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Idées

  • Non Fiction - Le rock comme miroir des évolutions sociales au Royaume-Uni

    Analysé depuis ses origines jusqu'au Brexit, le rock britannique apparaît comme une chronique sociale, reflétant et questionnant les mutations politiques et culturelles.

    Mêlant sociologie, histoire et musicologie, le recueil collectif dirigé par Guillaume Clément et Jérémy Tranmer propose un panorama riche et nuancé de l’histoire culturelle de la Grande-Bretagne, rythmé par l’analyse de chansons emblématiques de la scène rock. Comme l’établit la rigoureuse et fort claire introduction de Guillaume Clément, l’ouvrage s’inscrit dans l’histoire du rock britannique en montrant comment ses différentes formes, depuis ses origines jusqu'à aujourd’hui, entretiennent des liens étroits avec les transformations sociales, politiques et culturelles du Royaume-Uni. La thèse centrale de l'ouvrage est que l’évolution de la scène rock britannique accompagne le plus souvent les mutations visibles de la société : émergence de la jeunesse comme classe de consommateurs dans les années 1950, révolution permissive des années 1960, crise socio-économique et contestation dans les années 1970, ou encore reconfiguration identitaire et politique dans les années 1990 et 2000.

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  • LVSL - Marat : derrière la légende noire, retour sur « l’ami du peuple »

    Dans son Ode à Charlotte Corday, le poète André Chénier, après l’assassinat de Marat, témoigne : « le noir serpent, sorti de sa caverne impure, a donc vu rompre enfin sous ta main ferme et sûre, le venimeux tissu de ses jours abhorrés ! Aux entrailles du tigre, tu vins redemander et les membres livides et le sang des humains qu’il avait dévorés ! ». Le portrait de cette bestialité révolutionnaire (Michelet écrit que « sa grande bouche batracienne ne rappelait pas beaucoup que cet être fut un homme ») est passé à la postérité : Marat est demeuré synonyme des excès et des massacres de la Révolution. Contre cette légende noire, Victor Hugo rappelle qu’il fut aussi « l’ami du peuple » : « Tant qu’il y aura des misérables, il y aura sur l’horizon un nuage qui peut devenir un fantôme, et un fantôme qui peut devenir Marat »[1]. Détracteurs et thuriféraires oublient un élément plus prosaïque : Marat fut un acteur central du premier républicanisme français. Trait d’union entre une bourgeoisie jacobine et des sans-culottes aspirant à refondre l’ordre social, Marat tenta de concilier leurs aspirations – et de pousser la Révolution à un « maximum démocratique[2] » dont il n’est pas certain qu’il ait été dépassé depuis.

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  • La Vie des Idées - Libres, au risque de l’arbitraire ? À propos de : Quentin Skinner, Liberty as Independence. The Making and Unmaking of a Political Ideal, Cambridge University Press

    La liberté que nous invoquons résulte-t-elle du rejet d’un idéal plus exigeant ? Soutenant l’idée que l’indépendance face au pouvoir a cédé la place à une liberté conçue comme simple absence d’entraves, Quentin Skinner identifie une mutation à la racine du discours libéral

    Liberté positive contre liberté négative, liberté des Anciens contre liberté des modernes… L’idée d’une définition du concept de liberté particulière à la modernité a déjà convaincu nombre d’auteurs, qui font le plus souvent écho à Benjamin Constant et à son célèbre discours de 1819. Celui-ci mettait en avant une tension constitutive entre indépendance individuelle et participation politique [1]. Révisant cette distinction pour l’actualiser, Isaiah Berlin [2] (se référant lui-même à Kant), John Pocock [3] ou Philip Pettit [4] ont quant à eux affirmé la spécificité d’une définition républicaine de la liberté, attachée au statut de l’individu, à sa non-sujétion comme citoyen, pour la distinguer d’une vision libérale de la liberté comme possibilité de se réaliser pleinement – et politiquement – sans rencontrer d’obstacle. Ayant lui-même placé la liberté au cœur de son approche de l’histoire de la pensée républicaine, Quentin Skinner entreprend à son tour de reformuler cette opposition à partir des Lumières anglaises.

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  • Non Fiction - La science est-elle en train de devenir un sport de combat ?

    Face à la prolifération de la désinformation et aux attaques contre la science, deux scientifiques américains témoignent et proposent des stratégies de riposte.

    Dans son roman 1984, George Orwell imaginait un « Parti » demandant au héros de son roman d’affirmer que « 2 + 2 = 5 ». Après la lecture de Science Under Siege du climatologue Michael E. Mann et du pédiatre spécialisé dans la vaccination Peter Hotez, on peut se demander si la réalité ne vient pas de dépasser la fiction. Dans cet essai engagé, les deux scientifiques américains montrent comment la science est attaquée politiquement et idéologiquement par les représentants de groupes d’intérêts, tout particulièrement aux États-Unis, notamment via des campagnes de désinformation. En parallèle, nous faisons face aux effets conjugués et dévastateurs des crises climatiques et sanitaires. Or, ces attaques contre la science limitent nos capacités à répondre efficacement à ces menaces, qui s’accentueront dans les prochaines années et décennies.

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  • Le Grand Continent - L’ère de l’hyperpolitique, une conversation avec Anton Jäger

    Anton Jäger — L’un des penseurs les plus brillants de la nouvelle génération a inventé un concept qui semble capturer parfaitement la séquence que nous traversons.

    Comment vivre à l’âge d’une politisation extrême, de plus en plus radicale — mais sans les cadres de la politique ?

    Anton Jäger présente la thèse de son dernier livre : l’hyperpolitique. 
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    Anton Jäger est maître de conférences en histoire des idées politiques et en théorie politique à l’Université d’Oxford. Contributeur régulier du New York Times ou de la New Left Review. Nous le rencontrons à l’occasion de la sortie de son troisième livre, Hyperpolitics : Extreme Politicization without Political Consequences chez Verso Books le 10 février prochain.

    Comment le concept d’hyperpolitique est-il né ?

    À l’origine, de manière presque banale. La première intuition m’est venue au détour d’une conversation avec un ami, en 2021 ou 2022, peu après la grande vague de protestations de l’été 2020 — celles qui ont suivi le meurtre de George Floyd, mais aussi les mobilisations contre les confinements pendant la pandémie de Covid. 

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  • La Vie des idées - Où sont passés les conservateurs ?

    Les conservateurs et les réactionnaires ne doivent pas être confondus : les premiers défendent la démocratie libérale, quand les seconds s’attaquent à ses fondements. Mais le conservatisme est-il encore, aujourd’hui, une force politique et intellectuelle ?

    Le succès planétaire de l’extrême droite est aujourd’hui une évidence. En dépit de séquences surprenantes comme l’élection de Donald Trump en 2016, ce succès est le fruit d’une tendance longue et bien documentée par la science politique. [1] L’arrivée au pouvoir de l’extrême droite rend visibles et audibles des transformations du champ intellectuel de la droite qui passaient auparavant sous les radars. [2] En particulier, l’hégémonie culturelle et politique des États-Unis place les projecteurs sur la nébuleuse d’intellectuels et d’influenceurs réactionnaires qui gravitent autour du trumpisme. [3] À gauche, on s’est beaucoup interrogé sur les raisons du succès de l’extrême droite, et une grande partie de ces interrogations se sont tournées vers la gauche elle-même. Qu’est-ce que la gauche a raté ? Le social-libéralisme était-il une impasse ? A-t-on délaissé les classes populaires ? Ce qu’on s’est moins demandé, c’est : qu’est-ce qui a dysfonctionné à droite ? Pourquoi la droite conservatrice, avec laquelle l’alternance politique était envisageable, s’est-elle montrée incapable de résister à la montée des idées réactionnaires ?

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  • La Vie des Idées - Les inégalités, de père en fils À propos de : Mélanie Plouviez, L’injustice en héritage, La Découverte

    La taxation de l’héritage est très impopulaire, alors que la transmission des patrimoines est la source majeure des inégalités sociales. Au XIXe siècle pourtant, cette taxation et sa légitimité étaient discutées.

    Dans L’injustice en héritage, Mélanie Plouviez envisage la notion d’héritage non pas comme un simple droit privé, mais comme un enjeu politique et philosophique majeur. Après une vaste introduction qui ancre sa réflexion dans l’actualité, son enquête retrace certaines évolutions de la pensée qui a pu s’élaborer au sujet de la transmission du patrimoine, depuis les premières lois révolutionnaires jusqu’aux théories du XIXe siècle qui ont fleuri au sein du mouvement ouvrier en particulier.

    Mélanie Plouviez le rappelle : la grande majorité des ménages n’est en rien concernée par la fiscalité sur l’héritage (dont l’assiette commence aux transmissions de 100 000 euros et plus). Pourquoi alors l’essentiel de la population est-il opposé à toute réforme de l’impôt sur les transmissions ?

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  • La femme que Marx n’a jamais voulu rencontrer : Flora Tristán, l’autodidacte qui aurait pu changer l’histoire du socialisme par María Begoña Pérez Calle Professor of Economics, Universidad de Zaragoza


    Pour Flora Tristán (Paris, 1803-Bordeaux, 1844), la transformation de la société devait être intégrale, et la communication avec les masses laborieuses était aussi importante que la diffusion littéraire de son modèle. C’est pourquoi elle ne se contenta pas d’écrire pour ceux qui pouvaient payer un livre et le lire, mais chercha à sensibiliser directement les classes travailleuses.

    Sa proposition novatrice impliquait un lien indissociable entre la question ouvrière et la question féminine : il n’y aurait pas de libération prolétarienne sans libération des femmes. L’émancipation était donc la condition nécessaire de la justice universelle. Flora Tristán anticipa ainsi des débats qui, bien des années plus tard, occuperaient une place centrale dans les discours féministes.

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  • La Vie des Idées, Hugues Draelants - L’occultation du changement climatique

    Pourquoi la connaissance scientifique ne déclenche-t-elle pas l’action politique requise ? Au-delà du déni ou de l’impuissance, la cause en est peut-être plus profondément dans l’occultation structurelle de nos conditions d’existence.

    En dissimulant les flux matériels et en fragmentant notre perception du monde, la modernité capitaliste a créé un système où la catastrophe est à la fois sue et impensée. Contre ce «

    Le paradoxe de l’hypervisibilité

    Jamais une catastrophe n’a été aussi annoncée, documentée et modélisée. Depuis des décennies, les rapports du GIEC s’empilent avec une précision croissante, les courbes de température s’affolent et les sommets internationaux (COP) saturent l’espace médiatique. Le changement climatique est devenu omniprésent : il est partout sur nos écrans, dans les discours politiques et au cœur des angoisses contemporaines. Nous vivons, en apparence, dans un état d’alerte discursive permanent.

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  • Athènes : la démocratie comme institution de l’intelligence collective - Chloé Santoro (2025)

    12 déc. 2025
    Athènes : la démocratie comme institution de l’intelligence collective
    Conférence de Chloé Santoro, lauréate du prix du Collège de France pour les jeunes chercheuses et les jeunes chercheurs 2025
     
    Jeudi 10 décembre 2025 Après quelques premières expérimentations dans les années 1980, on voit se développer depuis une petite quinzaine d’années des dispositifs politiques fondés sur le tirage au sort et la délibération de citoyens ordinaires. La Convention citoyenne sur la fin de vie (France, 2022-2023) a ainsi été pour Chloé Santoro un précieux terrain d’observation, lui donnant accès à un niveau micro à ces processus par lesquels un groupe de « lambdas » développe peu à peu son discernement. C’est ce que les théoriciens de la démocratie épistémique appellent désormais l’intelligence collective. Or, ce nouveau concept entre en résonance avec un cas historique, à la fois iconique et très mal connu : la démocratie athénienne. Faux ami et faux ancêtre, ce régime politique des Ve et IVe siècles av. J.-C. recouvre un ensemble complexe d’institutions, foncièrement différentes des nôtres, dont à la fois la sophistication et la radicalité démocratique n’ont cessé d’être revues à la hausse par l’historiographie des trente dernières années. Cette intervention soulignera à la fois l’urgence d’une véritable réception, par la théorie politique contemporaine, de ce renouvellement athénien et, réciproquement, la valeur explicative du concept d’intelligence collective pour l’histoire politique d'Athènes. Du point de vue de la philosophie politique, cette rencontre entre l’ancien et le contemporain mène à repenser la démocratie comme un dispositif de production de la décision populaire éclairée.
  • Réconcilier expérience minoritaire et perspective universaliste

    À travers des entretiens avec des représentants de minorités, la philosophe Juliette Speranza invite à concilier prise en compte de la diversité et universalisme.

    Dans un contexte social où les débats autour des questions identitaires cristallisent tensions et incompréhensions, Juliette Speranza propose avec Nous sommes tous des minorités une approche à contre-courant, aussi nuancée qu'éclairante. Loin des polémiques stériles opposant woke et antiwoke, la philosophe et essayiste nous invite à repenser radicalement notre rapport aux différences et aux minorités.

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