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17/07/2018

Sélection été - OFCE - Y aura-t-il un post-capitalisme ? par Branko Milanovic

À propos du livre de Paul Mason, « Postcapitalism: A Guide to our Future », Editions Allen Lane, 2015.  

C’est un livre immensément ambitieux. En moins de 300 pages, Paul Mason explique non seulement les 300 dernières années du capitalisme et les efforts pour le remplacer par un autre système (le socialisme), mais montre comment il sera éventuellement transformé et propose un ensemble de politiques pour aider à cette transformation. De plus, il ne s’agit pas d’un livre superficiel – qui pourrait sembler au premier abord opposer l’énormité du matériel couvert et la taille relativement mince du volume. Il ne faut pas non plus être distrait par le style folklorique utilisé par Mason. Le style peut être journalistique, mais les questions posées, la qualité de la discussion et les objectifs du livre sont de premier ordre.

Le livre peut être lu de plusieurs façons. On pourrait se concentrer sur les trois derniers chapitres qui sont de nature programmatique et destinés à fournir des objectifs positifs à la nouvelle gauche. Ou on pourrait discuter de la croyance de l’auteur dans le développement cyclique du capitalisme conduit par les cycles de Kondratieff à long terme (nous sommes actuellement, selon la lecture de Mason, dans la reprise du cinquième cycle). Ou on pourrait se concentrer sur l’histoire très brève mais puissante des mouvements ouvriers de Mason (chapitre 7) et l’un de ses rares accords avec Lénine selon lequel les travailleurs pourraient au mieux atteindre la « conscience syndicale » et ne pas être intéressés à renverser le capitalisme. Ou on pourrait débattre de l’utilité de la réanimation par Mason de la théorie de la valeur de travail de Marx.

La suite, c'est ici
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09:21 Publié dans Idées | Tags : paul mason, postcapilalisme | Lien permanent

12/07/2018

Sélection été : Fondation Jean jaurès - La République divisée : idées et débats politiques dans la France contemporaine

Emile Chabal, enseignant-chercheur en histoire contemporaine à l’Université d’Édimbourg en Écosse, étudie depuis plusieurs années la culture politique en France depuis 1968. Dans ce dialogue avec Emmanuel Jousse, docteur en histoire de Sciences Po, s’appuyant sur les conclusions de son livre A Divided Republic: nation, state and citizenship in contemporary France (Cambridge University Press, 2015), il revient sur les idées et les langages politiques en France aujourd’hui, mettant ainsi en perspective les bouleversements profonds que vient de connaître la vie politique française.

04/07/2018

L'Aurore - Laurent Bouvet : Vous avez dit idéologie ?

La chute du Mur de Berlin en 1989 a relancé le débat sur la « fin des idéologies » qui a déjà eu lieu au tournant des années 1950–1960. La fin du communisme dans sa formule originelle, soviétique, et son évolution dans les pays s’en réclamant encore (Chine notamment) a toutefois ouvert un moment nouveau de l’histoire contemporaine qui apparaît à bien des égards comme celui du triomphe d’une seule Weltanschaung (conception du monde), celle d’un capitalisme lié à la démocratie libérale. On aurait pu croire que le caractère lui-même profondément idéologique de cette victoire marquait la fin de « l’ère des idéologies » ainsi que l’a nommée Claude Lefort. Aujourd’hui, face au double défi de l’islamisme et du national-populisme, il n’est pas du tout certain que non seulement nous en ayons fini avec les idéologies mais que ce qui a fait le succès de la démocratie libérale liée au capitalisme soit de nature à pouvoir l’emporter à nouveau.  

--   L’idéologie est née comme concept philosophique avec le marxisme (en particulier dans les écrits du « jeune Marx » tels que Critique de la philosophie du droit de Hegel, Manuscrits de 1844, L’Idéologie allemande). L’idéologie apparaît alors comme une « pensée théorique qui croit se développer abstraitement sur ses propres données, mais qui est en réalité l’expression de faits sociaux, particulièrement de faits économiques, dont celui qui la construit n’a pas conscience, ou du moins dont il ne se rend pas compte qu’ils déterminent sa pensée. Très usuel en ce sens dans le marxisme » (Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie).

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20:50 Publié dans Idées | Tags : laurent bouvet | Lien permanent

Sélection été : Non Fiction, Le difficile apprentissage du gouvernement des hommes par les hommes (Marcel Gauchet)

 L'avènement de la démocratie est une quadrilogie de Marcel Gauchet, historien et philosophe, directeur d’études à l’EHESS et rédacteur en chef de la revue Le Débat. Elle a la double ambition de constituer, à la fois, une histoire philosophique du XXe siècle et une théorie de la démocratie. Elle se situe à la suite de son maître livre, intitulé le Désenchantement du monde. Une histoire politique de la religion. Dans cet essai, Gauchet relatait le processus de sortie de la religion qui nous conduit à un monde où les hommes ont comme gageure de se gouverner eux-mêmes.

La création du monde moderne procèderait d’une substitution d’un mode de fondation à un autre : d’une fondation magico-théologique et transcendante à une fondation rationnelle et immanente. Il s’avère, en réalité, que c’est le monde le plus problématique et complexe à maîtriser qui soit. D’où l’enjeu de retracer ce chemin, parsemé d’obstacles et ponctué par des crises. In fine, la modernité se révèle un problème par rapport à elle-même.

Résumé des épisodes précédents

Le premier volume du triptyque, La révolution moderne, s’apparente à un prologue. Marcel Gauchet y dessine le contexte ; il synthétise la révolution de l’autonomie qui s’affirme, entre le XVIe siècle et 1880. Mais, il s'emploie, en premier chef, à cerner, depuis une triple perspective politique, juridique et historique, les trois composantes spécifiques du monde désenchanté. De là la singularité de la démocratie qui procède de la combinaison de ces trois éléments, qui s’avèrent, aussi, son problème.

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18:00 Publié dans Idées | Tags : marcel gauchet | Lien permanent

28/06/2018

Non Fiction - La liberté au fondement de la philosophie marxienne (Stefano Petrucciani )

Marx est le plus souvent lu soit comme un stratège de la lutte des classes aux prises avec les événements de son temps, soit comme un économiste essentiellement porté à mettre au jour les rouages du capitalisme, soit comme un héritier dissident de Hegel. A rebours de ces lectures, Stefano Petrucciani interroge les textes de Marx à partir de questions qu’ont examinées des philosophes anglo-saxons, marqués par Rawls, dans le but de lier sa pensée au modèle libéral, à l’éthique ou à la liberté.

Les apories du modèle libéral

Stefano Petrucciani expose que le but de son livre est d’« analyser de près, et de manière détaillée, les arguments marxiens contre les thèses "libérales", de les comparer ensuite avec les reconstitutions et les critiques qui en ont été proposées dans le domaine de la marxologie "analytique" anglo-saxonne » pour voir quelles sont les limites de la critique du libéralisme par Marx et quelle en est l’actualité. On peut ainsi distinguer deux apories du libéralisme chez Marx.

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11:30 Publié dans Idées | Tags : stefano petrucciani, marx | Lien permanent

26/06/2018

Non Fiction - Quelles places publiques pour la démocratie ?

Le récent « mouvement des places » (Tahrir, Gezi, Maïdan, Puerta del Sol, République, etc.) est étudié par des sociologues. Des historiens se penchent sur le rôle de la configuration des lieux publics au cours des événements. Des spécialistes du baron Hausmann analysent la conception de la place urbaine élaborée par ses équipes pour Paris. Bref, que ce soit en référence à telle ou telle ville, à telle ou telle période, la question des places est désormais centrale alors que sa nouveauté est toute relative.

La centralité qu’elle occupe de nos jours est liée à l’idée d’un « droit à la ville », qui a fait son chemin dans les esprits. Il était temps que les philosophes s’en mêlent plus directement, surtout à une époque où l’on pense ou projette de « reconstruire la société civile » et « l’action collective » à partir de la notion de places publiques. Au demeurant, la philosophe Joëlle Zask, qui s’en empare ici à son tour, n’est pas dupe de ce qu’elle peut apporter à la réflexion politique : pour cette spécialiste de John Dewey, il est exclu de considérer la place comme une cause déterminante des pratiques des individus qui la fréquentent. Mais la place publique peut être abordée comme un facteur qui dispose aux modes de vie démocratiques.

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11:50 Publié dans Idées | Tags : joëlle zask | Lien permanent

17/06/2018

Non Fiction - Entretien avec Patrick Pharo, à propos du « Capitalisme addictif »

Patrick Pharo est sociologue, spécialiste de sociologie de la morale, qu’il a étudiée à partir des interactions courantes des sujets sociaux. Il s’est ensuite intéressé à la dépendance à la drogue et aux politiques publiques la concernant, puis, par extension, à d’autres formes de dépendances, amoureuse ou sexuelle notamment. Il élargit désormais sa réflexion aux dérives addictives du capitalisme, en cherchant à renouer avec l’idéal d’émancipation qui avait animé, un temps, nos sociétés. Il a accepté de répondre à nos questions à l'occasion de la sortie de son nouveau livre : Le capitalisme addictif.

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17:49 Publié dans Idées | Tags : pharo | Lien permanent

16/06/2018

Non Fiction - Bruno Latour : une introduction

Pour ceux qui persistent à croire que va de soi l’idée d’un monde double – avec une face apparente et une face cachée –, qu’existerait donc un arrière-monde placé derrière le décor dans lequel nous nous mouvons, cet ouvrage est à lire avec attention. Il nous conduit à comprendre qu’il nous faut trouver une alternative au cadre intellectuel développé depuis Platon jusqu’à Kant, concernant les conceptions de la science, de la nature, de la politique, de la religion et de la société. Ce qu’on en retient immédiatement, c’est que le philosophe Bruno Latour nous appelle, non pas à percer des apparences, mais à décrire le monde autrement, à apprendre à remanier le rapport entre le dicible et le visible, afin de nous placer différemment dans le monde et par conséquent d’y agir autrement. L’ensemble de cette « introduction » à sa philosophie insiste sur la rupture opérée par Latour avec certaines « traditions », facilitant ainsi l’accès à des travaux qui tiennent à la fois de la philosophie, de l’ethnologie, de l’épistémologie et de la sociologie, et dont la première innovation consiste ainsi à s’affranchir du découpage habituel des savoirs.

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17:38 Publié dans Idées | Tags : bruno latour | Lien permanent

15/06/2018

Anna L. Tsing : les ruines du capitalisme

La Grande table reçoit Anna L. Tsing, professeure américaine d’anthropologie. "Nous vivons déjà parmi les ruines, dans la dévastation. Les champignons peuvent nous aider justement parce qu'ils prospèrent dans des lieux dévastés."

20:50 Publié dans Idées | Tags : anna l. tsing | Lien permanent

09/06/2018

Xerfi - Foucault et Bourdieu face au néo-libéralisme [Christian Laval]

Xerfi Canal a reçu Christian Laval, professeur de sociologie à l'Université de Nanterre, dans le cadre de son livre "Foucault, Bourdieu et la question néolibérale".

10:15 Publié dans Idées, Vidéo | Tags : christian laval, bourdieu, foucault | Lien permanent