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Analyses

  • Observatoire des inégalités - Combien touchent réellement les salariés en France ?

    La moitié des salariés gagnent moins de 1 758 euros par mois, si l’on tient compte des salaires réellement perçus sur l’année, qu’il s’agisse de temps complets ou de temps partiels. Chez les employés, ce montant ne dépasse pas 1 354 euros. Il atteint 3 192 euros pour les cadres. Extrait du Centre d’observation de la société.

    À la question « quel est le salaire moyen en France ? », la réponse de n’importe quel moteur de recherche sur Internet est 2 700 euros mensuels pour un salarié à temps plein, reprenant les données de l’Insee. C’est à partir de ce chiffre que se fonde le débat public. Pourtant, ce n’est pas ce que disent les fiches de paie. Si on calcule la moyenne de ce que touchent les salariés sur une année, on arrive à 2 000 euros (donnée Insee 2022) par mois. Ce chiffre – que l’Insee appelle « revenu salarial » – comprend les salaires des personnes à temps plein, à temps partiel, ainsi que les salaires de ceux qui n’ont travaillé que quelques mois dans l’année [1]. Raisonner en équivalent temps plein (EQTP), comme on le fait généralement, a du sens, mais mesurer le revenu salarial permet de mieux comprendre les niveaux réels de rémunération du travail.

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  • OFCE - La dette publique est-elle de droite ou de gauche ? 8 septembre 2025

    Quelle relation existe-t-il entre la couleur politique du gouvernement et l’évolution de la dette publique ?

    Cette question permet de s’éloigner des enjeux de très court terme, souvent anxiogènes, pour se placer dans le temps long de la politique. Son intérêt est aussi qu’elle appelle une réponse claire : la dette publique augmente davantage sous les gouvernements de droite, et ce dans la plupart des pays.

    Avant de justifier cette affirmation, trois précautions s’imposent. La première est que la notion de droite et de gauche est relative : la gauche américaine est différente de la gauche suédoise. Ensuite, au sein d’un même pays, la gauche et la droite évoluent. Le Parti socialiste en 1981 était déjà différent de celui de 1984. Enfin, la distinction entre gauche et droite est elle-même composite, avec l’existence d’une droite, d’une gauche, d’une extrême droite et d’une extrême gauche pouvant entretenir des rapports différents aux finances publiques.

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  • La Gazette des Communes - Hybridation public-privé dans la culture : risques de brouillage

    Sociologue et maître de conférences à l'Université de Picardie-Jules Verne, Fabrice Raffin décrit l'émergence du secteur privé dans le champ des politiques culturelles. Il analyse les tensions qui en découlent et les risques de confusion entre des logiques différentes, tout en constatant que cette hybridation répond aux attentes de certains élus.

    Le monde culturel, qui fut longtemps un espace relativement stable — articulé autour du dialogue entre institutions publiques, collectivités territoriales et collectifs d’artistes — se recompose aujourd’hui sous l’effet de l’irruption d’acteurs privés : entreprises, fondations, agences d’ingénierie. Si le phénomène n’est pas nouveau dans la musique et les festivals, des acteurs se multiplient dans les arts visuels et urbain, et même le domaine des musées et du patrimoine. Ces structures, d’abord périphériques, concurrencent aujourd’hui des institutions subventionnées. Le changement est profond : il ne s’agit pas d’une simple ouverture au marché, mais d’une redéfinition du système d’action publique

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  • Métropolitiques - Éboueurs et balayeurs face aux paradoxes de leur condition Hugo Bret - 25 décembre 2025

    Qui sont les éboueurs et balayeurs du secteur public et que pensent-ils de leur condition professionnelle et sociale ? Hugo Bret aborde l’évolution récente de ce métier dans une étude sociologique menée dans la région francilienne.

    Ces ouvrier·es ont été fugitivement salués pour leur rôle joué en « seconde ligne » lors de la crise sanitaire. Rendus visibles lors des grèves, ils ont aussi été médiatisés dans le cadre de la réforme des retraites ou du temps de travail des fonctionnaires. Mais le plus souvent, ces agents du service public demeurent peu valorisés ou reconnus, et continuent de faire l’objet de nombreux stigmates ou préjugés. Or, en dépit de leur rôle central dans la collectivité, les sciences sociales s’y sont assez peu intéressées. Si le travail en lui-même a été documenté (Corteel et Le Lay (dir.) 2011), on ne sait pas grand-chose de celles et ceux qui l’exercent. Qui sont ces travailleurs et ces travailleuses, et qu’est-ce qui caractérise leur condition professionnelle et sociale ? (Bret 2020). Mobiliser une sociologie du travail et une sociologie des modes de vie permet de dresser le portrait d’un groupe situé dans une zone spécifique de l’espace social, celle des classes populaires urbaines à Paris et en région francilienne, relativement stables mais qui demeurent néanmoins modestes et qui, par conséquent, disposent le plus souvent d’assez de ressources pour « s’en sortir » à peu près et tenter de vivre « comme tout le monde » (Masclet et al. 2020), mais tout en restant exposées au risque de la précarisation. L’article caractérise cette condition sur le plan professionnel pour ensuite revenir sur les conditions d’existence de ces ouvrier·es qui œuvrent dans l’ombre pour l’intérêt général.

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  • Observatoire des inégalités - La justice est-elle juste ?

    En théorie, nous sommes égaux devant la loi. En pratique, les personnes les plus favorisées ont plus de moyens pour faire respecter leurs droits. Est-ce que la justice est la même pour toutes et tous ? Extrait de « C’est pas juste ! », notre ouvrage pour tout comprendre sur les inégalités à partir de 11 ans.

    L’article premier de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 indique que «  les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Si ce principe n’est pas respecté, cela veut dire que les lois ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Or, l’égalité devant la loi est la base de ce qui fonde notre société. Si les règles ne sont pas les mêmes pour toutes et tous, qui va les respecter ?

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  • Le Monde - Travailler moins peut-il vraiment aider à sauver la planète ? | CHALEUR HUMAINE S.6 E.1

    Est-ce que réduire le temps de travail à un impact positif sur le climat et la biodiversité ? La libération de plus de temps ne risque-t-elle pas d’entraîner plus de transports et de consommation ? Faut-il viser la croissance au travail ? Et comment faire pour avoir ce débat d’une manière sereine et constructive ? Céline Marty est philosophe, spécialiste de la question du travail, autrice de “Travailler moins pour vivre mieux” aux éditions Dunod.

  • Métropolitiques - Biodéchets : le tri à la source, et après ? Élisabeth Lehec - 11 décembre 2025

    Les communes incitent désormais la population à trier leurs déchets alimentaires. Selon la chercheuse Élisabeth Lehec, l’organisation collective pour les gérer est peu compatible avec une réduction des déchets sur le long terme.

    Fin 2024, une minorité de Français avait accès au tri à la source des biodéchets, selon Le Monde [1] ; près de la moitié de la population, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe). Que le verre soit jugé à moitié vide ou à moitié plein, une nouvelle sémantique traverse la gestion des déchets, des ministères aux collectivités : le tri, qui était présenté comme une étape indispensable au recyclage dans les années 1990, est désormais évoqué comme une fin, une solution à laquelle les usagers doivent accéder. Ce glissement est le signe d’une préoccupation pour la baisse des tonnages pris en charge par les incinérateurs et les centres d’enfouissement ; mais il pourrait également être révélateur d’une difficulté des institutions à prendre en considération les ressources, matérielles ou immatérielles, contenues dans les biodéchets alimentaires des ménages [2]. Le service public de gestion des biodéchets semble peiner à se transformer en service de gestion de la ressource. Si l’on admet que le tri à la source ne saurait être une fin, de quoi est-il aujourd’hui et pourrait-il être, à l’avenir, le moyen ?

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  • Telos - Cannabis: sortir des impasses par Aude de Castet, Vincent Caux, Florence de Massol ....

    La spirale de meurtres liés aux trafics a pris une ampleur inédite. Pourtant, le cannabis n’obéit pas exactement aux mêmes logiques économico-mafieuses que la cocaïne ou le fentanyl : 70% de la résine provient du Maroc. L’«herbe», qui représente environ un tiers de la consommation, vient d’Espagne, de France et des Pays-Bas. Ces productions agricoles sont souvent artisanales. Avec des saisies record (plus de 87 tonnes sur les deux derniers exercices), sa consommation annuelle est estimée en moyenne à près de 400 tonnes. Elle demeure une porte d’entrée vers d’autres addictions et son commerce, est une plateforme pour des grossistes qui se diversifient vers des marchés autrement plus dangereux : armes, traite, drogues dures.

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  • Telos - Réduire la dette publique, c’est facile. Demandez aux Suédois. Charles Wyplosz

    Depuis des semaines, le Parlement débat du budget pour 2026. Des milliers d’amendements ont été déposés par les partis, couvrant tous les aspects de l’action de l’État, sauf un : le poids de la dette publique. Entretemps, les agences de notation ont dégradé la dette française et l’État doit payer plus cher pour emprunter. Cette déconnexion n’a rien d’original. Depuis des décennies, la dette est le dernier des soucis du monde politique français. Les efforts maladroits de Michel Barnier et de François Bayrou ont abrégé leur séjour à Matignon. En fait, c’est un problème très général. Dans tous les pays ou presque, les politiques veulent dépenser plus pour plaire à leur électorat, tout évitant d’augmenter les impôts sous peine de déplaire aux électeurs, sauf quand il s’agit de taxer les riches, trop peu nombreux pour changer les résultats des élections mais aussi pour fournir les recettes espérées. Tout ceci semble parfaitement naturel, mais c’est aussi la recette pour laisser la dette publique grimper inexorablement. La solution est bien connue : il faut encadrer le processus budgétaire avec des règles contraignantes.

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  • IDDRI - Paquet automobile européen : derrière le compromis politique, le risque d'une transition à deux vitesses

    Après des mois d’intenses négociations entre États membres, constructeurs, équipementiers et société civile, la Commission européenne a levé le voile hier sur son nouveau « paquet automobile ». La plupart des analystes et commentateurs ont souligné, à juste titre, le caractère relativement équilibré et habile politiquement de la proposition : réaffirmer clairement la primauté du véhicule électrique comme horizon industriel et climatique, tout en encadrant la possibilité de vendre un volume limité de véhicules thermiques ou hybrides rechargeables au-delà de 2035, conditionnée à des mécanismes de compensation. Mais l’Institut Mobilités en Transition en examine dans ce billet de blog la portée et les impacts potentiels en termes tant économico-industriels que sociaux.

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  • OFCE - Quels leviers comptent pour la valeur de l’action climatique ?

    Dans le cadre de l’Accord de Paris, adopté le 12 décembre 2015, 196 pays se sont engagés à contenir l’augmentation de la température moyenne mondiale « bien en dessous de 2°C » par rapport aux niveaux préindustriels. Chaque partie doit formuler et soumettre des plans d’action climatique — appelés contributions nationales déterminées (NDC) — pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. La France, pour sa part, s’est engagée à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Sa feuille de route, la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), définit une trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre jusqu’en 2050 et fixe des jalons à court et moyen terme.

    Pour déterminer une stratégie économique efficace compatible avec ces objectifs, on définit une valeur de référence qui attribue un prix implicite à la réduction de chaque tonne de CO₂. Il s’agit de la valeur du carbone. Cette grandeur sert d’étalon d’évaluation pour apprécier la pertinence des investissements et des politiques publiques ou d’innovations. Prenons l’exemple d’un programme de rénovation énergétique. Si le coût socioéconomique du projet (investissement, entretien, désagréments) est inférieur à la valeur actualisée des tonnes de carbone qu’il permet d’éviter, l’opération est jugée socialement rentable. La valeur du carbone ne doit pas être confondue avec les dispositifs de tarification explicite (taxe carbone ou système d’échange de quotas), généralement plus bas pour des raisons institutionnelles et d’acceptabilité ().

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