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10/01/2019

L'actualité des socialistes du 21 décembre au 3 janvier

LA GAUCHE

Libé - Qui est de gauche ? Par Laurent Joffrin, Directeur de la publication de Libération

Jean-Luc Mélenchon a «quitté les rives de la gauche», dit Benoît Hamon, qui affirme «ne plus comprendre ce que fait» le leader de La France insoumise. La question se pose en effet.

GILETS JAUNES

Le prix du carburant a été le détonateur d’une mobilisation et d’une crise inédites au cours de la Ve République. Comme souvent, c’est une décision banale –mais une décision de trop– qui a engendré le développement exponentiel d’un mouvement de contestation horizontal, largement nourri par les réseaux sociaux.

France Inter - "Gilets jaunes" : "Les élites continuent à dire au peuple, vous n'avez pas compris, on va vous expliquer"

L'historien Gérard Noiriel, revient pour France Inter sur le mouvement des "gilets jaunes". Il en explique les causes diverses et les similitudes avec d'autres moments de l'histoire sociale de France.

France Inter : Quels sont les points communs entre le mouvement des gilets jaunes et d’autres mouvements populaires de l’histoire de France ?

Gérard Noiriel : Ce sont des gens qui sont exclus de l’espace public et qui grâce à la lutte collective peuvent prendre la parole. Il y a toujours deux piliers dans les revendications : d'abord il y a le pilier économique, la question fiscale que l’on retrouve pendant la Révolution française, et aujourd’hui, avec l’idée d’injustice fiscale qui traverse les époques.

Libé - Gilets jaunes : Maidan comme référence

Les leaders des gilets jaunes font le parallèle entre leur mouvement et la révolution ukrainienne de 2014. Allant jusqu’à anticiper un «soulèvement national»....

Avec le risque de brouiller un peu plus les repères politiques et se faire accuser, comme l’a fait Benoît Hamon mercredi, de «quitter les rives de la gauche». «La lutte des gilets jaunes impose que nous les protégions, se défend le député LFI Alexis Corbière auprès de Libération. Ces nouveaux visages sont plus utiles pour défendre les droits du peuple que dix bavards qui s’indignent hypocritement.»

Marianne - Facho, putschiste, anarchiste ? On a regardé toutes les vidéos d'Eric Drouet, il n'est rien de tout ça

Qu'on le méprise ou qu'on l'adule, tout le monde parle du gilet jaune Eric Drouet, interpellé par la police ce mercredi 2 janvier. Si l'intéressé n'a rien d'un putschiste xénophobe, son discours sur Emmanuel Macron ou l'Union européenne a en revanche fluctué plusieurs fois.

Eric Drouet serait-il le nouveau Kylian M'Bappé ? Depuis le début de l'année 2019, sa photo s'étale sur les pages d'accueil de tous les sites d'information. Sur les chaînes d'infos en continu, son cas est longuement évoqué dans chaque émission de débats. Il y a les pour, les contre. Le trentenaire n'est pourtant ni footballeur, ni ministre. Il est chauffeur-routier et fait figure de chef naturel d'une partie des gilets jaunes, après qu'il a organisé la première manifestation anti-taxe carburants, le 17 novembre.

CHOMAGE

Libé - Contrôle des chômeurs : des sanctions plus dures que ce qui était prévu

Certaines sanctions prévues à l’encontre des chômeurs en cas de manquement à leurs obligations sont plus dures que ce qu’avait initialement annoncé le gouvernement, d’après un décret publié dimanche au Journal officiel. Ce volet «contrôle des chômeurs» de la réforme «avenir professionnel», qui prévoyait de nouvelles sanctions (certaines allégées, d’autres alourdies) avait été adopté dans son principe cet été par le Parlement, après avoir été annoncé par le ministère du Travail en mars dernier.

TRUMP

Le Figaro - Pourquoi une crise économique américaine en 2019 pourrait signifier la fin du néolibéralisme

FIGAROVOX/TRIBUNE - L'économiste David Cayla revient sur le bras de fer qui oppose Donald Trump et la Fed, la banque centrale américaine. Selon lui, les principes libéraux qui maintiennent l'économie à distance du politique, sont en passe de devenir obsolètes.


David Cayla est économiste, maître de conférences à l'université d'Angers. Il a notamment publié L'Économie du réel (De Boeck Supérieur, 2018) et a contribué à l'ouvrage collectif, coordonné par Henri Sterdyniak, Macron, un mauvais tournant (Les liens qui libèrent, 2018).


Depuis son élection, le président américain Donald Trump a fait de la hausse de Wall Street un indicateur de la bonne santé économique américaine et de la réussite de sa politique. Mais voilà: les effets conjugués d'une déréglementation financière et d'une réduction massive d'impôts s'estompent. La chute brutale, en fin d'année, des indices boursiers américains est perçue comme le signe annonciateur d'une crise économique imminente. Il y a quelques bonnes raisons d'y croire.

JULIA CAGE

Les Inrocks - Julia Cagé : “On a laissé la démocratie être corrompue par le poids de l’argent privé”

Julia Cagé, économiste française professeure à Sciences Po, est l’auteure d’un essai, "Le prix de la démocratie", publié à la rentrée 2018 dans lequel elle a alerté sur le financement privé des partis politiques et des campagnes électorales en France. La chose publique serait de ce fait dévoyée au profit des individus les plus riches par les gouvernements élus. Elle revient avec nous sur l’année écoulée et notamment sur le mouvement des “gilets jaunes”, résultat selon elle de cette fracture sociale qui illustre à quel point les plus pauvres ne se sentent plus représentés. La chercheuse pointe l’urgence à agir pour la majorité élue et propose des solutions politiques.

SEGOLENE

RTL - Européennes : Ségolène Royal va-t-elle s’imposer comme cheffe de file au PS ?

Ses thèmes de prédilection sont dans l’air du temps : la démocratie participative, l’écologie mais aussi l’ordre et la justice, ainsi que le retour à la "vraie" politique.

Ségolène Royal n’a cessé de renaître de ses cendres depuis sa défaite à présidentielle de 2007. Et tout pourrait bien se jouer dans les semaines à venir, avec cette question : réussira-t-elle à s’imposer à nouveau sur la scène politique nationale en emmenant derrière elle aux Européennes une partie de la gauche de gouvernement ?

MELENCHON

France Inter - La fascination assumée de Jean-Luc Mélenchon pour Eric Drouet

D’abord ce tweet du chef des Insoumis juste après les vœux d’Emmanuel Macron : ‘le président des riches a fait son rideau de fumée. Le partage des richesses, t’as compris Monsieur Macron’.
A la lecture de ce tweet, on se demande comment un parlementaire, parmi les plus lettrés de l’Assemblée, peut produire une syntaxe aussi hasardeuse et sombrer dans une telle familiarité, forme de démagogie qui consiste à singer le style colère-brute des Gilets jaunes. Il prend là, comme François  Ruffin, des accents quasi père Duchêne.

MACRON

Le Figaro - François Bazin : «Macron a ouvert la voie à un nouveau monde qui n'était pas celui qu'il disait»

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Pour François Bazin, l'illusion de l'avènement d'un nouveau monde s'est éteinte, emportant avec elle la popularité du chef de l'État qui n'a cessé de dégringoler tout au long de l'année 2018.


Ancien rédacteur en chef du service politique du Nouvel Observateur, François Bazin a notamment publié Rien ne s'est passé comme prévu. Les cinq années qui ont fait Macron (Laffont, juin 2017). Il tient également un blog où il publie ses carnets politiques.

MEDIAS

Le Monde Diplomatique - Médias français, qui possède quoi

Cette affiche prend le parti de la lisibilité plutôt que de l’exhaustivité. Y figurent des médias d’information qui « font l’opinion » et qui dépendent d’intérêts industriels ou financiers, de groupes de presse ou de l’État :

 les titres de presse écrite papier à diffusion nationale de type généraliste, économique et politique ;
 les titres de la presse quotidienne régionale ;
 la télévision nationale (et quelques chaînes de télévision locales) ;
 les canaux de radio à portée nationale ;
 certains sites d’information en ligne.

ZINEB EL RHAZOUI

Le Figaro - Laurent Bouvet : ce que révèle l'affaire Zineb El Rhazoui

Suite à des propos qu'elle a tenus sur l'islam, l'ancienne journaliste de Charlie Hebdo, Zineb el Rhazoui, est la cible d'insultes et de menaces de mort sur les réseaux sociaux. «Si elle avait été menacée pour avoir critiqué le judaïsme ou le christianisme, elle aurait été immédiatement défendue, à juste titre, par ceux qui se taisent aujourd'hui !», constate Laurent Bouvet.

CHOUARD

Marianne - Vrai démocrate ou complotiste infréquentable ? Le blogueur Etienne Chouard divise la France insoumise

Militant infatigable du référendum d'initiative citoyenne (RIC), le blogueur Etienne Chouard s'est imposé comme une référence des gilets jaunes. Mais ses fréquentations sulfureuses et ses ambiguïtés avec l'extrême droite ont valu à François Ruffin, qui l'a cité, une polémique au sein de la France insoumise.

Bastien Lachaud et Caroline Fiat échangent un regard interloqué. Adrien Quatennens sursaute et tourne la tête vers ses collègues, bientôt suivi dans sa surprise par Michel Larive. Le mardi 18 décembre, réunis pour une conférence de presse de soutien à l'idée de "référendum d'initiative citoyenne" (RIC), les députés de la France insoumise (LFI) sont pris de court. François Ruffin, membre du groupe parlementaire, vient de rendre un hommage inattendu à Etienne Chouard : "Le référendum d’initiative citoyenne a fleuri. Oh, il n’a pas fleuri par hasard. Il a fleuri parce que des hommes de conviction – nommons-les : Etienne Chouard et ses amis – ont semé, ont arrosé, depuis des années".

JIHAD

Libé - Les dénégationnistes du jihad, Par Gilles Kepel, Professeur à l’Université Paris Sciences et Lettres – auteur de Sortir du Chaos (Editions Gallimard). , Bernard Rougier, Membre Senior de l’Institut Universitaire de France et Hugo Micheron, chercheur doctorant à l’Ecole Normale Supérieure

Dire que les motivations de Chérif Chekatt, auteur de l’attentat de Strasbourg, étaient sans liens avec l’islam constitue un enfumage qui nie les liens entre salafisme et jihadisme ainsi que l’ancrage européen de l’islamisme.... Depuis des semaines, les sites jihadistes francophones animés depuis la Syrie invitent à frapper les marchés de Noël, symbole de la mécréance, pour accroître le chaos dans une France fragilisée par la crise des gilets jaunes et s’immiscer dans ses failles. Invoquer ici «faux débat» ou «faux jihadistes» constitue un enfumage qui ignore les liens entre la constitution d’enclaves idéologiques à l’intérieur des quartiers populaires et les socialisations religieuses conduisant à l’acte terroriste.

05/01/2019

France Culture - Chantal Mouffe, philosophe : "La radicalisation de la démocratie est la seule solution"

La philosophe Chantal Mouffe a théorisé la notion de populisme de gauche, devenue déjà la référence d'une partie de la classe politique, dont la France insoumise, et de mouvements politiques comme Podemos ou Nuit Debout. Entretien avec celle qui associe démocratie et radicalité, démocratie et conflictualité, en ces temps d'actualité agitée.

09:18 Publié dans Vidéo | Tags : mouffe, populisme | Lien permanent

03/01/2019

L'actualité des socialistes du 14 au 20 décembre

Pendant les congés scolaires, ce sera le moment du Best Of des articles ou vidéos de l'année 2018.

ISF

La proposition du PS et le référendum d'initiative partagée

L'Express - Le PS veut un référendum d'initiative partagée sur l'ISF

Les parlementaires PS veulent recourir au référendum d'initiative partagée, créé en 2008 et encore jamais utilisé.

Les parlementaires socialistes s'emparent de l'une des revendications des gilets jaunes. Les présidents des groupes PS de l'Assemblée et du Sénat proposent aux parlementaires de recourir au référendum d'initiative partagée (RIP), introduit dans la Constitution par Nicolas Sarkozy, pour rétablir l'Impôt de solidarité sur la fortune.

France Inter - L’idée du PS de rétablir l’ISF par référendum est-elle constitutionnelle ? Pas si sûr pour les juristes

La proposition du PS de restaurer l'ISF par référendum, en utilisant le référendum d'initiative partagée, est-elle constitutionnelle ? Nous avons posé la question à quatre spécialistes de la Constitution. Ils ne sont pas tous d’accord.

Les députés et sénateurs socialistes vont proposer ce mardi après-midi à 14h30, à l'Assemblée nationale, un référendum d'initiative partagé pour restaurer l'ISF. Cette proposition de loi, portée par le groupe PS à l'Assemblée, sera-t-elle validée par le Conseil constitutionnel ? Cela ne va pas de soi dans la mesure où elle touche à la fiscalité et non pas stricto sensu à "la politique économique, sociale ou environnementale de la nation" comme le prévoit la Constitution. Nous avons interrogé quatre spécialistes de la constitution. Il ne sont pas tous d'accord. 

EUROPENNES

Libé - Place publique : la gauche sans gage

Le mouvement a convié les principales formations de gauche à une rencontre ce jeudi. Mais seul le PS a témoigné un réel intérêt.

Depuis sa naissance en octobre, Place publique conte sa propre histoire : une bande de copains engagés politiquement, mais jamais encartés, qui se lancent dans le grand bain afin de changer les règles du jeu à gauche. A quelques mois des européennes, la bande, notamment menée par Raphaël Glucksmann, multiplie les contacts avec plusieurs familles afin de rassembler la gauche dans les urnes. Un combat incertain, voire impossible. Mais Place publique y croit.

Le Monde - Le PS appelle à une liste d’union de la gauche pour les élections européennes

Le premier secrétaire, Olivier Faure, se rendra le 20 décembre à l’invitation du parti Place publique, qui a convié les forces politiques de gauche.

Plutôt que de présenter une liste en son nom propre aux élections européennes, le Parti socialiste mise sur le rassemblement de la gauche. Il a lancé, samedi 15 décembre, un appel en ce sens à ses potentiels partenaires : Génération.s de Benoît Hamon, le Parti communiste, Europe écologie-Les Verts (EELV) mais aussi Place publique, le mouvement lancé par plusieurs personnalités de la société civile, dont le philosophe Raphaël Glucksman.

SONDAGES

Odoxa - Intention de vote aux européennes : Le mois en jaune profite à Le Pen, nuit à Macron et « plombe » Wauquiez

France Info - Elections européennes : le RN en tête des intentions de vote mais serait pénalisé par une liste "gilets jaunes", Les Républicains s'effondrent

Le parti de Marine Le Pen recueille 24% des intentions de vote, en progression de trois points par rapport à la précédente enquête du mois de septembre. Derrière, La République en marche est créditée de 19% des intentions de vote, en nette baisse.

.... A gauche, la liste France insoumise est en baisse d'un point en trois mois à 11,5%. Le Parti socialiste progresse de 2,5 points à 7% et les écologistes sont crédités de 6,5% des intentions de vote (+1,5 point).

LFI

Regards - La stratégie de Mélenchon se discute

En quelques semaines, la France Insoumise a accumulé des positions qui dessinent une nouvelle stratégie. Comment la comprendre  ? Analyses et discussion de ce nouveau moment Mélenchon.

La France Insoumise est-elle en train de changer de stratégie ? Quelle est cette nouvelle étape du mouvement de Jean-Luc Mélenchon  ? Quelle est sa cohérence  ? En quelques semaines, on a assisté aux réactions mémorables face aux perquisitions disproportionnées, aux attaques de Jean-Luc Mélenchon contre le « parti médiatique », à la distance à l’égard du Manifeste pour l’accueil des migrants, au soutien chaque jour plus affirmé des blocages du 17 novembre contre les taxes sur l’essence… Autant de prises de position, dans le noyau dirigeant de la France insoumise, qui semblent dessiner une nouvelle cohérence que l’on peut interroger.

Conspiracy Watch - Pour François Ruffin, Etienne Chouard «a mis fin à ses étranges liens » : vraiment ?!

Figure influente de la complosphère francophone, l’enseignant et blogueur Etienne Chouard, qui s’illustre depuis plus de dix ans par des propos conspirationnistes concernant aussi bien les attentats terroristes que le « sionisme » ou « les médias », est au cœur d’une polémique secouant les rangs des Insoumis.

Le groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale a annoncé hier, mardi 18 décembre 2018, lors d’une conférence de presse, sa proposition de loi visant à introduire dans la Constitution le référendum d’initiative citoyenne (RIC). François Ruffin, député de la Somme et rédacteur en chef du journal Fakir, a salué en Etienne Chouard un homme « de conviction »

GILETS JAUNES

Libé - Les gilets jaunes ou le retour de «l’économie morale» Par Benjamin Coriat, professeur des universités, membre du conseil d’administration du collectif des Economistes atterrés

Le cynisme des possédants et de leurs mandants au sein de l’Etat a atteint de tels niveaux qu’une revendication d’«économie morale» portée par les émeutiers du XVIIIe siècle resurgit. Cette fois non sur les places de marché des villages, mais à chaque rond-point ou presque.

Plusieurs semaines après son irruption sur la scène publique, le mouvement des gilets jaunes, même s’ils étaient moins nombreux à Paris samedi 15 décembre, continue d’intriguer, d’interroger. Chacun sent bien qu’il vient de loin. «Sans-culottes» qui s’ignorent disent les uns, quand d’autres, soucieux avant tout de discréditer le mouvement, n’y lisent que du simple «poujadisme».

L'Obs - "Gilets jaunes" : "Ce qu'une partie de la gauche ne veut pas voir" Par Sylvain Boulouque, spécialiste de l'extrême gauche

Dans son histoire du mouvement antifasciste allemand, "Antifa, histoire du mouvement antifasciste allemand" [coédition Libertalia et La horde, 2018]Bernd Langer rappelle un épisode oublié de l’histoire du Parti communiste allemand : la grève de la compagnie des transports berlinois en novembre 1932. Sur arrière fond de concurrence électorale pour les élections de Saxe, participèrent conjointement à cette grève le KPD (le parti communiste allemand) et le NSDAP (le parti national socialiste des travailleurs d’Allemagne, autrement dit le parti nazi). Certes le KPD remporta une petite victoire, mais celle-ci s’avéra être une victoire à la Pyrrhus avec la fin que l’on sait.

DEMOCRTATIE

Framablog - Ils liquident la démocratie, si nous la rendions liquide ?

Avec un pourcentage très important d’abstentions, les dernières élections ont fait apparaître une fois encore l’insatisfaction éprouvée par tous ceux qui estiment que le mode de scrutin ne leur convient pas : pas de prise en compte des votes blancs dans les suffrages exprimés, candidats choisis et présentés par les partis et souvent parfaitement inconnus des électeurs, offre électorale réduite au choix du « moins pire » par l’élimination arithmétique des « petites listes » au deuxième tour, etc. Plus largement, et sans entrer dans les débats sur la tumultueuse situation actuelle, de gros doutes sur la représentativité des politiques une fois élus se sont durablement installés, au point que certains en viennent à souhaiter tourner la page de la démocratie représentative (notre framasoftien Gee est lui-même étonné d’avoir touché juste) et expliquent avec de solides arguments qu’ils n’ont pas voté et ne le feront pas.

L'ECOLE

La Vie des idées - Ce que rapporte l’éducation gratuite, Entretien avec Philippe Aghion

Professeur au Collège de France, spécialiste des théories de la croissance et auteur de plusieurs articles et rapports sur l’enseignement supérieur, Philippe Aghion défend la nécessité d’augmenter le financement de l’université sans avoir recours à une hausse des frais d’inscription.

La Vie des idées  : Un certain nombre d’économistes défendent des frais d’inscription élevés dans l’enseignement supérieur. L’argument en leur faveur est qu’ils permettraient une meilleure sélection et orientation des étudiants et les inciteraient à de meilleurs efforts. Ils pourraient par ailleurs être progressifs pour répondre à des critères de justice sociale. Que pensez-vous de ces arguments ? Peut-on penser au contraire que des frais d’inscription faibles à l’université seraient plus efficaces d’un point de vue économique ?

CLIMAT

Le JDD - TRIBUNE. "Appliquons la vraie taxe carbone"

Maxime Combes, économiste et membre d'Attac, ainsi que quatorze cosignataires rédigent une tribune où ils proposent rendre la fiscalité carbone plus juste qu'elle ne l'est en taxant les sites industriels les plus polluants.

Voici la tribune de Maxime Combes et quatorze cosignataires : "L'annulation des hausses de taxe sur les carburants initialement prévues au 1er janvier 2019 n'est pas nécessairement une mauvaise nouvelle pour l'écologie et le climat. Injuste socialement et d'une efficacité plus que discutable, la taxe carbone appliquée aux seuls carburants payés par les ménages et les artisans a fait la démonstration de son impopularité, risquant d'emporter avec elle le désir partagé d'une réponse urgente face à la crise climatique. Cette annulation, qui va générer un manque à gagner de 3,7 milliards d'euros dans le budget 2019, porte pourtant en elle l'occasion d'un sursaut écologique. À condition de bousculer les intérêts des plus grands pollueurs du pays plutôt que les fins de mois des plus précaires.

La Vie des idées - Dossier : Qui sauvera le climat ? L’improbable État de la justice climatique

Faut-il compter sur les gouvernements nationaux pour sauver le climat ? Un État peut-il être capitaliste et écologiste ? Pour Geoff Mann et Joel Wainwright, l’appel à cette solution manque de réalisme, et d’autres formes de lutte contre le réchauffement climatique doivent être envisagées.

En août 2018, un consortium associant l’Agence néerlandaise d’évaluation environnementale, l’Université Yale et d’autres entités a publié un rapport sur les engagements d’environ 6000 villes et régions, 2000 entreprises (dont le siège est situé dans l’Union européenne et le chiffre d’affaires cumulé dépasse 21 000 milliards de dollars), et 9 pays « fortement émetteurs » de CO2 (le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Japon, le Mexique, la Russie, l’Afrique du Sud, et les États-Unis), en vue d’atténuer le changement climatique. Les auteurs louent l’engagement de certaines entreprises et de certains gouvernements sous-nationaux à réduire les émissions de dioxyde de carbone en conformité avec l’accord de Paris de 2015.

 
Trois ans après sa signature, l’Accord de Paris sur le climat est déjà menacé. En soutien aux actions à mener pour endiguer le dérèglement climatique, La Vie des Idées publie en partenariat avec Public Books une série d’articles consacrés aux rapports entre capitalisme et réchauffement climatique.
 
Il y a trois ans jour pour jour, un accord historique sur le climat, l’Accord de Paris, était adopté par 195 pays (aujourd’hui 197) afin de lutter contre le réchauffement climatique. En juin 2017, le récemment élu président américain Donald Trump annonçait le retrait des États-Unis de cet accord, par indifférence au changement climatique et rejet du multilatéralisme.

En fixant le prix des matières premières, les marchés financiers orientent nos conduites à l’égard de l’environnement, mais leurs logiques tendent à masquer la réelle raréfaction des ressources. Comment faire prévaloir la nature dans les comportements des agents économiques ?

Aujourd’hui, en économie libérale, la vitesse d’épuisement des ressources fossiles, le respect des forêts et du monde animal, et tout ce qui concerne le long terme, est conditionné par les prix qui déterminent le comportement des agents. Il en résulte que les marchés financiers sont la référence mondiale pour orienter l’humanité vis-à-vis de l’environnement. Nous nous proposons d’examiner plus précisément cette gouvernance.

FISCALITE

Observatoire des inégalités - La fiscalité française est-elle juste ?

Les impôts et cotisations sont-ils justes en France ? Il faut d’abord s’intéresser à ce qui est taxé. Puis répondre à la question : les impôts pèsent-ils équitablement sur la population selon les niveaux de revenu ?

Pour mesurer le caractère plus ou moins juste du système fiscal français, nous sommes entrés dans le détail des impôts, ce qui n’est pas une mince affaire. Nous avons construit un tableau qui classe les principaux impôts selon leur mode de taxation et leur part dans l’ensemble des prélèvements.

Pour juger du caractère juste ou injuste de la fiscalité française, il faut d’abord s’intéresser à ce qui sert de base à la taxation, ce que l’on appelle « l’assiette » dans le jargon fiscal. Dans notre tableau, on remarque par exemple que les impôts sur la consommation – la TVA et la taxe sur les produits énergétiques (sur les carburants notamment) – représentent près d’un cinquième des recettes, soit trois fois plus que l’impôt sur le revenu.

Jean Gadrey - Impôts : globalement, ils ont baissé depuis 40 ans ! C’est leur injustice qui explose !

Vous n’avez pas échappé à la propagande sur les Français champions du monde des « prélèvements obligatoires » (en % du PIB), fondée sur des chiffres globaux que presque personne ne questionne. Belle exception : cette vidéo de quatre minutes d’Olivier Passet « La France "Championne de la fiscalité" ! ? ... C'est faux ». Je vais ici prolonger et compléter ses arguments, en reprenant et actualisant mes analyses d’un billet d’octobre 2013.

Un préalable, essentiel. Il faut distinguer d’un côté les impôts et de l’autre les cotisations sociales (et plus généralement ce qui finance la protection sociale ou dépenses sociales : retraites, assurance maladie, assurance chômage, etc.).

GRATUITE

Le Vent se lève - « La gratuité est beaucoup plus réaliste économiquement que le revenu universel » – Entretien avec Paul Ariès

Paul Ariès est journaliste et politologue, reconnu notamment comme l’un des penseurs contemporains de la décroissance. Il travaille depuis plus de 10 ans sur le concept de « gratuité » comme contre modèle à la marchandisation du monde insufflée par le néolibéralisme. En septembre 2018, il publie Gratuité contre capitalisme : des propositions concrètes pour une nouvelle économie du bonheur, sous la forme d’un manifeste, à l’occasion des 10 ans de l’Observatoire international de la gratuité.  Notre interviewé prend en cette période une part active dans l’organisation de Forum national de la gratuité, dont la deuxième édition se tiendra à Lyon le 5 janvier 2019. Retour sur ce concept de gratuité subversive.

PAUVRETE

Observatoire des inégalités - Les allocations réduisent le nombre de pauvres de cinq millions

Les prestations sociales réduisent le nombre de personnes pauvres en France de 13,7 à 8,7 millions de personnes. Sans elles, 22 % de la population vivrait sous le seuil de pauvreté.

Si notre système de prestations sociales et d’impôts n’existait pas, le taux de pauvreté en France serait de 22 % et non de 14, 1 % (au seuil de pauvreté fixé à 60 % du niveau de vie médian [1]) selon le ministère des Solidarités [2]. Le nombre de pauvres est réduit de 13,7 à 8,7 millions de personnes. Concrètement, notre modèle social évite la pauvreté à cinq millions de personnes. Une grande partie des personnes concernées préfèreraient vivre de leurs propres ressources et en particulier avoir un emploi, il n’en demeure pas moins que les aides jouent un rôle indispensable, notamment pour les plus éloignés de l’emploi (personnes âgées, handicapées, etc.).

DECOLONIALISME

Le Point - Le « décolonialisme », une stratégie hégémonique : l'appel de 80 intellectuels

Ils sont philosophes, historiens, professeurs… Ils dénoncent des mouvances qui, sous couvert de lutte pour l'émancipation, réactivent l'idée de « race ».

C'est au rythme de plusieurs événements universitaires et culturels par mois que se multiplient les initiatives militantes portées par le mouvement « décolonial » et ses relais associatifs (1). Ces différents groupes sont accueillis dans les plus prestigieux établissements universitaires (2), salles de spectacle et musées (3). Ainsi en est-il, par exemple, du séminaire « Genre, nation et laïcité » accueilli par la Maison des sciences de l'homme début octobre, dont la présentation regorge de références racialistes : « colonialité du genre », « féminisme blanc », « racisation », « pouvoir racial genré » (comprendre : le pouvoir exercé par les « Blancs », de manière systématiquement et volontairement préjudiciable aux individus qu'ils appellent « racisés »).

LAICITE

Le Monde - Macron envisage d’amender la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat

Une réflexion est en cours pour « réduire l’influence étrangère » et prévenir les dérives intégristes.

Emmanuel Macron pourrait amender la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat pour accompagner la restructuration de l’islam de France sur laquelle le chef de l’Etat planche depuis un an et demi. C’est ce qu’affirme, dans son édition du lundi 5 novembre, L’Opinion, qui s’est procuré l’avant-projet. « Il est possible que [la loi de 1905] soit de nouveau amendée », a commenté la ministre de la justice, Nicole Belloubet, sur France Inter, lundi matin. « La réflexion est en cours et nous ne faisons pas de commentaire à ce stade », précise-t-on à l’Elysée.

ISLAM

Saphir - Ghaleb Bencheikh : Avec la FIF, « je m'engage à venir à bout de l'extrémisme par la culture et l'éducation »

Ghaleb Bencheikh succède à Jean-Pierre Chevènement à la présidence de la Fondation de l'islam de France (FIF), qui fête aujourd'hui ses deux ans d'existence. A 58 ans, la réputation du théologien et philosophe musulman, fils de l'ancien recteur de la Grande Mosquée de Paris cheikh Abbas Bencheikh El Hocine (1982-1989), n'est plus à faire tant il est respecté pour la qualité de ses nombreux travaux et ses prises de positions responsables. Pour sa première interview accordée à Saphirnews depuis son élection à la tête de la FIF jeudi 13 décembre, il revient sur le sens qu'il donne à ses nouvelles responsabilités et fait part des chantiers qui l'attendent. « Le travail est colossal, la tâche est immense et les chantiers sont titanesques, mais le plus grand voyage commence par un pas », fait valoir l'islamologue. Entretien.

25/12/2018

Best of 2018 - Le populisme contre la politique

La question du populisme est arrivée au cœur des débats politiques et conceptuels, globalement depuis les années 1990, à l’occasion de faits explicitement problématiques : appels au « peuple » durant des campagnes électorales, confusion entretenue entre le « peuple » et la « population », dénonciation du « populisme » des uns ou des autres par les uns (« populisme de droite », dit-on) ou les autres (« populisme de gauche », rétorque-t-on). Sur ce terreau, des intellectuels de toutes sortes se sont alors attachés, avec plus ou moins de bonheur, à rectifier les usages du terme « populisme », par l’intermédiaire de l’histoire ou de la théorie politique.

Dans le Dictionnaire des concepts nomades en sciences humaines (dir. O. Christin), Damir Skenderovic a proposé une rubrique « Populisme » qui s’ouvre par une citation de Margaret Canovan : « Le terme est bien trop ambigu pour être pertinent ». Flou sémantique, polysémie, plasticité : autant de caractéristiques qui laissent planer le doute sur son potentiel heuristique et explicatif. Ceci alors même que le terme est déjà intervenu, en France, en 1929, pour qualifier un mouvement littéraire s’attachant à décrire le quotidien des « hommes du commun » et qu’aux Etats-Unis, en 1891, une alliance entre fermiers a pris le nom de Populist Party.

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15:07 | Tags : populisme | Lien permanent

12/12/2018

L'actualité des socialistes du 30 septembre au 6 décembre

GILETS JAUNES

Le Monde - Les députés PS, LFI et PCF vont déposer une motion de censure contre le gouvernement

Insatisfaits des réponses données par le gouvernement à la crise des « gilets jaunes », les députés de gauche ont annoncé s’être regroupés pour déposer une motion de censure le 10 décembre.

PS - Retrouvez notre proposition de loi pour sortir de la crise !

Fondation Jean Jaurès - Les « gilets jaunes » : révélateur fluorescent des fractures françaises

Qui soutient le mouvement des « gilets jaunes » ? Quelles sont les bases politiques, sociologiques et territoriales d’un mouvement dont la mobilisation contre les 80 km/h sur les routes secondaires semble avoir été le signe avant-coureur ? Jérôme Fourquet et Sylvain Manternach dessinent pour la Fondation la France des gilets jaunes, qui se considère comme perdante. En filigrane, ils nous montrent que, pour réussir collectivement la transition énergétique, il s’agira de proposer à cette France-là des alternatives ou des compensations, et non d’abandonner ses habitants à leur sort.

Public Sénat - Violences : « La situation est quasi insurrectionnelle » s’inquiète Frédérique Espagnac

Frédérique Espagnac, sénatrice socialiste des Pyrénées-Atlantiques, était l’invitée de Territoire Sénat ce vendredi 7 décembre. La sénatrice revient sur la colère des Gilets jaunes et les manifestations prévues à Paris et en province ce week-end.

Le Monde Les décodeurs  Qu’est-ce que le référendum d’initiative citoyenne demandé par des « gilets jaunes » ?

La consultation du peuple fait partie des revendications largement partagées sur Facebook et reprises par plusieurs responsables politiques.

De la baisse des taxes sur les carburants à la démission d’Emmanuel Macron, en passant par le refus du pacte sur les migrations, les revendications sont variées parmi les « gilets jaunes », et reflètent la diversité du mouvement. Mais une proposition semble avoir la faveur de nombreux groupes : le référendum d’initiative populaire ou citoyenne, présenté comme la solution pour redonner la parole au peuple.

Sans justice fiscale, pas de consentement à l’impôt. À quelles conditions une réforme fiscale est-elle acceptable ? Le point de vue de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

Un effort, pourquoi pas. À condition de comprendre pourquoi, et que personne ne passe à travers les mailles du filet. Les cadeaux accordés aux plus aisés au début du quinquennat ont ruiné la légitimité de la politique fiscale. C’était couru d’avance. Le mystère, c’est que l’élite du pouvoir française n’ait pas compris un principe de base du consentement à l’impôt : la justice fiscale.

Telos - Gilets jaunes: une rupture culturelle autant que territoriale, Philippe Genestier

Sur les ronds-points tenus par « les gilets jaunes », une lassitude se fait sentir au bout d’une quinzaine de jours d’occupation, qui ne laisse en place que les plus motivés (c'est-à-dire ceux qui ne sont pas dénués de culture militante). La situation est donc instable et le mouvement paraît destiné soit à s’éteindre de lui-même, soit à être repris en main par les partis politiques radicaux ou les syndicats. Néanmoins, si l’on considère ses premiers jours, comme j’ai pu le faire lors d’observations de terrain en grande banlieue parisienne, on perçoit que le mouvement des « gilets jaunes » est un révélateur de segmentations sociales radicales. Là, en effet s’exprime quelque chose de plus fondamental qu’une fracture sociale entre les riches et les pauvres, entre les bien intégrés et les laissés pour compte de la mondialisation, de plus profond qu’une cassure territoriale entre la France des métropoles et « la France périphérique » (Ch. Guilluy, Flammarion, 2014). Et même si tout cela existe à la fois, ce mouvement apparaît comme l’expression d’une rupture consommée depuis plusieurs décennies entre deux visions du monde contemporain et deux systèmes de motivations et d’aspirations, issues de deux expériences de la vie en société dans notre pays, étrangères et imperméables l’une à l’autre.

Libé - Gérard Noiriel : «Pour Macron, les classes populaires n’existent pas»

Spécialiste de l’histoire populaire, Gérard Noiriel voit dans le mouvement des «gilets jaunes» un retour de boomerang de la démocratie directe initiée par le Président lui-même. Où la question de la dignité est centrale.......Le mouvement pourrait prendre une autre tournure s’il était soutenu par des gens capables de proposer d’autres formes de spectacle que la violence. Je pense par exemple que les artistes, menacés par une remise en cause du statut des intermittents, pourraient se solidariser en renouant avec des formes anciennes de contestation populaire qu’on appelait, bien avant les mouvements ouvriers, les charivaris : l’humour permettait de contester le pouvoir en mobilisant le «rire carnavalesque». Aujourd’hui, il faut faire le spectacle pour exister dans l’espace public. Si les «gilets jaunes» utilisaient ces ressources, les lieux de blocage deviendraient des lieux de convivialité, ce mouvement deviendrait encore plus populaire. Un mouvement, on lui donne du sens. Si on laisse les forces violentes et l’extrême droite prendre le dessus, il ne faut pas s’étonner si ça dégénère.

Le Monde - Sur un axe de Mélenchon à Le Pen, où se situent les revendications des « gilets jaunes » ?

Nous avons comparé point par point les principales revendications émises par des représentants ou des groupes de gilets jaunes aux propositions des principaux candidats à la présidentielle de 2017.

Qui sont les « gilets jaunes » et que demandent-ils ? Difficile de répondre simplement, alors que le mouvement de protestation, d’abord centré sur les prix des carburants, a pris de l’ampleur et agrège un « ras-le-bol » plus général.

A l’issue d’une consultation en ligne, des représentants de « gilets jaunes » ont fait connaître, jeudi 29 novembre, aux médias et aux députés, un volet de 42 « directives du peuple », qui rassemblent des revendications sur le pouvoir d’achat, les impôts, mais aussi les services publics, l’immigration ou la réforme des institutions. Une semaine plus tôt, une autre liste de doléances assez similaire avait été établie selon la même méthode de consultation en ligne. Ces revendications ne sont pas « officielles », le mouvement étant caractérisé par son horizontalité.

L'Obs - Le "kit" du PS pour sortir de la crise des "gilets jaunes" : "Il y a état d’urgence sociale"

Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, présente les solutions du PS ce lundi matin à Edouard Philippe. Un "kit" législatif composé de neuf articles de loi.

Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, présente ce lundi 3 décembre à Edouard Philippe les solutions du PS pour sortir de la crise. La députée du Tarn-et-Garonne propose un "kit" législatif clé en main composé de neuf articles de loi.

Les deux premiers articles, qu’elle juge "quasi-incontournables" pour calmer la colère populaire, concernent la réinstauration de l’impôt de solidarité sur la fortune, l’ISF, et l’annulation de la hausse des taxes sur les carburants.

Jean-Marie Harribey - État d'urgence ou urgence d'État ?

En trois semaines le mouvement des Gilets jaunes a pris une double envergure. Il s’est élargi dans toute la France, jusque dans les moindres petites villes, au point de rassembler de très larges fractions des classes populaires. Et, malgré l’expression de revendications contradictoires, la palette de celles-ci recouvre un grand nombre de points de rupture avec les politiques de tous les gouvernements, ceux du passé et l’actuel. En effet, nous payons les pots cassés de 40 ans de capitalisme néolibéral et de politiques d’austérité pour les pauvres et de largesses immenses pour les riches. Parti de l’augmentation du prix des carburants, le mouvement des Gilets jaunes s’empare du salaire minimum, de l’éventail des salaires, du droit à la retraite et de l’iniquité fiscale, à l’intérieur de laquelle figure la question de la fiscalité écologique qui ne peut être séparée de son impact social. Par dessus tout émerge une exigence de renouvellement démocratique.

Le Vent se lève - Gilets jaunes : Le soulèvement de la France d’en-bas

Le mouvement des gilets jaunes se résumerait-il à une « grogne » des Français moyens, qui regardent Auto-Moto et Téléfoot le week-end en attendant le retour de la saison des barbecues ? C’est l’image qu’en donne la majorité des médias et des commentateurs politiques. Cette « grogne » n’est en réalité que la partie émergée d’un iceberg : celui d’une crise profonde qui fracture la société et le territoire français.

Lorsque les journalistes de C’est à Vous ont demandé à Jacline Mouraud ce qui pouvait apaiser la colère dont elle s’était faite la porte-parole, celle-ci avait répondu qu’il fallait que le président « rétablisse l’ISF ». Dès lors, les médias, commentateurs et analystes qui n’avaient vu dans la journée du 17 novembre que la manifestation d’une révolte contre la hausse du prix du diesel ont soit feint de ne pas comprendre ce qui se passait réellement, soit témoigné une fois de plus de la déconnexion entre le peuple et ses élites – alors même que Benjamin Griveaux s’illustrait dans la maladresse en voulant réconcilier le « pays légal » et le « pays réel », pensant paraphraser Marc Bloch alors qu’il citait en réalité Charles Maurras.

Libé - Eric Drouet, Benjamin Cauchy et Christophe Chalençon : les trois gilets jaunes les plus «vus à la tv»

Pendant 12 jours, CheckNews a observé comment, et par qui, BFMTV, France 2 et TF1 ont choisi de représenter les gilets jaunes à l'antenne. Voici le top 40 des représentants du mouvement.

INEGALITES

Observatoire des inégalités - L’Assemblée nationale ne compte quasiment plus de représentants des milieux populaires

À quand la parité sociale à l’Assemblée nationale ? Employés et ouvriers représentent la moitié de la population active et comptent pour dix fois moins parmi les député(e)s. Contrairement à la question du genre, la composition sociale intéresse peu, y compris dans les instances représentatives.

Le renouvellement politique de juin 2017 à l’Assemblée nationale a entraîné une forte augmentation de la part de femmes parmi les élus mais il ne s’est pas accompagné d’un renouvellement social. Si 4,6 % des députés sont employés, aucun n’est ouvrier, alors que ces catégories représentent la moitié de la population active, selon l’Institut Diderot [1]. À l’inverse, les cadres et professions intellectuelles supérieures représentent 76 % des élus, soit 4,4 fois plus que leur part dans la population active.

POPULISME

Le vent se lève - Le populisme et le grand complot rouge-brun Par Lenny Benbara

Depuis maintenant le début de l’été, une offensive idéologique est en cours pour diaboliser ce qu’on qualifie généralement de « populisme de gauche ». Accusée de brouiller les frontières idéologiques avec l’extrême-droite, voire de conduire à une dérive autoritaire ou analogue au césarisme, l’hypothèse populiste serait un danger mortel pour la démocratie[1]. Pire encore, pour ceux qui s’identifient à gauche, le populisme consisterait à abandonner le « sociétal » au profit du « social ». En faisant primer la question sociale et en hiérarchisant les « luttes », il faudrait alors s’adresser en priorité à l’électorat populaire du Front national et ranger au placard féminisme, droits LGBT, écologie, lutte contre le racisme, etc. Ce débat est en réalité à côté de la plaque. Explications.

Jean Gadrey - Pourquoi les garçons réussissent-ils moins bien que les filles à l’école ?

Billet de non spécialiste à qui l’on a posé cette question et qui tente d’y répondre comme il peut après quelques lectures de chercheurs et chercheuses compétent.e.s. J’ai en effet cosigné avec Nicole Gadrey une étude publiée l’an dernier sur les énormes et persistantes inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes, alors même que les jeunes filles ont des résultats scolaires nettement meilleurs et des diplômes de plus haut niveau que les jeunes garçons : voir ce billet qui résume les résultats. Du coup, il est arrivé que l’on nous pose la question : certes, les hommes s’en sortent bien mieux que les femmes sur le plan professionnel, et cela dès les premières années d’insertion et c’est injuste, mais n’est-ce pas quand même une inégalité problématique que celle qui voit les garçons réussir moins bien à l’école, à tous les niveaux du système scolaire ?

Jean Gadrey - Les plus gros pollueurs français ne paient presque pas de taxe carbone !

J’emprunte le gros de ce billet à mon ami Maxime Combes, et à Attac France dont nous sommes membres l’un et l’autre. À côté des grandes injustices fiscales (en particulier pour la fiscalité écologique) pointées par les « gilets jaunes » ou signalées par d’autres (voir mon billet du 20 novembre, lien à la fin), en voici une qui est totalement passée sous silence et qu’il est temps d’exposer à la lumière. Car certes, la non taxation du kérosène est scandaleuse, tout comme la non-taxation ou la sous-taxation du fioul lourd, mais il y a bien pire :

Total, ArcelorMittal, Solvay Group, Lafarge France et tous les autres grands pollueurs du pays sont exonérés de la taxe carbone que chacun.e paie quand il ou elle fait son plein !

Non Fiction - Le Parlement européen au travail, entretien avec Sébastien Michon

Nonfiction : Votre ouvrage traite du Parlement européen au travail, c’est-à-dire non seulement des eurodéputés, mais aussi ceux qui gravitent autour, notamment leurs assistants parlementaires et les administrateurs de l’Union européenne qui œuvrent au Parlement. Aujourd’hui, alors que l’on va fêter lors des prochaines élections européennes du printemps prochain les 40 ans des premières élections à cette échelle, on a parfois l’impression du point de vue national (qui n’est sans doute pas le meilleur angle pour juger de ces élections), que les candidats sont un peu les perdants des élections nationales et locales, envoyés à Strasbourg presque comme une punition… Est-ce quelque chose que l’on retrouve dans d’autres pays et est-ce que cela tend à évoluer ?

Maurizio Gribaudi est directeur d’études à l’EHESS de Paris. Historien et démographe, il travaille depuis plusieurs années sur la formation des groupes sociaux en milieu urbain. Après avoir étudiés les mouvements démographiques et migratoires entre ville et campagne (dans le nord de l’Italie et en Région Parisienne), il a plus récemment concentré ses recherches sur la formation des dynamiques physiques et sociales de la ville de Paris et des territoires français depuis la deuxième moitié du XVIIIe au XXe siècle.

Voici que la France semble, en apparence, s’engager sur les mêmes terrains arpentés par les divers démagogues installés dans plusieurs démocraties occidentales. Dans une dynamique aussi puissante qu’inédite, des messages lancés sur les réseaux par des citoyennes et des citoyens désespérés ont donné naissance à un mouvement national qui fait trembler la majorité gouvernementale et inquiète, à juste titre, la France à la fois humaniste et libertaire, soucieuse du devenir de ce mouvement. Car, derrière la masse indistincte des gilets jaunes, certains croient voir se manifester les sombres figures de la droite conservatrice et des populismes.

EUROPEENNES

France Info - Plus de 80 élus locaux de gauche appellent à l'union "en vue des élections européennes"

Dans une tribune publiée jeudi sur franceinfo et "Le Monde", intitulée "Rassemblons-nous sur la Place publique pour que nos solutions locales changent d’échelle !", des élus locaux de gauche appellent à l'union "en vue des élections européennes".

Plus de 80 élus locaux de gauche, essentiellement socialistes et quelques écologistes, mais aussi des membres de Genération(s), le mouvement de Benoît Hamon, et des sans étiquette, appellent à l'union "en vue des élections européennes" dans une tribune publiée jeudi 29 novembre sur franceinfo et sur le site du Monde. Cette tribune intitulée "Rassemblons-nous sur la Place publique pour que nos solutions locales changent d’échelle !" répond au discours porté par le mouvement Place Publique, un courant politique créé il y a quelques jours par plusieurs personnalités de la société civile, dont l'essayiste Raphaël Glucksmann et le maire de Kingersheim Jo Spiegel. Place Publique a pour ambition de "répondre à des urgences", démocratique, écologique, sociale. Parmi les signataires, on retrouve justement  le maire de Kingersheim et plusieurs maires, adjoints au maire ou conseillers régionaux qui tous insistent sur l'urgence.

UBER

Marianne - Coup de tonnerre social : les livreurs à vélo sont des salariés, tranche la justice française

Dans un arrêt rendu ce mercredi 28 novembre, la Cour de cassation, saisie par un coursier de Take eat easy, estime que les livreurs à vélo sont des salariés comme les autres... et non des autoentrepreneurs. Une décision qui remet en question le modèle des plateformes du type Deliveroo ou Uber Eats.

C'est une décision capitale pour les livreurs à vélo. Saisie par un coursier de Take eat easy, société placée en liquidation judiciaire depuis lors, la Cour de cassation estime, dans un arrêt rendu ce mercredi 28 novembre, que ces forçats de l'ubérisation doivent être considérés comme des salariés et non pas comme des auto-entrepreneurs, malgré le fait qu'ils soit forcés à exercer leur métier sous un statut d'indépendant.

BREXIT

OFCE - Brexit : l’accord du 25 novembre par Catherine Mathieu et Henri Sterdyniak

Le Royaume-Uni quittera l’UE le 29 mars 2019 à minuit, deux ans après la notification officielle du gouvernement britannique de son souhait de quitter l’UE. Les négociations avec l’UE-27 ont officiellement commencé en avril 2017.

Le 8 décembre 2017, les négociateurs de la Commission européenne et le gouvernement britannique avaient signé un rapport conjoint sur les trois points de l’accord de retrait que la Commission considérait comme prioritaire[1] : les droits des citoyens, le règlement financier de la séparation et l’absence de frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord. Le Conseil européen des 14-15 décembre avait accepté la demande britannique d’une période de transition, en fixant sa fin au 31 décembre 2020 (de façon à coïncider avec la fin de la programmation du budget européen actuel). Ainsi, de mars 2019 à fin 2020, le Royaume-Uni devra respecter toutes les obligations du marché unique (dont les quatre libertés et la compétence de la CJUE), sans plus avoir voix au chapitre à Bruxelles. Cet accord a permis l’ouverture de la deuxième phase des négociations.

LES JAUNES

Non Fiction - Les Jaunes : histoire politique d'une couleur

Le fait a été peu relayé depuis l'apparition du mouvement « spontané » des « Gilets Jaunes », mais la couleur choisie pour ce mouvement (qui est tout bonnement celle des gilets de sécurité, rendus obligatoires dans nos voitures) n'est pas neutre politiquement, d'un point de vue historique. Longtemps synonyme de « non gréviste » voire de « traître » ou de « vendu » dans le langage des grévistes et des manifestants, il est assez troublant de voir dans quelle mesure cette couleur trouve un sens politique différent aujourd'hui. De la même manière que les « Bonnets rouges » d'il y a quelques années, dont le parallèle (assez hasardeux a priori) avec les bonnets phrygiens de la Révolution française avait été tenté, de manière plus ou moins convaincante.

LFI

Marianne - Pourquoi je quitte la France Insoumise

NDLR - Djordje Kuzmanovic, qui était jusque récemment conseiller aux affaires internationales de Jean-Luc Mélenchon, a été exclu de la liste des Insoumis pour les élections européennes. Au-delà de ce choix, c’est l’ensemble du mouvement de la France insoumise qui est traversé par des courants idéologiques et des choix stratégiques contradictoires. Hiérarchiser les luttes pour donner la priorité à la question sociale ou soutenir toutes les revendications sociétales ? Parler au nom de la « gauche » à rassembler ou s’adresser au « peuple » ?

Après des mois de louvoiements et d’atermoiements – qui, par ces temps de crise politique et sociale que la France traverse douloureusement, apparaissent particulièrement déplaisants –, le comité électoral de la France Insoumise, seule instance constituée de cette formation politique gazeuse, vient de me signifier mon exclusion de la liste des européennes, ensemble avec François Cocq.

05/12/2018

L'actualité des socialistes du 16 au 22 novembre

GILETS JAUNES

Libé - Gilets jaunes : insurrection des beaufs ou juste colère du peuple ? Par Laurent Joffrin

Depuis le début du mouvement des «gilets jaunes», les commentateurs si souvent bardés de certitudes sont comme une poule qui a trouvé un couteau (sans que l’auteur de cette lettre s’exclue du lot). Deux tendances se dessinent, à gros traits. Pour les uns, parmi les gouvernants notamment, et plus généralement dans les couches plus prospères ou diplômées, l’affaire est pliée : les gilets jaunes forment une bande de beaufs pollueurs accros à la bagnole, qui bloquent les routes illégalement, qu’on doit traiter par un mélange de bonnes paroles et d’interventions policières. Pour les autres, partis d’opposition, militants du social, ou intellos radicaux, c’est la juste colère d’un peuple oublié.

PS - Taxe carburant : le gouvernement n’a pas compris les raisons de la colère des Français

Le Premier ministre a annoncé, ce matin, qu’il n’était pas question de suspendre les hausses annoncées sur les prix des carburants.
Geste ultime, il accepte de concéder 500 millions là où les Français lui parlent de 55 milliards de prélèvements supplémentaires !

PS

BFM - Législative partielle en Essonne: le PS soutient implicitement la candidate de la France insoumise

Dans un communiqué émis ce jeudi, le Parti socialiste appelle implicitement à soutenir Farida Amrani, candidate de la France insoumise, contre Francis Chouat, ancien membre du PS.

France Culture - Qui a cassé le PS ?

Un an et demi après sa déroute à la présidentielle, le Parti socialiste s'apprête à dresser le bilan du quinquennat Hollande. Mais pour de nombreux socialistes l'éclatement et l'érosion du parti date d'avant la période 2012-2017.

Le Parti socialiste fait son introspection. Le nouveau Premier secrétaire Olivier Faure rendra dans la deuxième semaine de décembre les conclusions du travail sur le bilan du quinquennat. Cela suffira-t-il à comprendre la déroute du PS ? Ne faudrait-il pas regarder plus en arrière dans le temps ? Réponse avec les acteurs passés et présents du parti.

Le Vent se lève - Arnaud Montebourg : « Les sociaux-démocrates ne servent à rien »

Nous avons retrouvé Arnaud Montebourg rue de l’Opéra, dans les locaux parisiens de son entreprise Bleu Blanc Ruche. D’abord réticent à l’idée de parler politique, nous avons finalement passé en revue avec lui les principaux thèmes qui ont structuré son engagement, du Made in France à la démondialisation, jusqu’au sujet lourd qu’est la politique industrielle. Ministre de l’économie et du redressement productif de 2012 à 2014, nous avons pu aborder le poids de la haute administration et les contraintes de l’exercice du pouvoir. « L’Union européenne s’est retournée contre les peuples » déplore-t-il en constatant la fin de l’utopie fédéraliste et le déclin accéléré de la social-démocratie partout sur le continent. Entretien réalisé par Antoine Cargoet, Marion Beauvalet et Matis Brasca.

Libé - Qu'a vraiment dit Olivier Faure sur l'immigration ?

Lors d'une interview à la radio, le premier secrétaire du parti socialiste a évoqué une «colonisation à l'envers»... en assurant qu'il relayait la parole d'une concitoyenne.

ROCARD

Fondation Jean Jaurès - Avec Rocard. Mémoires d’un rocardien de province

Dans ces Mémoires, Gérard Lindeperg fait revivre l’engagement des rocardiens dans une fédération départementale – celle du Rhône – qui leur était hostile et la manière dont ils ont réussi à se faire une place dans le parti créé par François Mitterrand. Il y décrit également la vie interne du courant et les rapports complexes entre le parti et Matignon. C’est ainsi toute la trajectoire d’une génération entrée en politique au moment de la guerre d’Algérie qui est ici retracée.

Proche collaborateur de Michel Rocard, Gérard Lindeperg s’était notamment vu confier la coordination nationale de son courant et des clubs Convaincre avant d’être nommé numéro deux du Parti socialiste.

PEAGES

Le vent se lève - Après le diesel, le prix des péages va exploser à partir de janvier

À partir du premier janvier 2019, le prix des péages devrait augmenter d’au moins 2%, et chaque année désormais, alors que les salaires stagnent ! C’est une conséquence directe de la privatisation du système autoroutier français, mais pas seulement. Essayons de décrypter ici les causes d’un énième coup de massue fiscale sur les automobilistes, déjà largement frappés par la hausse des taxes sur le diesel. La voiture, qui se voulait l’objet de la liberté individuelle par excellence du capitalisme, est de plus en plus un outil d’asservissement et de racket. Le premier coupable : l’État, instrumentalisé par et pour les grandes entreprises dans le but d’opérer un transfert de fonds, un « ruissellement inversé » du peuple vers le bloc élitaire. Il pourrait néanmoins, s’il était bien géré, prendre le pas inverse et faciliter la vie des automobilistes.

POPULISME

Fondation Jean Jaurès - Brève introduction au populisme, Cas Mudde, Cristobal Rovira Kaltwasser, Préface de Jean-Yves Camus

Avec cette traduction de l’ouvrage, paru en anglais aux Presses universitaires d’Oxford, de Cas Mudde, professeur à l’université de Géorgie (États-Unis), et Cristóbal Rovira Kaltwasser, professeur à l’université Diego Portales (Chili), la Fondation Jean-Jaurès, la Fondation européenne d’études progressistes et les éditions de L’Aube ont souhaité rendre accessible au public francophone cette analyse du populisme qui combine – fait rare – les perspectives européenne, nord-américaine et latino-américaine.

Ce livre est accompagné d’une préface de Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès. Pour lui, cet ouvrage permet, à travers la définition académique aussi précise que possible du terme « populisme » que livrent les auteurs, d’acquérir une connaissance fine du phénomène grâce à laquelle nous pourrons « argumenter de manière raisonnable sur chacun des problèmes soulevés par les populistes ».

BAVIERE

La défaite historique de la CSU en Bavière signe l’échec incontestable du tournant identitaire pris par ce parti dont l’assise électorale était incontestée depuis 1945. Preuve que la récupération des thèses anti-immigration n’est pas la solution pour endiguer l’extrême droite.

La Christlich-Soziale Union (CSU) a subi le 14 octobre 2018 une défaite historique en Bavière, Land dans lequel elle était hégémonique depuis 1945. C’est le signe d’un échec manifeste de sa politique de réappropriation du discours radical de droite. En juin dernier, le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, ancien ministre-président de la Bavière et président de la CSU, sommait la chancelière Angela Merkel d’adopter des positions plus droitières dans le domaine de l’asile. En défendant un programme hostile à l’immigration et un discours proche de celui de l’Alternative für Deutschland (AfD), le ministre de l’Intérieur s’était fixé pour objectif de récupérer, lors des élections de son Land, l’électorat perdu au profit du parti radical de droite aux élections fédérales de 2017.

BREXIT

Le Vent se lève - Jon Trickett (Labour) : « La classe politique essaie de persuader les gens de rester dans l’Union européenne en usant de la peur »

Jon Trickett est député travailliste de la circonscription de Hemsworth, qui regroupe d’anciennes villes minières du Nord de l’Angleterre, depuis 1996. Son profil détonne face aux autres députés travaillistes issus de la classe moyenne : ayant arrêté l’école à 15 ans puis repris des études dans le supérieur, il deviendra, entres autres, plombier et arrivera en bleu de travail au conseil de la ville de Leeds après sa première élection en 1984. Opposé à la guerre d’Irak et au renouvellement de l’arsenal nucléaire, Trickett s’impose en une vingtaine d’années comme une des figures de l’aile gauche du Labour, à contre-courant du blairisme.

Membre du cercle proche de Jeremy Corbyn, il fait partie du shadow cabinet [NDLR, gouvernement fantôme] depuis l’élection de ce dernier à la tête du parti en 2015 et s’occupe notamment des questions de stratégie électorale et de réforme constitutionnelle. Se présentant dans un très bon français, il nous a reçus en septembre 2018 à Liverpool, en marge du congrès annuel du Labour.

DEMOCRATIE

Le Figaro - La sécession des « élites » ou comment la démocratie est en train d'être abolie, par Coralie Delaume

Coralie Delaume analyse les raisons de la fracture qu'elle observe entre les «élites», une classe minoritaire de privilégiés, et la masse qui n'a pas accès aux études prestigieuses ou qui n'a pas son mot à dire dans les orientations économiques de l'Union européenne.


Coralie Delaume est essayiste, co-auteur de La fin de l'Union européenne(Michalon, 2017) et animatrice du site L'arène nue.


La Révolte des élites et la trahison de la démocratie est le titre d'un livre du sociologue américain Christopher Lasch, publié à titre posthume en 1995. Bien sûr, l'ouvrage analysait l'Amérique de son temps. Pourtant, il s'applique parfaitement à la France et à l'Europe d'aujourd'hui, dont il semble avoir anticipé l'évolution des classes favorisées avec une acuité visionnaire.

ECOLOGIE

Le Vent se lève - Théorie de l’effondrement : « Le système actuel de représentation démocratique opère un rétrécissement de la pensée » – Entretien avec Corinne Morel Darleux

Corinne Morel Darleux est conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes pour le Parti de gauche. Elle écrit tous les mois pour Reporterre, divers blogs et tient une chronique mensuelle à Là-bas si j’y suis. Elle est notamment l’auteur de L’écologie, un combat pour l’émancipation (Bruno Leprince, 2009) et a coordonné la rédaction du manifeste des 18 thèses pour l’écosocialisme qui marque l’apparition du terme écosocialisme en France. Elle fait partie de ces nouveaux penseurs de l’écologie politique et c’est à ce titre que nous avons voulu l’interroger.

LVSL – On voulait revenir sur l’article que vous avez écrit pour Reporterre, qui a été publié le 19 juillet et qui est intitulé « face à l’effondrement formons des alliances terrestres » où vous évoquiez votre rapprochement avec la collapsologie. C’est une théorie qui avait plutôt le vent en poupe, notamment dans les milieux libertaires et les milieux écologistes.

ECONOMIE

L’économie comportementale (ou nudge) est à la mode. Comment expliquer son succès ? Peut-on attendre qu’elle révolutionne aussi bien la recherche en économie que les politiques publiques ? Ses premiers usages par les gouvernements tendent à tempérer l’optimisme.

L’économie comportementale a le vent en poupe. Ses promoteurs la présentent d’abord comme une « révolution scientifique » visant à substituer à la figure de l’homo oeconomicus animé par une rationalité parfaite, celle, plus réaliste, de l’homme de la rue dont les nombreux « biais de rationalité » pourraient être mis au jour grâce à des expériences de laboratoire. Cinq des quinze derniers Prix Nobel d’économie se reconnaissent dans ce courant de recherche (Daniel Kahneman en 2002, Peter A. Diamond en 2010, Alvin E. Roth en 2012, Robert J. Shiller en 2013 et Richard Thaler en 2017). La part des articles d’économie comportementale dans les quatre principales revues généralistes d’économie (American Economic Review, Quarterly Journal of Economics, Journal of Political Economy et Review of Economic Studies) a crû de 8,5 % dans les années 1990 à 15 % au début des années 2010.

01/12/2018

Le vent se lève - Le populisme et le grand complot rouge-brun Par Lenny Benbara

Depuis maintenant le début de l’été, une offensive idéologique est en cours pour diaboliser ce qu’on qualifie généralement de « populisme de gauche ». Accusée de brouiller les frontières idéologiques avec l’extrême-droite, voire de conduire à une dérive autoritaire ou analogue au césarisme, l’hypothèse populiste serait un danger mortel pour la démocratie[1]. Pire encore, pour ceux qui s’identifient à gauche, le populisme consisterait à abandonner le « sociétal » au profit du « social ». En faisant primer la question sociale et en hiérarchisant les « luttes », il faudrait alors s’adresser en priorité à l’électorat populaire du Front national et ranger au placard féminisme, droits LGBT, écologie, lutte contre le racisme, etc. Ce débat est en réalité à côté de la plaque. Explications.

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11:32 Publié dans Analyses | Tags : lenny benbara, populisme | Lien permanent

18/11/2018

Fondation Jean Jaurès - Brève introduction au populisme, Cas Mudde, Cristobal Rovira Kaltwasser, Préface de Jean-Yves Camus

Avec cette traduction de l’ouvrage, paru en anglais aux Presses universitaires d’Oxford, de Cas Mudde, professeur à l’université de Géorgie (États-Unis), et Cristóbal Rovira Kaltwasser, professeur à l’université Diego Portales (Chili), la Fondation Jean-Jaurès, la Fondation européenne d’études progressistes et les éditions de L’Aube ont souhaité rendre accessible au public francophone cette analyse du populisme qui combine – fait rare – les perspectives européenne, nord-américaine et latino-américaine.

Ce livre est accompagné d’une préface de Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès. Pour lui, cet ouvrage permet, à travers la définition académique aussi précise que possible du terme « populisme » que livrent les auteurs, d’acquérir une connaissance fine du phénomène grâce à laquelle nous pourrons « argumenter de manière raisonnable sur chacun des problèmes soulevés par les populistes ».

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10/11/2018

Xerfi : La flambée du populisme autoritaire dans les pays émergents [Alexandre Mirlicourtois]

Election après élection, la liste des pays émergents dirigés par des populistes s’allonge. Il y a d’abord les historiques : le Venezuela de Chavez puis de Maduro ; la Turquie d’Erdogan depuis 2003. L’histoire s’accélère ensuite à partir de 2010 Viktor Orban prend la tête du gouvernement hongrois en mai de la même année, Narendra Modi devient premier ministre en Inde en mai 2013 [...]

09:30 Publié dans Vidéo | Tags : populisme | Lien permanent

18/08/2018

Sélection d'été : Le populisme est-il devenu une norme en europe ?

Le Vent Se Lève a organisé sa première université d'été à l'espace Main D'Oeuvres. Cette première édition s'intitule "Le Vent du Changement" pour mener un travail de renouveau intellectuel et de dialogue entre les forces progressistes. ►► Le populisme est-il devenu une norme en Europe ? ◄◄ A l'occasion d'un débat sur le populisme, nous recevions : Boris Vallaud (PS), Jorge Lago (Podemos), Elsa Faucillon (PCF) et Samuele Mazzolini (Senso Comune)

14:56 Publié dans Débat | Tags : le vent se leve, vallaud, populisme | Lien permanent