cause de l’or, de l’alcool ou des armes, mais à cause d’un légume. À la fin des années 1880, des agriculteurs italiens introduisirent l’artichaut dans les champs brumeux situés au sud de San Francisco, où il trouva des conditions idéales.

    Dès les années 1920, des wagons frigorifiques en provenance de Californie transportaient la quasi-totalité des artichauts dégustés aux États-Unis. Au même moment, ceux-ci devinrent une denrée rare et hautement lucrative. Dans un comté depuis longtemps coutumier de la justice expéditive, les agriculteurs s’armèrent de fusils et de machettes pour protéger leurs champs contre leurs concurrents et contre les piliers de la pègre locale.

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  • Fondation Jean Jaurès - Vingt ans après le référendum de 2005 : comprendre la rupture et la réparer

    Il y a vingt ans, quand le Parti socialiste soutenait le « oui » au référendum ratifiant le Traité établissant une Constitution pour l’Europe, les Français votaient « non », témoignant non pas d’un vote nationaliste, mais d’un refus d’une Europe libérale. Pour le sénateur Mickaël Vallet, cet événement a creusé la distance entre les classes les moins favorisées et les socialistes : ils doivent donc désormais reconnaître leur erreur et assumer cet inventaire afin de pouvoir, à l’avenir, renouer avec sincérité et crédibilité avec la France populaire.

    Le 29 mai 2005, Jacques Chirac choisissait la voie référendaire pour ratifier le Traité établissant une Constitution pour l’Europe (TCE). Et les Français de répondre clairement « non » à ce texte qui faisait du droit de la concurrence une nouvelle boussole sociale. Ce moment a creusé comme jamais la distance entre les classes populaires et le Parti socialiste. Sans les premières, le second n’a pas de raison d’être politique. L’adoption du Traité de Lisbonne en 2008 par un vote en ordre dispersé des groupes parlementaires socialistes puis l’acceptation dans les faits d’une Union européenne libérale a confirmé cette rupture.

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  • Non Fiction - Une République en fanfare : histoire, musique et politique

    Le catalogue de l’exposition « Musique et République » permet de rendre accessible le renouvellement des recherches sur le sujet.

    Publié à l’occasion de l’exposition éponyme aux Archives nationales de Paris (du 26 mars au 14 juillet 2025), le catalogue Musique et République est une œuvre collective plutôt ambitieuse, où se signalent tout particulièrement les contributions de Marie Ranquet (conservatrice aux Archives nationales), de Sophie Lévy (professeure au CNSMDP) et de Christophe Barret (journaliste et historien). Ce volume de 272 pages richement illustré, publié par la maison d’édition belge Snoeck, s'inscrit dans la lignée encore assez peu fournie des grands projets mêlant histoire culturelle, musicologie et mémoire politique. Il répare (sans en être à l’initiative) l’absence d’une place pour la musique dans l’historiographie déjà ancienne de la Révolution et de l’histoire républicaine telle qu’elle fut produite notamment par Mona Ozouf et François Furet (La Fête révolutionnaire 1789-1799, Gallimard, 1976 ; Dictionnaire critique de la Révolution française, Flammarion, 1992).

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  • Fondation Jean Jaurès - Le « putsch » de la rue d’Allonville : histoire des socialistes de Loire-Atlantique (1958-1977)

    Jean Guiffan, historien et témoin engagé, nous décrypte dans Le « putsch » de la rue d’Allonville : histoire des socialistes de Loire-Atlantique (1958-1977) (Éditions du Centre d’histoire du travail, 2025) les débats internes et les conditions qui ont permis à la gauche socialiste de s’implanter en Loire-Atlantique à la fin du XXe siècle. Cet ouvrage est publié avec le soutien de la Fondation Jean-Jaurès.

    Dans les années 1950-1960, la gauche socialiste est divisée en plusieurs organisations, dont la principale est la SFIO. La volonté de peser politiquement la pousse à s’unir, ce qui aboutit en 1971 à la création de l’actuel Parti socialiste (PS). Mais en Loire-Atlantique, cette évolution ne fait pas l’unanimité. En novembre 1974, un coup de force met en minorité la « vieille garde » SFIO, opposée à l’union de la gauche, dont les leaders participent, à Nantes, à la majorité municipale de droite ! Grâce à ce « putsch », la conquête du pouvoir devient enfin une véritable perspective…

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