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15/07/2018

Sélection été : Observatoire des inégalités - Impôts et prestations sociales réduisent les inégalités de revenus de moitié

Impôts et prestations sociales réduisent nettement les inégalités de niveau de vie entre les plus riches et les plus pauvres. La redistribution fonctionne en France, mais les écarts sont considérables à l’origine. L’analyse d’Anne Brunner et Louis Maurin de l’Observatoire des inégalités.

Avant impôts et prestations sociales, le revenu moyen des 20 % les plus aisés est de 4 566 euros par mois selon l’Insee (données 2015 pour une personne seule), huit fois le revenu des 20 % les plus modestes (553 euros par mois en moyenne). À l’extrémité de l’échelle, les 10 % les plus aisés (5 939 euros par mois) touchent 21 fois plus que les 10 % les plus modestes (281 euros). Une fois les impôts retirés de ces revenus et les prestations sociales versées, les écarts se réduisent très nettement : le rapport entre les niveaux de vie des 20 % les plus riches et des 20 % les plus modestes tombe à quatre. Entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres, il se réduit de 21 à six. Dans le premier cas, les inégalités de niveau de vie sont divisées par deux. Dans le second, par près de quatre. Le modèle social français redistribue des revenus de façon importante......

..... On redistribue beaucoup parce que les inégalités de départ (entre les salaires, entre les revenus financiers, immobiliers, etc.) sont dans notre pays, parmi les plus grandes en Europe. Entre les revenus de départ et ceux dont les ménages disposent réellement pour dépenser, la France fait le grand écart, ce qui est en partie à l’origine du débat sur la fiscalité. Les riches gagnent beaucoup avant impôts mais s’en rendent difficilement compte, faute de pouvoir se comparer avec ce qui se passe dans les autres pays (voir notre article « France, le pays où les riches sont très riches ») ou d’avoir une idée réelle de ce que gagnent les ménages moins aisés. En revanche, ils mesurent l’ampleur de ce qu’ils paient en prélèvements. Même si l’on s’accorde pour soutenir les plus démunis, c’est au prix d’une redistribution conséquente, du fait des inégalités de départ. On devrait autant se poser la question de la distribution initiale des revenus, que de leur redistribution après coup. C’est pourtant rarement fait. Les privilégiés de l’entreprise comme de la fonction publique accèdent à de très hauts niveaux de salaires et des primes importantes, rarement contestées.

Anne Brunner et Louis Maurin

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12/07/2018

Observatoire des inégalités - L’Assemblée nationale ne compte quasiment plus de représentants des milieux populaires

À quand la parité sociale à l’Assemblée nationale ? Employés et ouvriers représentent la moitié de la population active et comptent pour dix fois moins parmi les député(e)s. Contrairement à la question du genre, la composition sociale intéresse peu, y compris dans les instances représentatives.

Le renouvellement politique de juin 2017 à l’Assemblée nationale a entraîné une forte augmentation de la part de femmes parmi les élus mais il ne s’est pas accompagné d’un renouvellement social. Si 4,6 % des députés sont employés, aucun n’est ouvrier, alors que ces catégories représentent la moitié de la population active, selon l’Institut Diderot [1]. À l’inverse, les cadres et professions intellectuelles supérieures représentent 76 % des élus, soit 4,4 fois plus que leur part dans la population active.

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19/06/2018

Observatoire des inégalités - Les inégalités de niveau de vie continuent d’augmenter

Depuis une vingtaine d’années, les inégalités de revenus augmentent. Les plus aisés s’enrichissent alors que le niveau de vie des plus pauvres stagne.

Si l’on prend comme point de comparaison le début des années 1970, les inégalités de revenus ont baissé. Depuis une vingtaine d’années, changement de cap : les inégalités repartent à la hausse. Dans un premier temps, les niveaux de vie des très riches se sont envolés. Puis, à partir de la fin des années 2000 les revenus des plus pauvres ont baissé. Le jugement que l’on peut porter sur l’évolution des inégalités de revenus dépend de l’échelle de temps et de l’instrument de mesure que l’on utilise.

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04/06/2018

L'actualité des socialistes du 25 au 1er juin

ESPAGNE

Le Monde - Espagne : Mariano Rajoy renversé, Pedro Sanchez devient président du gouvernement

Le parlement espagnol a voté la motion de censure contre le leadeur du PP, fragilisé depuis la condamnation de son parti pour corruption.

Le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy, coulé par un scandale de corruption, a été renversé par le Parlement, vendredi 1er juin, après plus de six ans au pouvoir en Espagne. Il a été remplacé dans la foulée par le socialiste Pedro Sanchez.

Libé - Pedro Sánchez, ou la résistance récompensée

Ex-basketteur et docteur en économie, le chef de file du Parti socialiste espagnol rebondit pour devenir le nouveau Premier ministre d'un pays paralysé par la crise politique.

«J’ai toujours appris à donner le maximum de moi-même jusqu’à ce que l’arbitre siffle la fin de la rencontre.» Dans une récente entrevue, celui qui, à 46 ans, va prendre les commandes de l’Espagne faisait cette confidence, répondant à une question sur la caractéristique principale de son caractère. Cette métaphore sportive fait référence à son passé de basketteur, lorsque, jusqu’à l’âge de 21 ans, ce joueur de 1,90 m évoluait dans l’équipe d’Estudiantes, à Madrid, l’un des meilleurs clubs du pays.

LOGEMENT

Loi logement : le "pire projet de loi" depuis le début du quinquennat, selon le PS

Les 3160 amendements du projet de loi logement, baptisé loi Elan, sont examinés dès ce mercredi et jusqu'au 6 juin par les députés.

Le "pire projet de loi qu'on ait vu depuis l'arrivée de ce gouvernement", selon le Parti socialiste. Les socialistes présentaient, ce mercredi matin à Alfortville (Val-de-Marne), un contre-projet à la loi logement, examinée depuis aujourd'hui à l'Assemblée nationale.

Près de 3160 amendements de ce projet de loi, baptisé Elan (évolution du logement et aménagement numérique), vont être décortiqués par les députés jusqu'au 6 juin.

LA REPUBLIQUE

Emmanuel Maurel - Contre-feux républicains

En France, les Républicains ne sont pas à la fête. Certes, personne ne remet en cause la République comme régime politique. Mais les principes qui la fondent sont en revanche malmenés, voire contestés, aussi bien par le pouvoir en place que par une partie croissante  du monde politique.

Oui, le « modèle républicain», fait l’objet d’attaques insidieuses ou frontales. Et l’exemple vient d’en haut. En libéral assumé, Emmanuel Macron s’en prend logiquement aux protections (droit du travail, assurance chômage) et au patrimoine collectif (privatisations, réforme de la SNCF), au risque de fissurer la cohésion sociale.

INEGALITES

Observatoire des inégalités - Inégalités urbaines : faire émerger la mixité

Pour réduire les inégalités entre les territoires, il faut mieux équilibrer l’offre des services publics. Et s’inspirer de la mixité existante dans certains quartiers. Propositions de Marco Oberti, sociologue, professeur à Sciences Po, directeur de l’Observatoire sociologique du changement. Extrait de l’ouvrage Que faire contre les inégalités ?

La question des inégalités urbaines est liée de manière complexe à celle de la ségrégation. Les groupes sociaux, inégalement dotés en ressources économiques, culturelles et sociales (diplômes, revenus, etc.), se répartissent de façon inégale entre les quartiers d’une ville. Les espaces urbains eux-mêmes sont inégalement pourvus en ressources publiques et privées de toutes sortes (écoles, transports, équipements culturels et sportifs, sécurité, espaces verts, commerces, etc.). Il en découle une hiérarchie qui différencie les quartiers d’une ville et de sa banlieue à la fois sur la base du profil socio-économique, voire ethnoracial, des populations qui y résident, mais aussi en fonction de leurs équipements, de leurs infrastructures, et surtout de leur « qualité ».

ITALIE

Le Monde - Matteo Salvini et Luigi Di Maio, les deux hommes forts du nouveau gouvernement italien

Les dirigeants de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles, qui ont conclu un accord de gouvernement jeudi, obtiennent les postes-clés de l’intérieur et du développement économique.

Aucun d’eux n’est premier ministre, mais ils détiennent pourtant les clés du nouveau gouvernement italien, formé jeudi 31 mai et dirigé par Giuseppe Conte. En héritant respectivement du ministère de l’intérieur et de celui du développement économique, Matteo Salvini et Luigi Di Maio occupent deux postes-clés de la nouvelle équipe gouvernementale.

Marianne - Italie : quand une alliance entre le Président et les marchés fait échec au choix des électeurs

Pied de nez à la coalition eurosceptique vainqueure aux élections générales, le président italien Sergio Mattarella a chargé un ex-cadre du FMI de former un gouvernement. Luigi di Maio, leader du Mouvement 5 Etoiles, réclame sa destitution pour atteinte à la Constitution.

Un technocrate plutôt que le choix des électeurs. Au moins, le message délivré par Sergio Mattarella, le président de la République italienne, ce lundi 28 mai, est clair. Le chef de l’Etat a chargé Carlo Cottarelli, un ancien cadre du Fonds monétaire international (FMI) sans expérience politique, de former un gouvernement. Quelques heures auparavant, dimanche, il refusait de signer le décret de nomination du gouvernement de Guiseppe Conte, le Premier ministre choisi par le Mouvement 5 Etoiles et la Ligue, coalition majoritaire issue des élections législatives du 4 mars.

MACRONISME

Telos - Le macronisme: une verticale du pouvoir incomplète, Laurent Bouvet

Il est particulièrement périlleux de tenter de dresser le bilan d’une action politique, a fortiori d’un mandat présidentiel, au bout d’un an. Il est même impossible de le faire si l’on s’en tient aux résultats de la politique menée par le président de la République, son gouvernement et sa majorité. À la fois parce que ceux-ci sont dus en partie au pouvoir précédent et parce qu’ils ne sont pas encore assez significatifs pour donner un éclairage net sur la pertinence des choix revendiqués. L’angle des politiques publiques n’est donc pas le bon si l’on veut dessiner les contours (pour le moment hypothétiques) d’un « macronisme », un an seulement après l’élection de celui qui en est à la fois l’inspirateur et la principale incarnation.

CHOMAGE

OFCE - Les soubresauts du taux de chômage

Les chiffres du chômage publiés par l’Insee pour le premier trimestre 2018 indiquent une remontée du taux de chômage de 0,3 point (0,2 point en France métropolitaine). Dans notre dernier exercice de prévision, nous avions anticipé un taux de chômage stable, tout en soulignant les risques à la hausse du chômage en ce début d’année (graphique 1).

Comment expliquer la hausse du chômage sur un trimestre ? Le taux de chômage peut augmenter concomitamment à une hausse ou une baisse de l’emploi, en fonction des comportements d’activité : lorsque l’emploi augmente, le chômage baisse si la population active augmente moins vite que l’emploi. Par contre, il augmente si la population active augmente plus vite, ou dans le cas de destructions d’emploi si celles-ci ne s’accompagnent pas d’une baisse de la population active plus importante.

FLEXIBILITE

Observatoire des inégalités - Les maîtres du temps prospèrent grâce aux flexibles

Travail à la chaîne, le dimanche, la nuit, en horaires décalés... Les inégalités dans l’usage et le contrôle du temps façonnent nos modes de vie. Les plus favorisés réclament toujours plus de flexibilité pour les autres, au nom de la modernité. Par Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

Que faites-vous pour les vacances de février ou à Pâques ? Si vous avez la chance de pouvoir vous affranchir de votre travail pendant une semaine, vous êtes probablement du bon côté. Celui de la minorité qui dispose de plus de cinq semaines légales de congés payés par an et des moyens pour prendre le large. Les inégalités dans l’usage et le contrôle du temps façonnent nos modes de vie.

ARMENIE

Telos - Démocratie illibérale, une leçon arménienne, Florent Parmentier

Des manifestations qui rejettent un Premier ministre incarnant le système politique depuis plus d’une décennie, une rébellion plus générale contre des élites perçues comme corrompues, irresponsables et inefficaces: ni populisme ni révolution de couleur, l’Arménie tente à son tour de trouver son chemin de l’Etat de droit.

Le mandat de trop : c’est ce que semblait signifier une foule de manifestants tout au long du mois d’avril 2018 lorsque Serge Sarkissian, ancien ministre de la Défense et de l’intérieur, ancien Premier ministre (2007-2008) et ancien Président (2008-2018), a tenté de reprendre le poste de Premier ministre, après avoir changé les institutions au détriment du poste de Président qu’il quittait.

DEPENDANCE

Terra Nova - Dépendance : les enseignements oubliés du rapport du HCAAM "Assurance maladie et perte d'autonomie" (2011)

Le vieillissement de la population, qui se traduit par des gains de temps de vie en bonne santé, crée aussi des situations plus fréquentes de pertes d'autonomie liées au grand âge. La prise en charge de cette dépendance est aujourd'hui insuffisante, malgré la création de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) en 2002. Le débat politique, plusieurs fois esquissé et reporté, sur la création d'un "cinquième risque" est longtemps resté au point mort, comme s'il inquiétait tous les acteurs. Il est essentiel, avant de parler budget et financement, de bien caractériser la spécificité de la prise en charge de la dépendance du grand âge afin de définir les formes collectives de solidarité les plus adaptées à la qualité de l'accueil et à la continuité des parcours de santé qui est le besoin essentiel des personnes âgées en perte d'autonomie. C'est ce que propose cette note qui invite notamment à réexaminer les analyses et conclusions d'un rapport de 2011 du Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie.

PIB

Jean Gadrey - De nouveaux indicateurs de richesse peuvent-ils contribuer à la nécessaire transition écologique et sociale ?

Parmi ceux et celles qui s’intéressent depuis longtemps à cette question, le débat, qui a toujours eu lieu, a été bien relancé avec l’article d’un nouveau venu, Antonin Pottier, par ailleurs lauréat récent du Prix Veblen et auteur d’un livre stimulant « Comment les économistes réchauffent la planète » (Seuil, 2016) issu de sa thèse soutenue en 2014.

Titre de l’article, consultable en ligne : « Les nouveaux indicateurs de richesse modifieront-ils la croissance ?
Les limites de la critique du PIB », Le Débat, 2018/2.

SEGREGATION

OFCE - Le logement social diminue-t-il la ségrégation ? Les leçons ambiguës de l’immigration non-européenne en France

La hausse du nombre d’immigrés non-européens résidant en logements sociaux en France a eu des effets ambivalents sur la ségrégation à leur égard. Si leur installation dans des cités de taille modeste a modéré leur concentration, leur installation dans les grands ensembles l’a renforcée, notamment parce qu’en même temps le nombre de natifs dans les logements privés de ces quartiers a chuté. La répartition des HLM entre quartiers a un impact important sur la mixité sociale.

Depuis une trentaine d’années, l’immigration non-européenne domine les flux d’immigration en Europe, notamment en France. Or l’insertion de nombreux immigrés non-européens sur le marché du travail français reste fragile et, en 2016, l’INSEE indiquait qu’ils étaient trois fois plus victimes du chômage que les natifs[1]. De nombreuses études de terrain ont aussi alerté sur leur concentration croissante dans les grands ensembles HLM en périphérie des grandes villes[2]. La combinaison d’un accès difficile à l’emploi à une hausse de la ségrégation spatiale fait craindre un recul de l’intégration des nouvelles vagues d’immigrés se transmettant aux secondes générations.

ITALIE

Le Figaro - Italie : quelle stratégie pour les antisystèmes au pouvoir ?

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - En Italie, la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S) se sont accordés sur un gouvernement commun, pour diriger le pays après une longue période d'incertitude politique. Lenny Benbara analyse dans le détail cette convergence entre le nationalisme et le populisme italiens.

Lenny Benbara est diplômé de l'ENS de Lyon où il a suivi un cursus en Sciences économiques et sociales, il est par ailleurs directeur de la publication et cofondateur du média en ligne Le Vent Se Lève.

FIGAROVOX.- En Italie, que signifie l'alliance inédite entre le M5S et la Ligue? S'agit-il de l'alliance de la carpe et du lapin? Des extrêmes qui se rejoignent? Quels sont les points communs et les différences entre ces deux formations politiques dont l'une est souvent classée à la gauche de la gauche et l'autre à la droite de la droite?

MAI 68

La vie des idées - Une contre-histoire de Mai 68 : Entretien avec Julie Pagis

Que nous révèle l’étude de celles et ceux qui ont fait Mai 68 ? Selon Julie Pagis, elle montre que les expériences politiques ont été diverses, que ceux qui se sont engagés ont des profils différents et que ces événements permettent de mieux comprendre les luttes sociales d’aujourd’hui.

La Vie des idées : Dans votre ouvrage Mai 68. Un pavé dans leur histoire, vous étudiez la mémoire qu’ont de ces événements ceux qui en ont été les acteurs. En quoi vos analyses permettent-elles de remettre en cause la vision commune de Mai 68 comme l’œuvre d’une génération unifiée ?

Julie Pagis : La mémoire des événements de mai-juin 1968 a été largement reconstruite, en France, au fil des commémorations décennales notamment, à partir du devenir de quelques figures médiatiques, porte-paroles autoproclamés des événements (Sommier, 1994). Ce faisant, ce sont le parcours et la mémoire individuels des soixante-huitard.e.s « ordinaires » qui ont été écartés, oubliés.

30/05/2018

L'actualité des socialitses du 18 au 24 mai

CRISE ALIMENTAIRE

Observatoire des inégalités - Crise alimentaire : « Les chiffres des Nations unies sont discutables ». Entretien avec Rony Brauman

Rony Brauman, cofondateur de Médecins sans frontières (MSF) dénonce la tentation alarmiste des organisations internationales. Les indicateurs globaux ou exagérés ne tiennent pas compte des disparités sur le terrain. Entretien extrait du journal Le Monde.

En février 2017, l’ONU avait braqué les projecteurs sur quatre pays – Nigeria, Somalie, Soudan du Sud et Yémen – pour alerter sur les risques de famines auxquels elle jugeait 20 millions de personnes potentiellement exposées. Ces risques ne se sont heureusement pas matérialisés depuis. Ce qui incite le cofondateur de Médecins sans frontières (MSF) et directeur d’études de l’ONG à dénoncer la tentation alarmiste des organisations internationales, qui ne permet plus d’établir des priorités et nuit à l’action.

LES SALAIRES

Alternatives économiques - Croissance : Les salaires, chaînon manquant de la reprise, Jacques Adda 

Confirmée à chaque nouvelle prévision d’activité, la reprise de l’économie mondiale semble fermement enclenchée et bénéficie depuis l’an passé d’un redressement marqué de l’investissement privé et du commerce mondial. Principal indicateur de l’état du marché du travail, le taux de chômage se situe, dans un nombre croissant d’économies développées (Etats-Unis, Royaume-Uni, Japon, Allemagne, Autriche, Belgique, Pays-Bas, Canada, Suisse, Suède), à proximité de son niveau plancher des vingt dernières années.

Parallèlement, les taux d’emploi*, qui s’étaient fortement affaissés au cours de la Grande Récession de 2008-2009, sont désormais, à l’exception notable des Etats-Unis, supérieurs à leurs niveaux d’avant-crise. Principale ombre au tableau, les salaires ne décollent pas.

LA JUSTICE

Observatoire des inégalités - La justice française n’est pas juste

La justice française juge plus sévèrement les plus faibles si l’on raisonne à situation équivalente, révèle une étude réalisée à partir de plusieurs milliers de décisions de justice. L’analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». La morale de Jean de La Fontaine [1] est-elle toujours d’actualité ? « Oui » répond une étude fondée sur plusieurs milliers de décisions de justice, menée par les chercheurs Virginie Gautron et Jean-Noël Retière [2] entre 2000 et 2009. « Toutes choses égales par ailleurs » comme disent les statisticiens (voir encadré), les moins favorisés sont plus lourdement condamnés.

MELENCHON

Blog Mediapart - Petite histoire tragique de la division à gauche Par cartographe encarté

Pourquoi le Front de gauche a t-il explosé ? Pourquoi est-ce si dur de faire émerger un cadre unitaire dans les luttes sociales ? Pourquoi la France Insoumise ne fera pas d’alliance aux prochaines élections européennes. Dans ce billet, j’essaye de retracer le fil d’une histoire vécue, une trajectoire qui débouche tout droit sur un cul de sac.
 
IMPOT

Observatoire des inégalités - Pour combattre le populisme, il faut un impôt universel et progressif

Le clientélisme fiscal, de droite comme de gauche, sape la légitimité de l’impôt. Pour combattre la montée du populisme, il faut un effort commun qui tienne compte des capacités de chacun à payer. Le point de vue de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, extrait du site d’Alternatives Économiques.

Un énorme cadeau pour les très riches (suppression de l’ISF, réforme de l’imposition des revenus du patrimoine), une baisse de cotisations sociales mais une hausse de la CSG compensée par une suppression partielle de la taxe d’habitation... Voilà brièvement résumée la politique fiscale de la nouvelle majorité au bout d’un an d’exercice du pouvoir. Comme ce fut le cas pour ses prédécesseurs, cette politique entraîne une bronca de ceux qui sont mis à contribution, ayant le sentiment d’être floués. En pratiquant ainsi, la majorité d’aujourd’hui comme celle hier, va droit dans le mur fiscal. Avec quelles conséquences ? Si l’on veut éviter l’arrivée au pouvoir du populisme qui se nourrit du sentiment d’injustice, il est indispensable de promouvoir un effort universel, partagé entre tous.

EUROPE
 

Alors vice-ministre de l’économie et des finances, Stefano Fassina a quitté le gouvernement dirigé par Enrico Letta en 2014. Dans cet entretien, il revient sur son analyse de la situation politique italienne et sur les raisons qui l’ont poussé à rompre avec le Parti Démocrate. En février 2017, Stefano Fassina a participé activement à la fondation du parti Sinistra italiana (Gauche italienne) qui a intégré la coalition Liberi e Uguali (Libres et Egaux), située à la gauche du Parti Démocrate, en vue des élections du 4 mars 2018. Cet entretien a eu lieu en avril 2018, avant l’annonce d’un futur accord de gouvernement entre le Mouvement Cinq Etoiles et la Lega (Ligue, anciennement Ligue du Nord).

CROISSANCE

OFCE - La fin d’un cycle ?

Département analyse et prévision

Ce texte s’appuie sur les perspectives 2018-2019 pour l’économie mondiale et la zone euro dont une version complète est disponible ici.

La croissance mondiale est restée bien orientée en 2017 permettant la poursuite de la reprise et la réduction du chômage, notamment dans les pays avancés où la croissance a atteint 2,3 % contre 1,6 % l’année précédente. Même s’il reste quelques pays où le PIB n’a pas retrouvé son niveau d’avant-crise, cette embellie permet d’effacer progressivement les stigmates de la Grande Récession qui a frappé l’économie il y a 10 ans. Surtout, l’activité semblait accélérer en fin d’année puisqu’à l’exception du Royaume-Uni, le glissement annuel du PIB continuait de progresser (graphique 1). Pourtant, le retour progressif du taux de chômage vers son niveau d’avant-crise et la fermeture des écarts de croissance, notamment aux Etats-Unis et en Allemagne, qui s’étaient creusés pendant la crise pourraient laisser augurer d’un essoufflement prochain de la croissance. Les premières estimations disponibles de la croissance au premier trimestre 2018 semblent donner du crédit à cette hypothèse.

ITALIE

Le vent se lève - La Lega italienne, laboratoire politique de la droite d’après ?

L’annonce est tombée : Matteo Salvini, l’enfant terrible de la politique italienne, cousin transalpin de Marine Le Pen et Luigi Di Maio, patron du Mouvement 5 étoiles, viennent de terminer les négociations en vue de la formation d’un gouvernement de coalition en Italie. Qui est donc ce populiste à la barbe négligée et aux accents féroces qui agite tous les gouvernement européens ? Jadis axée sur la dénonciation des Italiens méridionaux, la stratégie de la Lega s’articule désormais autour de l’incarnation d’une droite identitaire et xénophobe, et d’une large union des droites et extrêmes-droites italiennes. Cette stratégie lui a permis de faire passer son parti d’un maigre score de 4% en 2013 à une position de leader d’un bloc alliant droites et d’extrême-droites. Au sein de ce bloc qui a réuni 37% des voix aux dernières élections, la Lega représente 18%. Fascinée depuis longtemps par l’Italie, l’extrême-droite française pourrait être tentée de s’en inspirer pour imposer à la France un funeste bloc réactionnaire, capable de prendre la tête de l’Etat comme c’est déjà le cas en Autriche et dans toute l’Europe de l’Est. 

LIVRET A

OFCE - Livret A : un placement sans intérêt ? par Céline Antonin

Alors que les Caisses d’épargne célèbrent en 2018 le bicentenaire de leur création, le gouvernement a décidé de modifier la méthode de calcul du taux de rémunération du livret A. Cette mesure concerne un grand nombre d’épargnants : en effet, malgré un taux de détention en baisse[1] en 2016, essentiellement lié à l’application de la loi Eckert[2], le livret A reste populaire et son encours atteint le record historique de 249 milliards d’euros en février 2018. Ce n’est certes pas la première modification de cet ordre : ne serait-ce qu’au début des années 2000, le mode de calcul du taux de rémunération a été modifié à trois reprises[3]. Le projet de réforme présenté le 19 avril 2018 est clairement défavorable aux détenteurs du livret A. Il traduit notamment la volonté de détourner les ménages de l’épargne défiscalisée et de les inciter à investir dans des placements de long-terme dédiés à l’investissement productif ; en cela, il est cohérent avec la réforme de la fiscalité du capital et l’instauration d’une flat tax à 30 %.

RESEAUX DE SOINS

Terra Nova - La santé en réseaux : qualité des soins, entreprise à mission et contrats dérogatoires

Comment allier autonomie des parties prenantes, qualité des soins, accès à l’information et maîtrise de la dépense ? Les « réseaux de soins » développés par les assureurs privés tentent de répondre à cette question en mettant des patients en relation avec des professionnels répertoriés, et de meilleurs rapports qualité-prix aux assurés. En dépit des fortes résistances qu’ils rencontrent en particulier chez les opticiens, les audioprothésistes ou les chirurgiens-dentistes, cette note plaide pour une plus large reconnaissance des vertus et bénéfices des réseaux de soins. Elle propose également différentes pistes de réflexion pour permettre leur développement dans une plus grande sérénité

INEGALITES

Observatoire des inégalités - Les milieux populaires largement sous-représentés dans l’enseignement supérieur

Près d’un tiers des étudiants sont enfants de cadres supérieurs, seulement un sur dix a des parents ouvriers. Les jeunes de milieu populaire sont très rarement présents dans les filières sélectives, en master ou en doctorat.

Les enfants d’ouvriers représentent 11 % des étudiants selon le ministère de l’Éducation nationale [1], soit trois fois moins que leur part parmi les jeunes de 18 à 23 ans. À l’opposé, les enfants de cadres supérieurs représentent 30 % des étudiants mais seulement 17 % des 18-23 ans.

Les écarts sont encore plus grands dans certaines filières. Pour comprendre ce phénomène, nous avons calculé le rapport entre la part d’enfants de cadres et celle d’enfants d’ouvriers selon le type d’études. Parmi l’ensemble des jeunes de 18 à 23 ans, on compte 0,6 enfant de cadres pour un enfant d’ouvriers. Cela veut dire que les enfants de cadres sont 40 % moins nombreux que ceux d’ouvriers mais en revanche trois fois plus présents qu’eux dans l’enseignement supérieur.

FONCTION PUBLIQUE

Le vent se lève - Après les cheminots, les fonctionnaires ?

Selon l’INSEE, la fonction publique comptait 940 000 contractuels fin 2016 sur un total de 5,7 millions d’agents. C’est ce statut que le Comité action publique 2022 incite à généraliser dans la fonction publique. Syndicalistes et personnalités politiques lancent l’alerte : il est à craindre qu’après la remise en cause du statut des cheminots, ce soit au statut des fonctionnaires que le gouvernement s’en prenne.

Mardi 15 mai, le secrétaire d’État à la Fonction Publique Olivier Dussopt et les syndicats de fonctionnaires ont ouvert un chantier de concertation. À l’AFP, le secrétaire d’État a déclaré « souhaiter faciliter le recours aux contractuels, non pas pour favoriser une multiplication des contrats courts mais pour permettre aux employeurs publics de recruter de manière plus réactive, plus rapide, plus autonome ».

GRAND PARIS

Le Nouveau Magazine Littéraire, Pierre Mansat - « Non aux bidonvilles, non aux villes bidons »

Autour du slogan de mai 68 et d'un livre phare, « Le droit à la ville », publié la même année, Pierre Mansat revient sur les objectifs du Grand Paris. Aujourd'hui, l'objectif reste le même : « se réapproprier la ville, pour se réapproprier la vie ».

Alors, sur le slogan de mai 68, j’ai une sacrée difficulté, parce qu’en fait, sur une suggestion de Guillaume Mallaurie, je suis censé vous parler du Grand Paris. Donc on a essayé de trouver des slogans de mai 68 qui pouvaient correspondre. J’avoue que j’ai un peu triché : j’en ai deux. Le premier, c’est « Le droit à la ville ». Henri Lefebvre, philosophe marxiste hétérodoxe exclu du parti communiste en 1958 qui a aussi fréquenté beaucoup les situationnistes sort un bouquin en mars 68 qui s’appelle Le Droit à la ville, et qui deviendra un véritable manifeste.

MAI 68

The Conversation - Débat entre Daniel Cohn-Bendit et Alain Geismar : « Mai 68, l’entrée dans la modernité de la société française »

Ce débat a été réalisé par Michel Wieviorka.

Daniel Cohn-Bendit : J’ai décidé que je ne dirai rien pour les 50 ans de 68 – sauf avec vous deux ! J’ai fait les 2 ans, les 10 ans, les 15 ans, les 20 ans, les 25 ans, les 30 ans, les 35 ans, les 40 ans, les 45 ans, je n’ai plus rien à dire !

Alain Geismar : J’ai personnellement accepté quelques rendez-vous filmés, mais très peu, c’est vrai que cela suffit. On fera peut-être les 100 ans !

Michel Wieviorka : Je ne vous demande pas de raconter 68, à moins que vous ayez des révélations croustillantes. Voici mon point de départ : si, en 1968, on s’était dit que ce serait formidable, 50 ans après la Première Guerre mondiale, d’avoir un débat entre des jeunes officiers qui étaient proches de Foch ou de Joffre, tout le monde aurait fait les yeux ronds en se demandant quel lien cela pouvait avoir avec l’actualité.

20/05/2018

Observatoire des inégalités - Les milieux populaires largement sous-représentés dans l’enseignement supérieur

Près d’un tiers des étudiants sont enfants de cadres supérieurs, seulement un sur dix a des parents ouvriers. Les jeunes de milieu populaire sont très rarement présents dans les filières sélectives, en master ou en doctorat.

Les enfants d’ouvriers représentent 11 % des étudiants selon le ministère de l’Éducation nationale [1], soit trois fois moins que leur part parmi les jeunes de 18 à 23 ans. À l’opposé, les enfants de cadres supérieurs représentent 30 % des étudiants mais seulement 17 % des 18-23 ans.

Les écarts sont encore plus grands dans certaines filières. Pour comprendre ce phénomène, nous avons calculé le rapport entre la part d’enfants de cadres et celle d’enfants d’ouvriers selon le type d’études. Parmi l’ensemble des jeunes de 18 à 23 ans, on compte 0,6 enfant de cadres pour un enfant d’ouvriers. Cela veut dire que les enfants de cadres sont 40 % moins nombreux que ceux d’ouvriers mais en revanche trois fois plus présents qu’eux dans l’enseignement supérieur.

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02/05/2018

Observatoire des inégalités - Agir où se crée la richesse

Avant de redistribuer la richesse, on peut lutter à sa source dans les entreprises. Du droit d’information des salariés à leur participation en passant par la réduction du temps de travail, Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives Économiques propose quelques idées dans ce sens. Extrait de l’ouvrage Que faire contre les inégalités ?.

On peut bien sûr limiter les inégalités grâce à la fiscalité et à la redistribution. On peut aussi essayer de veiller à ce qu’elles ne se transmettent pas de génération en génération à travers l’éducation. Mais le plus simple ne serait-il pas d’éviter qu’elles ne se forment au point de départ, dans les entreprises, au moment où se crée la richesse ? Il existe à ce niveau de nombreux champs d’action possibles, malheureusement sous-exploités dans un monde où l’idéologie du laisser-faire est redevenue dominante.

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22:30 Publié dans Analyses | Tags : guillaume duval, inegalites | Lien permanent

18/04/2018

L'actualite des socialistes du 6 au 12 avril

SNCF

L'Obs - SNCF : les Economistes atterrés torpillent le projet de réforme du gouvernement

"La modernisation du réseau ferré français, loin de nécessiter une privatisation, réclame au contraire des investissements publics massifs", écrivent-ils dans une note.

Ce n'est pas vraiment une surprise. Dans une note que viennent de rédiger Sabina Issehnane et Léo Charles, et rendue publique ce jeudi 12 avril, le collectif des Economistes atterrés, classé à gauche, égratigne certaines conclusions du rapport Spinetta et surtout les lignes directrices du projet de réforme de la SNCF défendu actuellement par le gouvernement.

The Conversation - Réforme de la SNCF : en finir avec les données fausses sur les chemins de fer

Le projet de réforme ferroviaire qui fait suite à la publication du rapport sur l’avenir du transport ferroviaire de Jean‑Cyril Spinetta, en février 2018, marque le début d’une double bataille du rail.

Cette bataille, c’est d’abord celle de la SNCF confrontée à un risque destructeur, du fait de l’arrivée prochaine d’entreprises concurrentes circulant sur le réseau, mais aussi du fait de l’intensification de la concurrence intermodale avec le développement du covoiturage et du transport par autocar.

REVISION CONSTITUTIONNELLE

Paul Alliès - Macron en « Général Boum »

La réforme des institutions sera-t-elle bientôt mise en scène à l’Opéra Comique ? Les dernières séquences inclinent à le croire. Et le solide répertoire français aide à imaginer la suite....
 
Mais d’ores et déjà le résultat est là, consternant : la proportionnelle est réduite à quasi rien ; l’interdiction du cumul des mandats dans le temps ne s’appliquera qu’en 2037 pour les députés, en 2038 pour les sénateurs et les maires des communes de moins de 9000 habitants (95% du vivier) ne seront pas concernés ; le Conseil économique (etc.) verra le nombre de ses membres réduit de moitié sans autre précision que d’être promis à devenir « une chambre de la société civile ». Comme prévu, « l’idée d’un contingentement des amendements » a été retirée pour mieux donner l’impression que le général Boum reste droit dans ses bottes sur l’essentiel. Les "avancées démocratiques" espérées se sont réduites comme peau de chagrin.

Le Nouveau Magazine Littéraire, Luc Rouban - La Constitution révisée pour rien ?

Le projet de révision de la Constitution dévoilé ce mercredi par le Premier ministre pourrait aggraver la fracture entre élus et citoyens, estime le politiste Luc Rouban. La crise de la démocratie représentative est profonde et ne relève pas seulement d'ajustements institutionnels.

Emmanuel Macron s’était engagé durant la campagne présidentielle à réviser la Constitution de la Vᵉ République afin de poursuivre la « rationalisation » du parlementarisme et non pas d’instaurer une VIe République faite de démocratie directe et de participation des citoyens. L’idée était de faire face à la crise démocratique dont le macronisme s’est également accompagné puisque l’abstention aux élections législatives a atteint un sommet historique depuis 1946.

Le Monde - Réforme des institutions : les sénateurs PS lancent une consultation sur Internet

Les internautes ont jusqu’au 11 mai pour donner leur avis sur une trentaine d’idées avancées, comme la suppression du « vote bloqué » et le droit de vote aux étrangers pour les élections locales.

Eux aussi veulent se faire entendre. Alors que le projet de loi sur la réforme des institutions donne lieu à un bras de fer entre le gouvernement et la majorité sénatoriale de droite depuis plusieurs mois, les sénateurs socialistes ont présenté leurs propositions sur le sujet, jeudi 12 avril, avec l’objectif de « faire évoluer » la copie de l’exécutif.

EVASION FISCALE

Oxfam - Contre l’évasion fiscale, le gouvernement joue les petits bras

En novembre 2017 éclatait le scandale des Paradise Papers. Le gouvernement français exprimait alors son indignation et s’empressait d’annoncer qu’il prendrait des mesures fortes contre l’évasion fiscale, considérée comme une « attaque contre la démocratie ».

Nous sommes en mars 2018. Le projet de loi contre la fraude fiscale vient d’être présenté en Conseil des ministres. Force est de constater qu’en l’état, les mesures proposées ratent leur cible et ne permettront pas de s’attaquer au cœur du problème.

Ce n’est pas faute d’avoir proposé et défendu, avec de nombreuses organisations de la société civile, des solutions concrètes pour enfin changer la donne dans ce domaine. A croire qu’une fois le scandale « oublié », l’évasion fiscale n’est plus un problème aussi important pour le gouvernement. Pourtant, avec des pertes estimées de 60 à 80 milliards d’euros par an pour le budget français, et un accroissement des inégalités en France et dans le monde, l’heure n’est plus aux tergiversations mais à l’action.

INEGALITES

Observatoire des inégalités - Les inégalités d’espérance de vie dans le monde se réduisent

Selon que l’on naît en République centrafricaine ou en Espagne, on peut espérer vivre moins de cinquante ans ou plus de 80 ans. En un demi-siècle, l’espérance de vie a augmenté partout dans le monde, mais l’écart entre populations pauvres et riches reste très important.

Tandis que les femmes et les hommes nés au début des années 1950 pouvaient espérer vivre en moyenne 47 ans, les personnes nées entre 2010 et 2015 pourront atteindre en moyenne l’âge de 70,8 ans selon les Nations Unies. L’espérance de vie [1] a progressé de plus de vingt années en 65 ans. Les inégalités se sont réduites : les populations des régions en développement ont vu leur espérance de vie augmenter de 27,4 années entre 1950 et 2015, pendant que les pays riches gagnaient moitié moins. L’écart entre les populations des régions développées et celle des régions les plus pauvres a diminué : de 23 années en 1950 à 9 ans en 2015. Malgré tout, l’espérance de vie des pays les plus pauvres n’atteint aujourd’hui que le niveau d’espérance de vie des pays riches à la fin des années 1960.

DEMOCRATIE DIRECTE

Vie Publique - La démocratie directe peut-elle être une réponse à la crise de la démocratie représentative ? par Luc Rouban

La conception originelle de la Ve République reposait à la fois sur la démocratie représentative, fortement encadrée par la nouvelle Constitution, et sur la démocratie directe avec l’usage fréquent du référendum. Depuis la demande de démocratie directe n’a cessé de progresser en France.

La démocratie directe risque-t-elle de renforcer le populisme ?

En fait, le populisme a déjà envahi la sphère politique. Cependant, il faut bien prendre garde à définir les concepts que l’on utilise. Le populisme renvoie évidemment à la critique des élites et du personnel politique. Il accuse la démocratie représentative d’instaurer une fracture entre les représentants, qui se sont fortement professionnalisés, et les représentés. Il appelle donc à davantage de démocratie directe, que ce soit en confiant aux élus un mandat impératif les réduisant à un rôle de délégués obligés de respecter les directives de leurs électeurs, ce qui est prohibé par la Constitution de la Vᵉ République (article 27), ou en favorisant le référendum comme toutes les formes d’expression directe de la volonté populaire.

LOGEMENT

Observatoire des inégalités - Quatre millions de mal-logés : de quoi parle-t-on ?

Quatre millions de personnes sont jugées mal logées par la Fondation Abbé Pierre. 811 000 n’ont pas de domicile personnel, 85 000 vivent dans une habitation de fortune toute l’année. Article extrait du Centre d’observation de la société.

Quatre millions de personnes sont mal logées en France, selon la Fondation Abbé Pierre [1]. Il est intéressant de noter que ce chiffre est légèrement supérieur à la part de la population qui estime vivre dans des conditions de logement « insuffisantes » ou « très insuffisantes » (3,8 millions en 2013, selon l’Insee). Du sans domicile fixe au jeune contraint de revenir chez ses parents, en passant par le couple qui vit avec son enfant dans un studio, le « mal-logement » recouvre des réalités différentes. Au fond, il se présente sous trois formes principales, parfois conjuguées : une mauvaise qualité de l’habitat, une faible superficie et le fait de ne pas avoir de logement à soi.

EXTREME DROITE

The Conversation - Comment l’extrême droite radicale se recompose en France

Paris : le lycée autogéré est attaqué le 16 mars par des militants d’extrême-droite. Lyon : un nouveau local appelé Bastion Social et géré par le Groupe Action Défense (GUD) ouvre en mars, confirmant l’installation de l’extrême droite radicale dans la vieille ville. Même histoire ou presque, à Marseille : des centaines de personnes ont ainsi défilé jusqu’au vieux port dénonçant l’ouverture de ces locaux. À Angers en début d’année, la polémique monte autour d’un bar « identitaire », l’Alvarium. Le 10 février le Courrier de l’Ouest titrait : Les identitaires d’extrême droite font leur nid en Anjou

MAI 68

Non Fiction - Mai 68 : retrouver l’événement

Mai 68 ne se résume pas à Daniel Cohn-Bendit, à Serge July et aux barricades du Quartier Latin. Si cette évidence s'impose comme le premier constat qu'établissent les livres publiés ou réédités à l’occasion du cinquantenaire de l'événement, elle n'est aussi que le plus attendu des enseignements livrés par une production de travaux foisonnante, qui achève de déconstruire les clichés associés au mouvement de 68 et à l'arborescence de ses implications.

À mesure que l’événement s’éloigne, il devient possible, pour les historiens, de faire leur travail. Si Mai 68 reste une source de clivages dans les débats contemporains, les mémoires de ses acteurs et de ses témoins qui en réécrivent aujourd’hui l'expérience sont plus mesurées.

LA DETTE

La Vie des idées - La dette odieuse

À propos de : Éric Toussaint, Le système dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent

Le remboursement des créances publiques par les États surendettés constitue-t-elle vraiment une priorité politique ? Éric Toussaint, économiste militant, explique que certaines dettes sont odieuses et propose de réformer l’architecture financière internationale en conséquence.

 La dette publique est au cœur des nombreuses crises qui ont jalonné l’histoire financière depuis le début du XIXe siècle. La récente crise de la dette grecque est encore dans les esprits. Malgré des plans d’austérité à répétition, le niveau de l’endettement de la Grèce n’a pas diminué, bien au contraire. Aujourd’hui, le niveau de la dette publique est également une préoccupation majeure au Venezuela, à Porto Rico, mais aussi en Italie et en Argentine. Comment se construit une situation de surendettement ? Quelles sont les conséquences de la dette sur la souveraineté d’un pays ? Qui est responsable lorsqu’un État n’est plus en mesure de repayer sa dette ? Y a-t-il des circonstances particulières justifiant qu’un État répudie (c’est-à-dire ne rembourse pas) tout ou partie de sa dette ?
 
INFLATION
 
OFCE - La désinflation manquante est-elle un phénomène américain uniquement ?

La dynamique de l’inflation après la crise de 2007-2009 est-elle atypique ? Selon Paul Krugman : « si la réaction de l’inflation (ndlr : aux Etats-Unis) avait été la même à la suite de la Grande Récession que lors des précédentes crises économiques, nous aurions dû nous trouver aujourd’hui en pleine déflation… Nous ne le sommes pas. » En effet, après 2009, l’inflation aux Etats-Unis est demeurée étonnamment stable au regard de l’évolution de l’activité réelle. Ce phénomène a été qualifié de « désinflation manquante ». Un tel phénomène s’observe-t-il dans la zone euro ?

LE CONGRES D'AUBERVILLIERS

 
Les commentateurs apitoyés qui se pressent au chevet du PS sont trop compatissants pour être honnêtes. On sent une sorte de joie fielleuse dans leurs faire-part de décès, officiellement rédigés au nom de la splendide lucidité de l’analyste. Derrière les formules cruelles et désolées, on trouve surtout des coups de pied de l’âne, décochés par ceux qui sont bien contents, au fond, de voir la gauche privée d’une force de gouvernement.
 
 
Il va falloir apprendre à connaître Olivier Faure ! Ce n’est pas un leader charismatique ! Ancien rocardien, tout le contraire d’un doctrinaire, c’est militant devenu député puis patron de son parti. Dans un monde où tous les dirigeants de pays ou de partis sont des personnalités autoritaires - c’est vraiment la tendance - Olivier Faure ne pense pas, lui, que la France mériterait Olivier Faure à sa tête
 
 
Débarqués ensemble à Paris il y a une vingtaine d’années, les deux militants ont suivi le même chemin politique. Mais leurs divergences ont éclaté au lendemain de la dernière présidentielle.

Les Inrocks - Olivier Faure a-t-il réussi son premier congrès PS ?

Lors du congrès du Parti Socialiste, qui se tenait ce week-end à Aubervilliers, Olivier Faure a été officiellement intronisé à la tête du parti. Retour sur le parcours de celui qui se décrit avant tout comme un "militant", et sur les nombreux chantiers à venir.

Le Parti Socialiste (PS) tient son nouveau premier secrétaire: Olivier Faure, 49 ans, a inauguré ses nouvelles fonctions lors du congrès annuel du parti à la rose, qui se tenait du samedi 7 au dimanche 8 avril à Aubervilliers. Plébiscité lors de l'élection socialiste mi-mars, le député de la 11e circonscription du Val-de-Marne aura la responsabilité d'insuffler une nouvelle dynamique au PS, et devra incarner le renouveau d'un parti au bord du gouffre.

Le Monde - Au congrès du PS, Olivier Faure veut ouvrir une nouvelle page

Le nouveau premier secrétaire du PS a été officiellement investi ce week-end à Aubervilliers. Les chantiers qui s’ouvrent à lui sont nombreux.

Tout le monde a dû forcer un peu la voix pour se donner de l’entrain. « So, so, so-cia-listes !  », tentent les militants pour accompagner, dimanche 8 avril, l’entrée de leur nouveau premier secrétaire, Olivier Faure, jusqu’à la tribune des docks d’Aubervilliers où il vient d’être investi.
 
 
A Aubervilliers, ce week-end, où Olivier Faure a officiellement été intronisé premier secrétaire, les débats ont résonné avec la mobilisation des cheminots et des étudiants. Déboussolés sur leur ligne, les socialistes cherchent à retisser des liens avec le monde du travail.

France Info - Le PS en reconstruction

Olivier Faure a été officiellement investi ce samedi au PS, marquant le début d’une nouvelle ère pour le parti qui doit se remettre en ordre de marche et se reconstruire.

Les socialistes sont désormais en ordre de marche. Olivier Faure a été officiellement investi ce samedi lors du Congrès à Aubervilliers qui a lieu tout le week-end. Si une nouvelle ère semble s’ouvrir, ses concurrents, beaux joueurs, lui souhaitent de réussir, mais lui envoient un petit message, à l’image du député européen, Emmanuel Maurel : "Si le PS n’est pas capable de parler d’une voix forte et claire au moment où toute la France est en ébullition, alors nous ne jouons pas notre rôle politique et social".

Huffington Post - PS: Olivier Faure convoque Rocard et Emmanuelli avec émotion pour réconcilier les socialistes

En réconciliant ces figures de la "première" et de la "deuxième" gauche, le nouveau premier secrétaire a appelé à la réconciliation du PS.

Officiellement investi premier secrétaire du PS ce samedi à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Olivier Faure aura fait ce qu'il a pu pour réconcilier les socialistes lors de son discours de clôture d'un Congrès dit de "Renaissance". Pour ce faire, le député de Seine-et-Marne n'a pas hésité à convoquer, non sans émotion, deux grandes figures du PS historiquement opposées et récemment disparues, Michel Rocard et Henri Emmanuelli, qui occupèrent eux aussi les fonctions de numéro un du Parti socialiste.

Le Figaro - Olivier Faure : «La gauche a besoin du Parti socialiste»

Le nouveau patron du PS s'est très longuement exprimé dimanche, en clôture du 78e Congrès du parti à Aubervilliers. Il s'agissait de son premier discours en tant que premier secrétaire.

«Soyez indulgents, c'est ma première!» Malgré sa voix enrouée et un ton parfois hésitant, le nouveau patron de Solférino, Olivier Faure, a clôturé le 78e Congrès du Parti socialiste dimanche à Aubervilliers. Lors d'un long discours qui a duré près d'une heure et demie, le député de Seine-et-Marne a tracé les grandes lignes de la «renaissance» qu'il promet à son parti.

Libé - Au congrès du PS, les ambitions européennes de Moscovici font tousser

Un léger flottement. Quelques brèves secondes de silence avant des applaudissements mollassons. Samedi, Pierre Moscovici a été cueilli à froid par ses camarades socialistes, qui n’ont pas trop apprécié que l’ancien ministre de l’Economie se serve du congrès d’Aubervilliers comme rampe de lancement pour sa candidature aux élections européennes. Commissaire européen depuis 2014, «Mosco» pense désormais tout haut ce qu’il disait tout bas dans les dîners en ville parisiens depuis quelques mois: il «n’exclut» pas d’être candidat à la tête de liste du PS lors du scrutin européen de 2019.

France Inter, Thomas Legrand - Congrès du PS : l'espace et le contenu politique en question

Ce week-end, les socialistes sont en congrès à Aubervilliers.

Oui … et spontanément on a envie de s’adresser au PS, comme on parle à quelqu’un après une séparation douloureuse… lui dire des choses aussi banales, vaines, même fausses mais nécessaires en pareil cas : un électeur perdu, dix de retrouvés… c’est quand on est au fond de la piscine qu’il faut donner un grand coup de pied !

Libé - Olivier Faure: «Le PS est à six points de zéro, on doit prendre tous les risques»

Intronisé ce samedi au Congrès d’Aubervilliers, en banlieue parisienne, le nouveau premier secrétaire socialiste et député de Seine-et-Marne entend réinventer un parti en ruines et prend ses distances avec les autres formations de gauche sur le mouvement social en cours.

Les Echos - PS : Olivier Faure, un homme de synthèse au pied du mur
Le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste sera officiellement investi ce week-end lors du Congrès du parti à Aubervilliers. Le plus difficile commence pour ce responsable politique peu connu des Français.r

17/04/2018

Slate - Emmanuel Macron, président des premiers de la classe

Les valeurs de la méritocratie scolaire figurent au coeur du macronisme.

Un an après son élection, après de multiples réformes (droit du travail, extension de la CSG), et en pleine grève des cheminots liée au projet de réforme de la SNCF, les cadres soutiennent sans cesse davantage le président de la République (65 % de soutien, en hausse de 6 %), et les couches populaires de moins en moins (27 %, en baisse de 7 %) (sondage Elabe/Les échos le 3-4 avril 2018).

Emmanuel Macron président des riches? En France, cette incantation magique fait mouche auprès des insurgés de tous bords. Un examen attentif permet pourtant d’affirmer que «Jupiter» représente d’abord le monde des hyper diplômés, cercle plus composite que celui du 1% de super riches. Ce sont eux les insiders de l’économie du XXIeme siècle, une économie qui repose sur les talents sélectionnés par les institutions universitaires d’élite.

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08:36 Publié dans Analyses | Tags : inegalites, macron | Lien permanent

15/04/2018

Jean Gadrey - Les 500 top-ultra-riches gagnent en moyenne 1 670 fois plus que les plus pauvres

Ce chiffre énorme, c’est sans doute aux États-Unis, ou au Brésil, ou en Afrique du Sud, ou dans les émirats du Golfe ? Non, c’est dans un pays dont la devise est « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Je me suis appuyé sur des sources que tout le monde peut consulter aisément pour vérifier ou critiquer.

Revenus avant impôts en 2014 (voir tableau complet et sa source à la fin) :

- Des 50 % les moins riches : 15 000 € en moyenne

- Des 1 % les plus riches : 360 600 € en moyenne soit 24 fois plus que la moyenne des 50 % les moins riches.

- Des 0,001 % les plus riches (500 personnes « ultra-riches ») : 13,175 millions en moyenne, soit 880 fois plus que la moyenne des 50 % les moins riches

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22:39 Publié dans Analyses | Tags : gadrey, inegalites | Lien permanent