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25/08/2016

La Vie des idées - Le tirage au sort, plus juste que le choix rationnel

Jon Eslter est philosophe, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire "Rationalité et sciences sociales". Il explique dans cet entretien pourquoi il s'est peu à peu détaché des théories du choix rationnel, pour accorder sa confiance au hasard et au tirage au sort, moins porteur d'injustice lorsque la délibération est manifestement impossible.


Le tirage au sort, plus juste que le choix... par laviedesidees

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22/08/2016

La Vie des Idées - Épistémologie du capitalisme À propos de : Robert Boyer, Économie politique des capitalismes. Théorie de la régulation et des crises, La Découverte

Recensé : Robert Boyer, Économie politique des capitalismes. Théorie de la régulation et des crises, Paris, La Découverte, octobre 2015, 384 p., 25€.

La parution du livre de Robert Boyer, Économie politique des capitalismes, est un événement important pour la réflexion économique [1]. Il résume les avancées de la théorie (ou « école ») de la régulation, qui se déploie depuis maintenant plusieurs décennies. Cette théorie, dont Robert Boyer est un des fondateurs, se veut une synthèse entre l’histoire économique, la pensée marxienne et la pensée keynésienne. Elle propose une approche originale du capitalisme, ne reposant pas sur une seule critique, mais sur une inquiétude : le capitalisme est instable, génère des déséquilibres économiques et sociaux, mais il est pourtant aujourd’hui le système économique dominant sur la planète. Quelles sont les instances de stabilisation, de médiation des conflits ou, en d’autres termes, de régulation des économies de marché ? Comment l’échec de ces mécanismes de stabilisation conduit-il à des crises ? Les différentes formes de déséquilibres économiques actuels (inégalités aux États-Unis, difficulté de rendre compatibles les économies en Europe, suraccumulation du capital en Chine, déstabilisation des pays émergents) montrent la pertinence de cette inquiétude et des recherches régulationnistes.

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16:01 Publié dans Réflexions | Tags : la vie des idees, robert boyer | Lien permanent

21/08/2016

Qu’est-ce qu’être réaliste ? A propos de : John Bew, Realpolitik. A History, Oxford University Press.

Les décideurs politiques sont souvent accusés de faire preuve de cynisme dans la conduite des affaires internationales. Pour d’autres, il s’agit seulement de « réalisme ». Mais que recouvre exactement ce terme ? Deux ouvrages récents reviennent sur la genèse des concepts Realpolitk et géopolitique et remettent en cause la dichotomie entre les valeurs et les intérêts.

Recensés : - John Bew, Realpolitik. A History, Oxford, Oxford University Press, 2016 ;- Olivier Zajec, Nicholas John Spykman. L’invention de la géopolitique américaine, Paris, Presses de l’Université Paris Sorbonne, 2016.
 
À en croire l’ancien Premier ministre François Fillon, la tragique guerre civile qui meurtrit la Syrie depuis 2011 aurait eu pour effet de faire apparaître au grand jour la radicale divergence entre l’appréhension poutinienne des relations internationales d’une part, et celle qui prévaudrait dans les chancelleries occidentales de l’autre. Alors que « l’Amérique et ses alliés européens se sont drapés dans une posture morale aussi irréprochable qu’inopérante » en refusant d’intervenir militairement contre les jihadistes au prétexte de ne pas renforcer le régime dictatorial de Bachar al-Assad, « une seule puissance a fait preuve de réalisme : la Russie » qui n’a pour sa part pas hésité à envoyer ses chasseurs pilonner les rebelles islamistes, quitte à faire de nombreuses victimes parmi les populations civiles. Sous la plume de l’homme politique français, la référence au « réalisme » russe est clairement connotée positivement, et contraste avec le dédain affiché à l’égard de la « posture » occidentale qui, pour être moralement « irréprochable » sur le papier, n’en serait pas moins totalement « inopérante » sur le terrain 
 
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10:00 Publié dans Réflexions | Tags : john bew, la vie des idees | Lien permanent

20/08/2016

Non Fiction - L’État, une nécessité affective (F.Lordon)

Avec Imperium, l’économiste Frédéric Lordon, égérie du mouvement Nuit Debout, renoue avec l’essai philosophique et s’attache à se poser la question de ce qui constitue le ciment de nos communautés politiques. Cheminant main dans la main avec Spinoza, il revient sur la constitution des corps politiques qui consacrent le point d’équilibre - le nexus, dirait le philosophe opticien - où se coordonnent et se modèrent les forces antagonistes que sont la convergence et la divergence. Dans un effort de fidélité rigoureuse aux recherches de Spinoza, Frédéric Lordon s’applique à en décliner les catégories au gré de son questionnement sur ce qui définit les communautés politiques, au regard, avant tout, des affects de la multitude : réputés être à l’origine de la formation du pouvoir, ces affects constituants seraient ensuite captés par un appareil bureaucratique qu’on désigne ordinairement du nom d’Etat.

Dépasser la dichotomie entre dominants et dominés

Lordon entreprend donc un travail audacieux aspirant à prendre du recul sur ce qu’est le pouvoir, et sur ses effets sur les individus inscrits dans des corps politiques infraétatiques. La considération selon laquelle le pouvoir politique est confisqué par une élite politique (qu’elle soit bureaucratique ou militante) se trouve alors remise dans la perspective du débat primordial agitant la pensée de gauche. A savoir, la passion de l’horizontalité au détriment de la verticalité, perçue comme le facteur essentiel de la captation du pouvoir par une frange de la communauté. C’est pourquoi, l’auteur réifie le concept de « l’imperium » qui peut être défini comme étant la puissance de la multitude sur elle-même. C’est là que se trouve toute la puissance de l’ouvrage : il dépasse la simple dichotomie opposant dominants et dominés. La multitude sécrète son ordre, sa propre normalité, par l’affect de ses membres d’une part, par l’institutionnalisation de cet ordre au gré des époques d’autre part.

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10:39 Publié dans Réflexions | Tags : lordon | Lien permanent

11/08/2016

Liberté ! par Michèle Riot-Sarcey

Ajoutée le 9 janv. 2016

Les Agoras de l'Humanité. Écoutez la conférence sur le thème de la liberté, de Michèle Riot-Sarcey, professeure émérite à Paris-VIII-Saint-Denis, elle a étudié l’histoire intellectuelle du politique, des utopies et des pouvoirs.

16:24 Publié dans Réflexions | Tags : michèle riot-sarcey | Lien permanent

07/08/2016

Le Monde Diplomatique - Réflexion sur « l’islam des Lumières »

Au fil des siècles, l’islam en tant que religion n’a jamais cessé d’être questionné par des penseurs et théologiens musulmans. L’« ijtihad », ou exégèse novatrice des textes coraniques, est un processus déjà entamé mais qui s’inscrit dans le temps long.

De manière régulière, au fil des événements tragiques provoqués par les groupes armés se réclamant de l’islamisme politique resurgit le débat sur une nécessaire adaptation de la religion musulmane au monde moderne. Cet aggiornamento contribuerait ainsi à réduire l’influence d’un islamisme politique rétrograde au profit d’une démocratie apaisée et sécularisée. L’hypothèse est alléchante et elle est reprise à l’envi par quelques personnalités de confession ou de culture musulmanes qui se font les hérauts d’un « islam des Lumières », concept séduisant en apparence mais dont le contenu reste à définir au-delà de la simple formule médiatique destinée à se démarquer de l’intégrisme. Cela signifie qu’au-delà des formules incantatoires, il est nécessaire que des théologiens musulmans s’investissent dans une nouvelle exégèse des textes coraniques et cela passe, comme n’a jamais cessé de le répéter l’islamologue et philosophe Mohammed Arkoun (1928-2010), par le « renouvellement de la pensée islamique » (1).

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12:27 Publié dans Réflexions | Lien permanent

05/08/2016

Jean-Marie Harribey - Livres pour l’été (4) : l’économiste post-keynésien Hyman Minsky

L’économiste Hyman Misnky (1919-1996) fait partie du courant de pensée hétérodoxe appelé post-keynésien. L’un de ses principaux ouvrages « Stabiliser une économie instable », datant de 1986, vient d’être traduit très opportunément par l’Institut Veblen-Les Petits matins. J’en ai donné une présentation dans l’article « Minsky au milieu du gué ? » (dans le n° 10 de la revue Les Possibles, Été 2016). C’est un ouvrage théorique, mais sa densité ni sa longueur ne doivent pas rebuter, car il fait partie des rares ouvrages ayant cherché à comprendre le caractère instable intrinsèque de la finance capitaliste, écrit bien avant que n’éclate la crise de 2007-2008.
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Minsky au milieu du gué ?

mardi 28 juin 2016, par Jean-Marie Harribey
 
Hyman Minsky (1919-1996) est l’un des économistes les plus importants du courant que l’on appelle « postkeynésien ». C’est un courant qui entend retrouver l’essentiel de la pensée de Keynes, parce que celle-ci fut dénaturée par les théoriciens néoclassiques d’après-guerre, tels Hicks, Samuelson ou Solow, qui avaient conçu un projet de « synthèse » impossible entre leur propre corpus et ce qu’ils pensaient assimilable de l’enseignement de Keynes. Les post-keynésiens ne doivent pas être confondus avec les néo-keynésiens – les plus connus sont Krugman et Stiglitz – qui sont critiques vis-à-vis des désastres occasionnés par les politiques néolibérales, mais qui n’ont pas entrepris une refonte théorique comme les postkenésiens. C’est à cette entreprise que s’attaque l’ouvrage déjà ancien de Minsky (1986), enfin traduit en français. Pourquoi, alors, laisse-t-il un goût d’inachevé ?
 
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18:04 Publié dans Réflexions | Tags : jean-marie harribey | Lien permanent

04/08/2016

Jean-Marie Harribey - Livres pour l’été (6) : sur l’allocation universelle

Dans l’immensité des publications portant maintenant sur l’allocation universelle, ou revenu d’existence, ou revenu de base inconditionnel, pour la plupart favorables à cette proposition, qu’elle soit exprimée par des théoriciens se classant à gauche ou par ceux se revendiquant du libéralisme, voire du libéralisme libertarien, il y a un petit livre qui, malgré son format de 85 pages, tranche à la fois par l’étendue de la couverture du débat qu’il propose et par son caractère critique. C’est celui de Mateo Alaluf, L’allocation universelle, nouveau label de précarité (Bruxelles-Mons, Couleur livres, 2014). Mateo Alaluf est un sociologue, professeur à la Faculté de philosophie et de sciences sociales de l’Université libre de Bruxelles.

Du capitalisme au capitalisme

L’auteur présente d’abord l’origine de l’idée d’un revenu d’existence, qui se situe moins selon lui chez les penseurs sociaux du XIXe siècle que dans le Collectif Charles Fourier qui, dans les années 1980, conçoit l’allocation universelle comme alternative à la régulation keynésienne. Dès le départ apparaît l’opposition entre revenu inconditionnel et minima sociaux.

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29/07/2016

Slate - Pour survivre, la gauche devrait-elle abandonner le progrès?

La gauche reste accrochée au progrès. Mais le progrès qu’elle plébiscite est celui de la technologie et des machines, le tout au service des élites. C’est en tout cas ce que tentent de prouver les deux livres à contre-courant «Le Progrès sans le peuple» et «Le Progrès m’a tuer».

Le philosophe Régis Debray se plaît souvent à rappeler un dialogue entre deux artistes du XIXe siècle, Honoré Daumier et Jean-Auguste-Dominique Ingres: alors que le premier lance doctement qu’«il faut être de son temps», le second répond: «Mais si l’époque a tort?» Cette conversation illustre très bien la complexité du débat sur le progrès. «Il faut être absolument moderne», écrivait Arthur Rimbaud dans Une saison en enfer. Mais qu’est-ce garantit que la modernité est nécessairement bonne? La gauche est aujourd’hui face à ce dilemme.

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16:33 Publié dans Réflexions | Lien permanent

26/07/2016

Marianne - La gauche ne sait plus penser le progrès (Marcel Gauchet)

Le rédacteur en chef de la revue "le Débat" vient de signer "Comprendre le malheur français" (Stock). Il s'interroge sur notre difficulté collective - et singulièrement celle des progressistes - à penser le progrès.

Marianne : Que reste-t-il de l'idée de progrès dans la vie politique française aujourd'hui ?

Marcel Gauchet : Il suffit de regarder ce qui se dessine à l'approche du début de la campagne présidentielle : l'offre politique se répartit entre plusieurs discours qui ont un point commun - leur adhésion enthousiaste à la même utopie technologique. Ils vont tous, peu ou prou, nous vanter la magie de l'économie numérique et les promesses de l'ubérisation. Sans parler des bienfaits des nouvelles technologies pour régler le problème scolaire.

Et c'est mal ?

Non, pas du tout, mais c'est à côté des attentes des citoyens. Le plaidoyer hypertechnologique ne peut pas constituer un horizon mobilisateur pour un pays qui a le plus grand mal à s'adapter à la mondialisation et recherche un projet qui fasse sens par rapport à ce qu'il est. Les avancées biotechnologiques et médicales, par exemple, sont inouïes et admirables. Mais le progrès n'est pas la somme de tous les progrès. Le progrès, c'est autre chose : nous héritons de la deuxième moitié du siècle des Lumières (et notamment d'un auteur comme Condorcet) une idée exigeante et complète du progrès, comme amélioration matérielle et morale du genre humain. Or, ces deux améliorations ne sont pas entièrement superposables.

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15:42 Publié dans Réflexions | Tags : marcel gauchet | Lien permanent