Charles Pépin répond tous les samedis aux auditeurs d'Inter. Et parmi les très nombreuses questions, il a choisi celle de Nathalie : "Je voudrais savoir si la liberté inclue toujours une forme de solitude...". La question philo par Charles Pépin dans le 6/9 de France Inter (27 Janvier 2024) Retrouvez toutes les chroniques de Charles Pépin sur https://www.radiofrance.fr/franceinte...
Idées - Page 3
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La liberté inclue-t-elle toujours une forme de solitude ? La question philo de Charles Pépin
29 janv. 2024 -
Clément Viktorovitch - Enseignement : le théâtre est-il la clé de l’oralité ?
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La Vie des idées - Le capitalisme contre la démocratie À propos de : Quinn Slobodian, Les Globalistes : une histoire intellectuelle du néolibéralisme, Seuil
Q. Slobodian retrace la généalogie du néolibéralisme, scientifique d’abord, économique ensuite, et politique enfin. Il est au moins autant l’œuvre intellectuelle des juristes qu’il se matérialise dans les thérapies de choc des institutions financières internationales.
Aucun ordre concurrentiel n’est possible sans intervention publique. Dans le cas contraire, laissez-faire signifie bientôt laissez-mourir. Karl Polanyi l’avait compris dès les années 1940 : le postulat d’un marché auto-régulé sur lequel s’est fondé le libéralisme classique est non seulement une ineptie intellectuelle, mais une aberration macroéconomique qui n’a rien de moins que précipité le monde dans les bras du fascisme. Foudroyé lors du Jeudi noir d’octobre 1929, ce libéralisme « veille école » est rené de ses cendres, sous une forme plus débridée encore, un demi-siècle plus tard. Communément, on estime que le développement de ce néolibéralisme a été conditionné par le démantèlement préalable des institutions publiques. Or, au cours des quarante dernières années, on a davantage assisté à un redéploiement de l’État qu’à un simple retrait. La nouvelle mission confiée à nos appareils institutionnels a précisément été de bâtir, au niveau planétaire, un nouvel ordre économique basé sur le fondamentalisme de marché : « l’ordoglobalisme ». Néologisme formé en référence à la pensée ordolibérale allemande, il désigne l’application d’un interventionnisme pro-marché à l’échelle non plus seulement nationale, mais mondiale.
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Le meilleur de 2023 - Non Fiction - Les métamorphoses du lien social
Comment tiennent et se maintiennent les sociétés ? En montrant à la fois la force et la vulnérabilité des liens entre les individus, Serge Paugam explore les formes de l'« attachement social ».
Dans son ouvrage intitulé L'Attachement social, le sociologue Serge Paugam reprend à nouveaux frais la question ancienne de la solidarité en tant que rapport social. Depuis le XVIIe siècle et les théories du contrat social, on a tendance à penser les comportements sociaux à l'aune d'une supposée nature humaine : « bonne » selon les uns, et naturellement encline à des comportements altruistes ; « mauvaise » selon les autres, et contrainte par les normes sociales à se préoccuper du sort des autres.
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Le meilleur de 2023 - Le Droit de Vivre : Penser l’hétérogénéité : de la nécessité au devoir civique par Martine A. Pretceille, professeur émérite des Universités
Notre époque est marquée autant par le retour des intégrismes, des nationalismes et des ethnismes, de toutes les variantes identitaires que par une mondialisation du quotidien. Il est urgent de sortir d’une logique de racialisation de la différence, par un véritable apprentissage du complexe et de l’hétérogénéité.
Il se développe actuellement des discours inflationnistes sur la crise des valeurs, discours qui sont accompagnés de propos moralisateurs en direction des jeunes, des « immigrés », des « jeunes des banlieues ». En réalité, ce qu’on appelle une « crise des valeurs » correspond surtout à un déficit dans l’énonciation collective de ces valeurs. En effet, les jeunes nous montrent souvent l’exemple de la tolérance et de la solidarité à l’occasion d’événements ponctuels pas nécessairement rattachés à des mouvements politiques ou à des associations.
Si la question des valeurs se pose aujourd’hui, c’est moins par rapport à cette impression de disparition que par rapport à l’hétérogénéité de plus en plus forte du tissu social. Si cette hétérogénéité est liée à l’immigration, il ne faudrait surtout pas la réduire à l’immigration. En effet, la mondialisation des échanges, la construction européenne, l’importance des médias dans la vie quotidienne, la proximité du lointain, les échanges touristiques, la diffusion des arts, etc. sont autant de facteurs qui contribuent à rendre le quotidien complexe et divers.
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Le meilleur de 2023 - Charlie Hebdo, Gilles Raveaud - Entretien. Vincent Pons : « La désertion démocratique n’est pas une fatalité »
Vincent Pons enseigne l’économie à la Harvard Business School, aux États-Unis. À 39 ans, il vient de recevoir le « Prix du Meilleur Jeune Économiste français » décerné par le Cercle des économistes et « Le Monde ». Il nous explique comment les expériences qu’il a menées permettent de lutter contre l’abstention.
D’abord intéressé par la philo, dont il détient une maîtrise, Vincent Pons s’est progressivement tourné vers l’économie. Après avoir travaillé pour la Prix Nobel Esther Duflo durant un an, au Maroc, il décide d’utiliser des méthodes expérimentales pour lutter contre l’abstention aux élections. Et se retrouve ainsi à participer à la victoire de François Hollande en 2012. Il nous raconte.
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Le sexisme implicite Entretien avec Toni Schmader
Que ce soit au travail, à l’école ou dans les relations personnelles, les préjugés sexistes implicites sont toujours bien présents. De plus, malgré les nombreuses tentatives de prévention des stéréotypes et de leurs effets, ils continuent d’affecter les performances, les préférences et les opinions des individus.
Toni Schmader est psychologue sociale, spécialisée dans la psychologie culturelle, et s’intéresse notamment aux questions liées au genre et à l’identité. Elle est professeure au département de psychologie de l’université de Colombie-Britannique et directrice du consortium Engendering Success in STEM. Ses travaux explorent la manière dont les stéréotypes, en particulier ceux liés au genre, peuvent avoir un impact sur divers aspects de la vie des individus, y compris leurs performances académiques et professionnelles.
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Le Vent se léve - « Le gaullisme social a aujourd’hui encore une audience » – Entretien avec Pierre Manenti
L’opposition d’une partie des députés Les Républicains au projet de réforme des retraites porté par le gouvernement a fait rejaillir dans le débat public une expression aux contours flous, et pourtant récurrente : le gaullisme social. Quelle définition donner à ce concept qui a traversé plus d’un demi-siècle de vie politique ? Le général de Gaulle lui-même avait-il théorisé ce courant ? Quelle est d’ailleurs la part de réalité et celle du mythe derrière l’action « sociale » du Général ? Auteur d’une Histoire du gaullisme social (Perrin, 2021), Pierre Manenti, conseiller politique, retrace la généalogie et l’héritage de cette tradition politique qui a marqué la IVe et la Ve République de son empreinte. Des « gaullistes sociaux » aux « gaullistes de gauche », cette histoire ne se résume pas à quelques trajectoires individuelles. Au contraire, elle s’est traduite, selon l’auteur, dans des organisations politiques et syndicales qui ont cherché à reconcilier Capital et travail auprès du monde ouvrier, tout en défendant l’héritage du Conseil national de la Résistance. Au risque de servir de caution de gauche aux tendances plus conservatrices du gaullisme ? Entretien réalisé par Léo Rosell et retranscrit par Guillemette Magnin.
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La Vie des Idées - John Stuart Mill, entre élitisme et démocratie
Entre histoire des idées et essai politique, Camille Dejardin veut montrer que l’œuvre de John Stuart Mill nous est utile pour penser les enjeux contemporains, à commencer par la crise écologique et les transformations de l’économie qu’elle appelle. Au prix de quelques demi-vérités ?
Quelle actualité peut avoir la pensée de Mill, tout juste 150 ans après sa mort ? C’est à établir sa fécondité pour le XXIe siècle que s’attache Camille Dejardin dans son ouvrage John Stuart Mill, libéral utopique. Actualité d’une pensée visionnaire. Prenant acte de l’échec de la pensée libérale contemporaine à répondre aux crises traversées par les sociétés occidentales, elle soutient que la dimension utopique du libéralisme millien lui permet de ne pas connaître le même destin que ses avatars contemporains. Ceux-ci se présentent sous deux formes principales : celle du « néolibéralisme », qui refuse d’abandonner le modèle économique de la croissance au profit d’une gestion raisonnée des ressources naturelles ; celle des « politiques de la différence » (p. 80), dont la reconnaissance d’identités plurielles et le soutien au multiculturalisme « peut confiner au communautarisme » (p. 148). Face à ce « libéralisme désormais dévoyé ou mal compris » (p. 27), le retour aux thèses de Mill doit permettre de concevoir un « libéralisme utopique » qui pourrait bien constituer l’avenir du libéralisme contemporain.
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Non Fiction - Réseaux sociaux et démocratie : l'analyse d'Habermas
Jürgen Habermas revient dans cet ouvrage sur le concept d'« espace public » en prenant en compte l'influence des réseaux sociaux et la manipulation qu'ils peuvent exercer sur la société civile.
Jürgen Habermas théorise depuis longtemps ce qu'il nomme l’« espace public » : un ensemble de personnes privées rassemblées pour discuter des questions d’intérêt commun. Cette idée prend naissance dans l’Europe moderne, lorsque se constituent des espaces publics bourgeois, en contrepoids des pouvoirs absolutistes. Dans les démocraties, cet « espace public » est – ou devrait être – au centre de la vie politique. Avec ce nouvel ouvrage, Habermas s'efforce ainsi de penser une « démocratie délibérative », caractérisée par une méthode de décision politique exercée en commun : une méthode par laquelle la volonté politique commune résulte d'une délibération organisée dans l'espace public
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France Culture - Claire Marin : chacun cherche sa place
Claire Marin est professeure de philosophie en classes préparatoires aux grandes écoles et membre associée de l’ENS-Ulm. Elle est notamment connue pour son ouvrage "Rupture(s)" (L’Observatoire, 2019), qui revenait sur l’effet des ruptures sur notre existence et notre identité. Avec "Être à sa place" (coll. “La relève”, éditions de L’Observatoire), elle s’intéresse à l'injonction à trouver sa place, à être à sa place.
Car ne pas avoir sa place peut être vécu comme une souffrance dans une société qui tend à catégoriser. Mais aussi comme une richesse. Si l’on se réconforte dans la familiarité des lieux connus, que ce soit la famille, les amis, une discipline dans laquelle on est à l’aise, la richesse est aussi dans le fait de se confronter à la nouveauté. Sommes-nous finalement les mieux placés pour savoir quelle est notre place ?
Contre l’idéal d’une chambre à soi, et l'illusion selon laquelle "il y aurait un lieu géographique, spatial, identifiable qui me permettrait mieux que les autres d'être moi-même", Claire Marin met en doute le pouvoir magique des seuls lieux. Parfois, c’est en nous-même qu’il faut chercher notre place. Elle évoque ainsi le "vrai lieu" d'Annie Ernaux, l'auteure de "La Place", qui elle se trouve et se retrouve dans l'écriture.