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Idées

  • Non Fiction - Rire et pleurer en temps de guerre : entretien avec Artem Chapeye

    L’écrivain-voyageur ukrainien Artem Chapeye nous rappelle dans cet entretien que la sensibilité, l’honnêteté intellectuelle et la curiosité sont des vertus cardinales en temps de guerre.

    Né en 1981 à Kolomyia, dans le sud-ouest de l’Ukraine, Artem Chapeye (Anton Vodiany selon l’état civil) est devenu au fil des deux dernières décennies l’un des grands noms de la littérature ukrainienne et européenne contemporaine. Également journaliste et voyageur, il est traduit dans plusieurs langues, de l’anglais au français en passant par le tchèque, le slovène et le polonais.

    Malgré son pacifisme fondamental, Artem Chapeye s’est engagé dans les Forces armées ukrainiennes pour défendre son pays dès le début de l’invasion à grande échelle. C’est dans ce contexte qu’il a accepté de répondre aux questions de notre collaboratrice Nikol Dziub, qui est également l’une de ses traductrices françaises.

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  • Le Grand Continent - Comment Quentin Skinner a découvert la liberté

    L'un des historiens des idées politiques les plus influents au monde n'accorde pas beaucoup d'entretiens. Il nous a pourtant conviés à prendre le thé chez lui, à Londres, pour parler longuement de Machiavel, de ses mentors à Cambridge, de ses lectures, de ses doutes, de ses inquiétudes.

    Vos travaux se sont principalement concentrés sur la Renaissance italienne. Qu’est-ce qui vous a d’abord intéressé dans la Renaissance ?

    Quentin SkinnerJe crains de devoir commencer par un peu d’autobiographie. Lorsque j’ai obtenu mon diplôme à Cambridge, et que j’ai commencé à faire de la recherche, en 1962, je me suis d’abord concentré sur l’écriture d’ouvrages consacrés à Thomas Hobbes. Puis, en 1965, j’ai été nommé maître de conférences, et l’on m’a principalement demandé de donner un cours général sur la pensée politique européenne du début de l’ère moderne. J’ai donc commencé, de manière conventionnelle, en me concentrant sur la Renaissance italienne. Mais je l’ai fait, en partie, parce que Le Prince et les Discours de Machiavel figuraient parmi les textes obligatoires que les étudiants devaient lire, il fallait donc mettre particulièrement l’accent sur Machiavel.

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  • La Vie des Idées - Une société malade de ses silences

    À propos de : Anne-Lyse Chabert et Gabrielle Halpern, Nos paroles empêchées, L’aube

    Et si l’impossibilité de parler en disait davantage sur la société que sur les individus ? Deux philosophes dialoguent au confluent de l’expérience et du politique.

    Dans ce court volume, deux philosophes dialoguent pour examiner le statut de la parole, sous le prisme des contraintes qui façonnent son expression et sa réception. Point de départ de la discussion, la situation de handicap vécue par les deux autrices lors de leur rencontre – l’une, Anne-Lyse Chabert, fait l’expérience de troubles d’élocution liés à une maladie neurodégénérative ; l’autre, Gabrielle Halpern, est concernée par un bégaiement – n’est qu’une porte d’entrée qui vient scruter, plus largement, ce que la parole signifie à l’échelle des individus, des interactions interpersonnelles, et des sociétés.

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  • PhiloMag - Entretien avec Lea Ypi, la philosophe qui veut réinventer le socialisme

    Comment peut-on se dire socialiste quand on a vécu son enfance dans une Albanie communiste coupée du monde ? C’est l’un des paradoxes de la philosophe Lea Ypi. Invitée à une chaire au Collège de France cette année, elle parvient à concilier l’idéal de liberté de Kant, le souci de justice sociale de Marx et de Jaurès et une histoire familiale des plus mouvementées. Dans notre tout nouveau numéro, nous avons interrogé cette funambule de la pensée.

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  • Emanuele Coccia "Traité de l’amour moderne"

    France Inter - 

    Le philosophe Emanuele Coccia, invité de la 20e heure pour "Traité de l’amour moderne" (Flammarion), voit dans l’amour une force structurante, une "technologie risquée de chirurgie de l’âme". Avec Emanuele Coccia Philosophe, maître de conférences à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS)

    À l'occasion de la sortie de son ouvrage Traité de l'amour moderne (Flammarion), le philosophe et maître de conférences à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Emanuele Coccia invite à repenser l'amour. Loin de le réduire à une simple émotion romantique, il le présente comme une force structurante de notre société, de notre économie et de notre rapport aux objets.....

    L’amour comme pilier de la modernité et de l’économie

    Délaissant les visions littéraires conventionnelles, Coccia identifie l'amour comme une « institution », influençant profondément l'économie et le domaine professionnel. Il rappelle que dans l’histoire, le « choix érotique » des parents détermine souvent la circulation des richesses. Pour lui, tout produit humain, qu’il s’agisse d’un livre, d’une voiture ou d’un bijou, est le fruit d’une passion : « Tout ce qui est beau, au fond, c'est de l’amour fossile en fait, qui s’est juste sédimenté dans nos choses. » L’amour est ainsi présenté comme « une technologie de transformation de soi », une force qui nous pousse à sculpter notre âme à l’image de ce que nous aimons.

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  • La Vie des Idées - La machine qui crée À propos de : Jim Gabaret, L’Art des IA, Presses universitaires de France

    On s’inquiète beaucoup des conséquences que l’IA pourrait avoir sur les pratiques artistiques, l’homme pouvant être ainsi remplacé par la machine. Mais on n’est pas assez sensible à ses apports et à ses effets esthétiques nouveaux.

    L’ambition première de L’Art des IA de Jim Gabaret est de traiter philosophiquement des IA génératives en mettant d’abord de côté les inquiétudes sociales et politiques qui entourent actuellement l’usage artistique des IA (on pense, par exemple, à la double inquiétude des illustrateurs et artistes 3D de voir leur travail passé pillé et leur travail futur compromis par l’usage de ces outils par des commanditaires qui recouraient jusque-là à leurs services) pour pouvoir évaluer sereinement et plus complètement le potentiel et la réalité de ces machines (p. 14-15).

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  • Fondation Jean Jaurès - Reconstruire un discours progressiste sur la nation

    Pour sa première étude, l’antenne de la Fondation Jean-Jaurès à Sciences Po Lille s’attaque à l’épineux sujet du discours national et de la position de la gauche par rapport à ce discours. C’est à un nouveau récit national – qui se fait la promotion d’une nation inclusive et populaire, avec la volonté de « créer du commun », tout en refusant les écueils du « nous » contre « eux » – que cette nouvelle génération a souhaité apporter sa contribution. Une forme de roman national de gauche pour hier, pour aujourd’hui, mais surtout pour demain.  

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  • Le Grand Continent - Le fondateur de Palantir Alexander Karp a-t-il vraiment été l’élève d’Habermas ? Entretien exclusif avec sa directrice de thèse

    Karola Brede — L’école de Francfort est-elle à l’origine de Palantir ?

    Dans les années 1990, un jeune doctorant américain arrive en Allemagne obsédé par une question : comment l’agression peut devenir un intégrateur social.

    Karola Brede a dirigé la thèse d’Alexander Karp. Elle a également été aux premières loges de sa querelle avec Habermas.

    Elle prend la parole pour la première fois. 

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  • Non Fiction - Le rock comme miroir des évolutions sociales au Royaume-Uni

    Analysé depuis ses origines jusqu'au Brexit, le rock britannique apparaît comme une chronique sociale, reflétant et questionnant les mutations politiques et culturelles.

    Mêlant sociologie, histoire et musicologie, le recueil collectif dirigé par Guillaume Clément et Jérémy Tranmer propose un panorama riche et nuancé de l’histoire culturelle de la Grande-Bretagne, rythmé par l’analyse de chansons emblématiques de la scène rock. Comme l’établit la rigoureuse et fort claire introduction de Guillaume Clément, l’ouvrage s’inscrit dans l’histoire du rock britannique en montrant comment ses différentes formes, depuis ses origines jusqu'à aujourd’hui, entretiennent des liens étroits avec les transformations sociales, politiques et culturelles du Royaume-Uni. La thèse centrale de l'ouvrage est que l’évolution de la scène rock britannique accompagne le plus souvent les mutations visibles de la société : émergence de la jeunesse comme classe de consommateurs dans les années 1950, révolution permissive des années 1960, crise socio-économique et contestation dans les années 1970, ou encore reconfiguration identitaire et politique dans les années 1990 et 2000.

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  • LVSL - Marat : derrière la légende noire, retour sur « l’ami du peuple »

    Dans son Ode à Charlotte Corday, le poète André Chénier, après l’assassinat de Marat, témoigne : « le noir serpent, sorti de sa caverne impure, a donc vu rompre enfin sous ta main ferme et sûre, le venimeux tissu de ses jours abhorrés ! Aux entrailles du tigre, tu vins redemander et les membres livides et le sang des humains qu’il avait dévorés ! ». Le portrait de cette bestialité révolutionnaire (Michelet écrit que « sa grande bouche batracienne ne rappelait pas beaucoup que cet être fut un homme ») est passé à la postérité : Marat est demeuré synonyme des excès et des massacres de la Révolution. Contre cette légende noire, Victor Hugo rappelle qu’il fut aussi « l’ami du peuple » : « Tant qu’il y aura des misérables, il y aura sur l’horizon un nuage qui peut devenir un fantôme, et un fantôme qui peut devenir Marat »[1]. Détracteurs et thuriféraires oublient un élément plus prosaïque : Marat fut un acteur central du premier républicanisme français. Trait d’union entre une bourgeoisie jacobine et des sans-culottes aspirant à refondre l’ordre social, Marat tenta de concilier leurs aspirations – et de pousser la Révolution à un « maximum démocratique[2] » dont il n’est pas certain qu’il ait été dépassé depuis.

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