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23/02/2019

France Culture - La France est-elle trop généreuse avec les chômeurs ?

Le système d'assurance chômage est-il efficace ? C'est la question au cœur des Idées Claires, notre programme hebdomadaire produit par France Culture et franceinfo destiné à lutter contre les désordres de l'information, des fake news aux idées reçues.

11:51 Publié dans Vidéo | Tags : chomage | Lien permanent

19/02/2019

Observatoire des inégalités - Le taux de chômage selon le diplôme et l’âge

Le taux de chômage des non-diplômés est quatre fois supérieur à celui des diplômés d’un niveau supérieur à bac + 2. Le diplôme est plus que jamais un atout pour accéder à l’emploi.

Le taux de chômage des non-diplômés est près de quatre fois plus élevé que celui des personnes qui disposent d’un diplôme supérieur à bac + 2 en 2017 [1], et trois fois plus élevé que pour ceux qui ont un diplôme de niveau bac + 2. On compte 5 % de chômeurs chez les détenteurs d’un diplôme supérieur à bac + 2, contre 18,3 % chez les non-diplômés. Le diplôme demeure une arme essentielle dans l’univers professionnel, que ce soit pour entrer sur le marché du travail ou pour y progresser ensuite.

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07/02/2019

L'actualité des socialistes du 25 au 31 janvier

L'INVENTAIRE

Le Monde - « Je ne veux rien laisser sous le tapis » : Olivier Faure fait un inventaire implacable de la présidence Hollande

Alors que se profilent les élections européennes, le premier secrétaire du PS a rappelé les « trahisons » envers les électeurs socialistes.

Les badges donnés à l’entrée du siège du Parti socialiste à Ivry (Val-de-Marne) annonçaient la couleur : « Devoir d’inventaire ». Comme un revival de l’année 1995, quand Lionel Jospin, alors candidat PS à la présidentielle, réclamait ce même impératif pour le bilan du septennat de François Mitterrand, en déclarant « n’est-ce pas cela l’attitude de la raison (…) de l’esprit critique et de l’esprit de progrès ? »

Libé - Olivier Faure étrille le quinquennat de François Hollande

Le premier secrétaire du PS a reproché les réformes «sans projet de société vraiment explicite» du président socialiste et parle de «trahisons» concernant la déchéance de nationalité et la loi travail.

.... En avril 2018, après sa nomination, Olivier Faure, un socialiste pas très connu du grand public qui a fait ses dents dans l’ombre des éléphants, avait prévenu son monde : l’inventaire du quinquennat de François Hollande sera réalisé afin de se reconstruire, retrouver une crédibilité aux yeux des militants et des autres familles de gauche. Comprendre : le futur est impossible sans régler les histoires du passé. Il n’a pas fait semblant.

REVENU DE BASE

Les Echos - Les socialistes repartent à la charge sur le revenu de base

La proposition de loi des députés PS est débattue ce jeudi à l'Assemblée. L'exécutif reste pour le moment sourd à leur demande d'expérimentation.

C'est leur autre grande bataille du moment. Non content de pousser un  référendum d'initiative citoyenne dans l'espoir de rétablir l'ISF , les socialistes remontent à la charge sur le revenu de base. Les députés PS avaient décidé, il y a plusieurs mois, d'utiliser leur « niche parlementaire » - une fenêtre permettant aux groupes minoritaires d'être maître de l'ordre du jour - pour imposer un débat sur leur proposition de loi visant à expérimenter ce dispositif, pendant trois ans, dans dix-huit départements volontaires (tous à gauche).

Fondation Jean Jaurès - Revenu de base : de l’utopie à l’expérimentation

Le revenu de base peut-il être financièrement soutenable, socialement audacieux et scientifiquement crédible ? Depuis trois ans, la Fondation Jean-Jaurès dans le cadre des travaux de son Observatoire de l’expérimentation et de l’innovation locales, la Gironde puis treize et enfin dix-huit départements y travaillent. Au plus près des réalités du terrain, la démarche se veut démocratique – avec deux grandes enquêtes citoyennes –, technique – avec des modèles simulés par le CEPREMAP et l’IPP – et, surtout, collective – avec l’implication des acteurs des territoires et de nombreux experts.

Cet essai expose les points essentiels de ce grand chantier d’innovation sociale, ainsi que la proposition de loi à laquelle il a abouti. Visant à permettre l’expérimentation de ce modèle de revenu de base, celle-ci porte la conviction que la capacité donnée à nos territoires de tester des solutions neuves sera demain l’un des actes majeurs de modernisation publique.

Valérie Rabault - Expérimenter un revenu de base : c’est quoi ?

Chaque groupe parlementaire dispose à l’Assemblée nationale d’une ou 2 journées de séance au cours desquelles il inscrit au débat des propositions de loi qu’il souhaite voir adopter. Hasard du calendrier, la journée Députés Socialistes et apparentés est programmée le jeudi 31 janvier 2019, soit pendant le grand débat. C’est donc à mes yeux un test pour la majorité, pour voir si elle accepte de débattre et aussi d’accepter des propositions qui n’émanent pas de ses rangs. Dans le cas contraire, je serais tentée de conclure que l’ouverture affichée pour le grand débat n’est que de façade.

Valérie Rabault sur LCI

PROPOSITION DE LOI d’expérimentation territoriale visant à instaurer un revenu de base

UNE AUTRE VOIE

La Tribune - Le Grand débat national, une occasion de changer de voie, Par Dominique Méda, Eric Heyer et Pascal Lokiec

Les enquêtes d’opinion mettent en évidence l’impérieuse nécessité de changer de voie, tant celle qui a été suivie depuis plus de trente ans s’apparente à une impasse. Par Dominique Méda, Université Paris Dauphine – PSL; Eric Heyer, Sciences Po – USPC et Pascal Lokiec, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

De nombreux commentateurs ont mis en évidence les fortes limites dans lesquelles le président de la République avait encadré le « Grand débat », notamment en écrivant, dans la Lettre aux Français :

« Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela afin d'encourager l'investissement et faire que le travail paie davantage. »

Ces limites risquent néanmoins de ne pas être respectées alors que les enquêtes d'opinion mettent en évidence l'impérieuse nécessité de changer de voie, tant celle qui a été suivie depuis plus de trente ans s'apparente à une impasse.

Une autre voie est possible, Éric Heyer, Pascal Lokiec, Dominique Méda

La France serait le seul des grands pays d’Europe à avoir un taux de chômage élevé, une croissance faible et une dette abyssale. Nous serions les seuls à avoir conservé un Code du travail lourd et rigide, un modèle social affreusement coûteux, et à ne pas encore avoir mené les réformes permettant de nous adapter à la fois à la mondialisation et à la révolution technologique.

PLACE PUBLIQUE

Le Monde - Place publique ne veut pas être « une chapelle de plus à gauche »

Le mouvement de Raphaël Glucksmann tenait un meeting mardi soir à Paris et a réitéré son appel à un rassemblement en vue des élections européennes de mai.

Ils ne s’en cachent pas : l’essayiste Raphaël Gluckmann, l’écologiste Claire Nouvian et l’économiste Thomas Porcher, les trois leaders de Place publique, veulent mettre « la pression » sur la gauche à moins de cinq mois des élections européennes. Le mouvement tenait un meeting mardi 29 janvier dans la soirée à l’Elysée-Montmartre à Paris (18e). Le succès était au rendez-vous. La salle était pleine à craquer et plusieurs centaines de personnes ont dû rebrousser chemin, malgré une longue attente sous la pluie.

Libé - Place publique : les «Bisounours» mettent la pression sur la gauche

Le mouvement lancé par Raphaël Glucksmann a tenu mardi à Paris un meeting qui a pour la première fois donné à voir l'esquisse d'une réconciliation des formations des gauches, que Place publique appelle de ses vœux en vue des européennes.

Mardi soir, à Paris, Place publique a fait le plein. Du monde partout. À l’intérieur et à l’extérieur de l’Elysée Montmartre. Des citoyens, des politiques, dont l'édile de la capitale, Anne Hidalgo. À quelques mois des Européennes, la foule est acquise au rassemblement de la gauche et des écologistes. Raphaël Glucksmann, mégaphone à la main, a affronté le froid pour s’adresser aux déçus, ceux coincés dehors. Du réconfort. Des mots doux sous les flocons. Un joli clip capté par les caméras.

Place Publique - Le Parisien - Européennes : «Nous avons deux mois pour réunir la gauche», affirme Glucksmann

Le fondateur du mouvement Place Publique veut fédérer le PS, les Verts et Génération-s et mettre en place une liste commune en vue des européennes.

Place Publique est un « mouvement politique 100 % société civile » créé en décembre 2018 pour rassembler la gauche proeuropéenne. Face au conservatisme des appareils, l’essayiste Raphaël Glucksmann donne deux mois au PS, à EELV et à Generation-s pour constituer une liste commune aux européennes. Au risque sinon de mourir.

INEGALITES

Observatoire des inégalités - Tel père, tel fils ? L’inégalité des chances reste élevée

Les fils de cadres deviennent cinq fois plus souvent cadres que les fils d’ouvriers. La mobilité sociale existe toujours, mais elle est bien moins forte qu’auparavant. L’égalité des chances est encore loin. Extrait du Centre d’observation de la société.

En 2014, pas moins de 47 % des fils de cadres supérieurs étaient eux-mêmes cadres sup, contre moins de 20 % de l’ensemble des fils et moins de 10 % des enfants d’ouvriers (les tableaux se lisent horizontalement), selon l’Insee. L’égalité des chances est bien lointaine puisque les fils de cadres deviennent cinq fois plus souvent cadres eux-mêmes que ceux d’ouvriers. Les trois quarts des enfants de cadres supérieurs sont restés dans leur catégorie sociale ou sont situés parmi les professions intermédiaires.

GILETS JAUNES

Quelles que soient les causes structurelles, ce sont deux éléments ponctuels qui ont, selon le sociologue Pierre Merle, alimenté le sentiment d’injustice et déclenché la révolte des gilets jaunes : l’inéquité fiscale et l’inadéquation écologique.

Les analyses du mouvement de protestation des gilets jaunes sont multiples. Certaines approches sont structurelles et ont pour projet de montrer que ce mouvement de protestation était en germe depuis plusieurs années, voire des décennies. Cette contribution privilégie une autre temporalité. Elle a pour objet de comprendre pourquoi les protestations des gilets jaunes ont émergé spécifiquement en cette fin d’année 2018. Les pratiques de pouvoir de l’actuel gouvernement ont été suffisamment analysées – spécifiquement les « petites phrases » du président – pour qu’il ne soit plus utile de les présenter. Par contre, les politiques socio-fiscales mises en œuvre et leur inadéquation à la question de la transition écologique constituent deux ruptures qui ont largement contribué à l’émergence d’un mouvement social inédit par son ampleur et sa durée.

REFERENDUM

L'Obs - "Gilets jaunes" : quand l'ultra-démocratisme menace la démocratie

Selon Henri Weber, ancien sénateur et député européen, expert-associé à la Fondation Jean-Jaurès, il est possible de détruire la démocratie par excès.

Le mouvement des "gilets jaunes" est en lui-même une critique vivante de la "démocratie directe" qu'il prétend incarner et qu'il désire instituer. Le refus farouche d'élire des représentants, au nom de la stricte égalité entre tous les membres du mouvement, débouche, comme toujours, sur la désignation de représentants autoproclamés, non élus, non mandatés, incontrôlés, choisis et promus par les médias selon les critères qui leur sont propres : ces porte-parole feront-ils de bonnes audiences ? Seront-ils de "bons clients" ? Assureront-ils durablement le "show" ? Le banc d'essai de ce choix sont les réseaux sociaux où les futurs leaders révèlent leurs qualités médiatiques et font la preuve de leur potentiel d'influence.

OBSERVATOIRE DES INEGALITES

Observatoire des inégalités - Prendre (enfin) en compte le malaise des classes populaires et moyennes

Les politiques publiques doivent d’urgence répondre au malaise des classes populaires et moyennes. En agissant sur trois grands leviers : réformer l’école, s’attaquer au poids des hiérarchies et aux conditions de travail et, enfin, œuvrer pour un système fiscal plus juste. Par Valérie Schneider, de l’Observatoire des inégalités.

Les discours des catégories dirigeantes et culturellement privilégiées ne dupent pas les moins favorisés. Ces derniers demandent des actions concrètes et visibles pour, enfin, améliorer leur situation, à l’école, au travail et en matière de niveau de vie notamment. Faire en sorte que le décalage entre ces catégories et celles du haut de la hiérarchie ne se creuse pas davantage est une urgence au moment où les tensions sociales se font entendre. Comment s’y prendre ?

CONTRATS COURTS

OFCE - Pour une régulation économique des contrats courts sans contraindre les entreprises, en préservant l’assurance chômage par Bruno Coquet et Eric Heyer

L’OFCE et la Délégation du Sénat pour les entreprises ont récemment publié un rapport ayant trait à l’opportunité et aux moyens de réguler l’usage des contrats courts. La première partie dessine le cadre économique et dresse un bilan du développement des contrats courts en France au cours des trente dernières années, puis met en évidence les déterminants de leur usage croissant. La seconde partie tire les conséquences de cette segmentation du marché du travail du point de vue de l’assurance chômage, et montre qu’il est nécessaire de réguler l’usage des contrats courts avec des instruments économiques, respectueux des mécanismes de marché. Ces travaux éclairent les nouvelles négociations des règles de l’assurance chômage engagées par les partenaires sociaux, à la demande du gouvernement.

JUSTICE

Le Figaro - Grand débat: les sénateurs PS veulent intégrer la réforme de la justice

Les sénateurs socialistes demandent au gouvernement d'intégrer la réforme de la justice au grand débat national et de reporter la suite de son examen par le Parlement.

Le projet de loi sur la réforme de la Justice, adopté en première lecture dans des versions différentes par l'Assemblée nationale et le Sénat, "fait l'objet de très vives critiques de la part de nombreux acteurs de la Justice", souligne le groupe socialiste du Sénat aujourd'hui dans un communiqué. "Il suscite de grandes inquiétudes dans les territoires qui voient disparaitre toujours plus de services publics", ajoute-t-il, invitant "la ministre et le gouvernement à reporter l'examen du texte qui ne peut être adopté alors qu'un grand débat national est proposé aux citoyens".

CHOMAGE

Jean Gadrey - Macron a tout faux sur les chômeurs et les soi-disant « assistés » 

Les innombrables petites phrases d’Emmanuel Macron sur le sujet ne sont pas des dérapages, vu qu’il les enchaîne avec une régularité de métronome. Nous allons donc en avoir d’autres dans les mois à venir avec ce « grand débat » transformé en campagne préélectorale, dont l’objectif secondaire est l’espoir de tenir les gilets jaunes à distance : les gilets gênent.

Les deux dernières en date ont été prononcées à l’occasion de ses rencontres fort bien organisées, filtrées et encadrées (voir ce témoignage) avec des maires, la première fois dans l’Eure, la seconde à Souillac. Dans l’Eure, à Gasny, le 15 janvier, c’était : "Les gens en situation de difficulté, on va davantage les responsabiliser car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent". À Souillac, le 18 janvier : "certains ont plus intérêt à travailler quatre à six mois, se remettre au chômage et trouver des combines à côté".

PACTE

Public Sénat - Projet de loi Pacte : le groupe PS, en « désaccord » avec plusieurs articles, veut faire « bouger les lignes »

Le groupe socialiste du Sénat aborde la discussion du projet de loi pour la transformation et la croissance des entreprises avec de nombreuses réserves et inquiétudes, qu’il s’agisse des privatisations ou des modifications sociales. Il promet une bataille pour proposer une autre ligne.

Après les débats budgétaires de la fin 2018, le Sénat s’apprête à réaliser un nouveau marathon législatif, en examinant à partir ce mardi les quelque 200 articles du projet de loi Pacte, ou plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises. Ce texte dense – « fourre-tout » diront certains de ses détracteurs – contient une batterie de mesures économiques pour lever les contraintes et simplifier la vie des entreprises (notamment les PME), favoriser l’intéressement des salariés, ou encore organiser la cession de plusieurs actifs de l’État. Pour le groupe socialiste du Sénat, les points d’alerte sur ce texte transmis par l’Assemblée nationale sont nombreux.

CLIMAT

La Vie des idées - Dossier : Qui sauvera le climat ?, Des entreprises sobres et responsables : Crise climatique, crise du capitalisme

La crise climatique exige que l’on envisage l’entreprise comme un « commun », et qu’on la mette au service de la protection des biens communs immatériels et matériels qui, seuls, permettent d’envisager l’émancipation de tous.

En France, un récent projet de loi a fait de la transformation de l’entreprise l’un des défis majeurs du XXIe siècle. Si ce projet n’abordait pas une seule fois les problèmes que posent à notre modèle économique le changement climatique ou la perte de biodiversité, la question de la transformation du modèle d’entreprise reste d’autant plus urgente qu’aucun État de l’Union européenne n’est aujourd’hui en mesure, dans le cadre des politiques économiques en vigueur, d’infléchir ses émissions de gaz à effet de serre en vue de tenir les objectifs fixés dans l’Accord de Paris pour maintenir le réchauffement global sous la barre des 1,5 °C.

GRAMCISTE

Le Vent se lève - « Le capitalisme ne mourra pas de mort naturelle » – Entretien avec Razmig Keucheyan

Razmig Keucheyan est professeur de sociologie à l’université de Bordeaux. Spécialiste d’Antonio Gramsci et penseur de la question environnementale, il est notamment l’auteur de Hémisphère Gauche (2010), Guerre de mouvement et guerre de position (2012) et de La nature est un champ de bataille (2014). Dans cet entretien, nous l’avons interrogé sur l’état actuel de nos démocraties, la manière dont la question écologique doit se poser, l’actualité de la pensée d’Antonio Gramsci, la reconfiguration de l’échiquier politique et l’actualité récente marquée par le mouvement des Gilets Jaunes. Entretien réalisé par Marion Beauvalet, retranscrit par Marie-France Arnal. 

LES ARTIVISTES

Le Vent se lève - L’Argentine des artivistes : quand l’art reprend la rue

Alors que le gouvernement argentin de Mauricio Macri vient d’accueillir en grande pompe le G20 en Argentine, incitant les habitants de Buenos Aires à partir en week-end[1] tout en militarisant la ville[2], des artistes refusentde quitter la place publique et l’investissent par leurs masques, leurs mots, leurs cris et leurs corps, s’inscrivant en faux depuis plusieurs mois déjà contre cette manifestation. Ce sont, ici, les activistes de la Fuerza Artística de Choque Comunicativo[3] ; là, ceux de Fin de UN Mundo[4], deux collectifs parmi les plus médiatisés. Mais ils ne sont pas les seuls et ce genre d’actions ne date pas d’hier. Tant pour dénoncer les crimes de la dictature que pour porter les revendications du féminisme, en passant par le souci de rendre visible la lutte des travailleurs de la culture, praticiens de l’art et citoyens lambda se rejoignent, à travers les époques et au détour des rues, pour de retentissants happenings. Retour sur la truculente mouvance de l’artivisme argentin et sur ses manifestations actuelles.

L'INVENTAIRE

Europe 1 - Faure revient sur le quinquennat Hollande, fustigeant absence de "vision" initiale et "trahison" finale

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a dressé lundi soir un inventaire sans concession du quinquennat de François Hollande, appelant une nouvelle fois en conclusion de son discours à l'unité de la gauche, à quelques mois des européennes.

Olivier Faure a dressé lundi soir à Ivry-sur-Seine l'inventaire du quinquennat de François Hollande, fustigeant "l'absence de vision" initiale de l'ancien président de la République et la dérive d'un pouvoir qui est sorti de son "socle de valeurs".

La Croix - Le PS juge sévèrement le quinquennat Hollande

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a dressé lundi 28 janvier l’inventaire du quinquennat de François Hollande. Il a regretté « une absence de vision » et de renouvellement de la pensée face aux mutations du monde.

Vingt mois après le départ de François Hollande de la présidence de la République, le PS a tiré ses propres leçons du pouvoir. Un inventaire tardif mais « indispensable » aux yeux du premier secrétaire Olivier Faure, qui a prononcé lundi 28 janvier au soir un discours devant une cinquantaine de personnes au nouveau siège du parti, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Europe 1 - Faure revient sur le quinquennat Hollande, fustigeant absence de "vision" initiale et "trahison" finale

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a dressé lundi soir un inventaire sans concession du quinquennat de François Hollande, appelant une nouvelle fois en conclusion de son discours à l'unité de la gauche, à quelques mois des européennes.

Olivier Faure a dressé lundi soir à Ivry-sur-Seine l'inventaire du quinquennat de François Hollande, fustigeant "l'absence de vision" initiale de l'ancien président de la République et la dérive d'un pouvoir qui est sorti de son "socle de valeurs".

Le Point - PS : le réquisitoire d'Olivier Faure contre le quinquennat de François Hollande

Depuis Ivry-sur-Seine, lundi, le premier secrétaire du PS a notamment fustigé l'absence de « vision » initiale de l'ancien président.

Olivier Faure n'y est pas allé par quatre chemins. Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) a dressé, lundi soir à Ivry-sur-Seine, l'inventaire du quinquennat de François Hollande, fustigeant « l'absence de vision » initiale de l'ancien président de la République et la dérive d'un pouvoir qui est sorti de son « socle de valeurs ». Pour M. Faure, l'ancien chef de l'État n'a pas su proposer aux Français un « projet de société vraiment explicite », mettant en oeuvre des « solutions sans vision apparente ».

Les Echos - PS : Faure tourne la page Hollande et fustige son bilan

Olivier Faure a dressé un inventaire sans concession du quinquennat de l'ancien président socialiste, fustigeant son « absence de vision » et une trahison sur le socle des valeurs.

Faire table rase du passé pour se reconstruire. A quelques mois des élections européennes, Olivier Faure, patron du Parti socialiste, a dressé un inventaire particulièrement sévère du quinquennat de François Hollande à l'Elysée. L'actuel Premier secrétaire du Parti socialiste, avait déjà eu des mots sévères contre Hollande dans le coeur de l'été,  le qualifiant de « champion du déni » et le rendant coresponsable des 6 % obtenus par Benoit Hamon en avril 2017.

Le Parisien - Européennes : au PS, les couteaux sont tirés et Olivier Faure contesté

Plusieurs ténors du parti sortent du bois pour dénoncer la stratégie du premier secrétaire, très critiqué en interne, en vue du scrutin du 26 mai.

Les jours d’Olivier Faure à la tête du Parti socialiste seraient-ils déjà comptés ? Élu en avril dernier, un an après le marasme de la présidentielle et des législatives, le député de Seine-et-Marne ne fait toujours pas l’unanimité au sein de ses troupes. Pis ! Les langues se délient et les armes s’aiguisent. Au point que certains, en coulisses, n’hésitent plus désormais à évoquer « l’après Faure ».

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DISCOURS DU PREMIER SECRÉTAIRE OLIVIER FAURE « DEVOIR D’INVENTAIRE » Lundi 28 janvier 2019

Chers ami.e.s, cher.e.s camarades,

Merci pour votre présence ce soir. Les uns ici, à notre siège d’Ivry, les autres, sur les réseaux sociaux, pour tirer ensemble les enseignements de nos années au pouvoir. Il s’appuie sur le travail engagé dans nos fédérations, par la fondation Jean Jaurès, par le secrétariat national autour d’Isabelle This-Saint-Jean. Cet exercice démocratique est inédit. Souvent évoqué, jamais réalisé. D’ailleurs, ceux qui nous pressent de l’accomplir ne l’ont jamais pratiqué pour eux-mêmes…


1- Un inventaire nécessaire

J’entends bien les prudents me dire que cet inventaire serait inutile, voire impossible. Tirer les leçons du quinquennat, comprendre pourquoi d’autres ont réussi à convaincre là où nous avons échoué, reconnaître des erreurs, des impensés… Ce seraient là des sujets à ce point sensibles, éruptifs, polémiques, qu’il faudrait renoncer ?

Ce sera toujours trop tôt ou trop tard pour ceux qui n’en veulent pas. Toujours trop peu pour les autres. Alors pourquoi prendre le risque d’un inventaire qui ne satisfera ni les plus radicaux qui exigent l’abjuration, ni ceux qui y voient un exercice superflu de pénitents ?

Pourquoi ne pas faire comme toujours ? Comme toujours, c’est-à-dire parier sur l’oubli, la réévaluation progressive, l’usure accélérée de ceux qui nous ont succédé.

Je veux vous le dire clairement, ce n’est pas mon état d’esprit. Je ne veux rien laisser sous le tapis. Au fond de moi, cet inventaire, je le sais indispensable. Ce regard porté sur nous-mêmes par nous-mêmes est
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davantage qu’une introspection. Il est la base à partir de laquelle notre dialogue peut et doit reprendre maintenant avec les Français. Il est la condition nécessaire pour renouer des liens de confiance.

Je veux dire à nos concitoyens que nous les avons entendus : « Nous ne sous-estimons pas la distance, et souvent la rupture, que vous avez souhaité marquer avec nous. Et parce que notre volonté est de vous retrouver, il faut commencer par nous expliquer ».

2- Pourquoi invite-t-on la gauche et les écologistes au pouvoir ?

Faire l’inventaire, c’est d’abord se rappeler pourquoi les Français nous ont portés au pouvoir. Pourquoi invite-t-on la gauche et les écologistes à gouverner ?

La gauche est, depuis Jaurès, « la République jusqu’au bout ». Jusqu’au bout de sa promesse humaniste de lutte contre toute forme d’asservissement et pour plus de justice. La gauche porte cette exigence de vie meilleure pour tous, qui implique de mener des transformations profondes de l’ordre social.

De la gauche et des écologistes, on n’attend pas ce que l’on attend des conservateurs ou des libéraux. On n’attend pas seulement qu’ils gèrent mieux le système, mais qu’ils se confrontent aux lobbys, aux puissants, à l’inertie technocratique qui figent la société, pour imposer une humanité plus libre, plus démocratique, plus écologique et plus juste.

A la gauche démocratique, on demande de porter le citoyen au pouvoir, de rendre à chacune et à chacun le contrôle de sa vie. De rendre ce monde plus vivable et plus humain. De préserver tout à la fois les biens communs et de rendre à chacun les clés de son destin.

3- Des attentes, au-delà du projet

Avons-nous répondu à cette attente ?

a) une absence de vision

En 2012 le contrat passé avec les Français avait pour mot d’ordre "le changement, c'est maintenant". Le "changement", sans autre forme de définition, renvoyait à une ambition trop floue et trop large, dont chacun pouvait tirer ses priorités de l’action à mener.

Sans projet de société vraiment explicite, sans définition claire des objectifs, chaque réforme a été perçue comme une action isolée et limitée dans ses impacts. Chaque mesure adoptée a été vécue comme le point final de nos ambitions.

Lors de la campagne présidentielle de 2017, notre candidat Benoît Hamon, a – à l’inverse – cherché à affirmer une vision. Mais les réponses apportées sont apparues si décalées sur le plan conceptuel et si peu calées sur les conditions de leur mise en oeuvre, que l’ensemble a été jugé aventureux aux yeux des Français.

Des solutions sans vision apparente, pour le quinquennat. Une vision sans solutions réalistes, pour le candidat. Dans les deux cas, les impasses ont pesé sur la perception de notre action et alimenté une distance croissante, puis la rupture.

a) La social-démocratie européenne n’a pas su se renouveler

Cette panne de récit ne nous est pas propre. En effet, à quelques exceptions près, nous subissons partout en Europe des revers de fortune. Nous vivons depuis trop longtemps sur nos acquis considérables. Pendant des décennies, la gauche européenne a forgé un modèle unique au monde : assurance chômage, assurance maladie, retraites, droits sociaux, droits des travailleurs, congés payés, éducation gratuite, droits des
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minorités, libertés publiques, droits des femmes… Nous étions le relais naturel des luttes sociales, leur débouché politique.

Parmi les explications à cette perte d’influence, il en est une qui domine : nous n’avons pas su renouveler notre projet dans le cadre d’une économie globalisée. Nous sommes apparus impuissants à réaliser l’Europeprovidence, après avoir été les promoteurs d’Etats-providence. Après avoir porté la volonté de « changer la vie », nous avons donné l’impression que c'était la vie qui nous avait changés.

a) l’émergence de nouvelles forces politiques

Symétriquement, d’autres forces politiques ont émergé, ayant pour point commun le « dégagisme ». Chacune a donné le sentiment – je ne parle que de sentiment, pas de réalité - de conjuguer une vision à des solutions et de répondre à la question de la mondialisation.

En France, trois offres ont progressé lors de l’élection présidentielle : • Celle de l’extrême-droite avec une vision, celle de la France éternelle, et des solutions : la préférence nationale, le retour des frontières, la sortie de l’euro et l’exclusion des étrangers. • Celle du parti des Insoumis avec une vision, celle de la VIème République, et une solution, la désobéissance européenne. • Celle de la République des marcheurs alliant la promesse d’une « startup Nation » à une solution, la libération du potentiel créatif de notre pays.

Il ne s’agit évidemment pas de reprendre ces offres à notre compte, mais de comprendre que sans projet de société clair, notre capacité à fédérer et à entraîner s’est réduite. Prisonniers du quotidien, sans projets moteurs, sans horizon défini, nous avons laissé l’optimisme changer de camp.

Le mythe d’un âge d’or auquel il faudrait revenir, ou la promesse libérale du veau d’or, renvoyant à l’idée d’une France capable de se hisser au premier rang dans la mondialisation, ont emporté l’imaginaire de nos concitoyens
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en quête de sens.

Sans réaffirmation de notre volonté de transformation nous ne sommes plus perçus que comme des sociaux-libéraux…


4. Nous avons répondu aux questions d’hier mais pas à celles de demain


a) nous avons fait bouger certaines lignes

Pourtant au pouvoir, nous avons fait bouger certaines lignes.

L’action menée l’a été avec engagement et sincérité. Et cette action - il n’est pas inutile de le rappeler - nous avons dû la conduire dans un contexte particulièrement difficile.

François Hollande, comme les gouvernements successifs dirigés par JeanMarc Ayrault, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, ont tenu la barre alors que les crises et les périls s’invitaient de toutes parts.

Pardon pour cette liste à la Prévert qui va suivre, mais je voudrais citer quelques-unes des mesures qui ont égrené le quinquennat en les rétablissant dans une cohérence qui ne leur a pas toujours été donnée :

Nous avons œuvré pour un monde plus sûr : • C’est la France qui a permis d'éviter la sortie de la Grèce de la zone Euro, • C'est la France qui a porté les valeurs de l’Europe en se portant aux côtés des populations africaines menacées par le fanatisme de l'Islam radical, • C'est la France qui a cherché à fixer des lignes rouges au « boucher de Damas », • C’est la France qui a réuni le monde entier à Paris pour célébrer le droit universel à la liberté d'expression après l'assassinat de la rédaction de
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Charlie Hebdo. • C’est François Hollande qui a su conserver la cohésion, l’unité, la fraternité quand notre pays, secoué par les attentats, semblait si proche de l’implosion.

Nous avons fait du climat une urgence et de l’écologie une priorité • avec la loi de transition énergétique, et la COP 21 qui a débouché sur l’Accord de Paris,

Nous avons bâti de nouvelles protections : • Nous avons porté la retraite à 60 ans pour les carrières longues; • Nous avons mis en route le tiers payant généralisé, augmenté les minimas sociaux, mis en œuvre un plan pauvreté, créé le compte pénibilité pour permettre aux salariés usés par le travail de partir plus tôt, créé les droits rechargeables à l'assurance chômage, un droit au répit pour les aidants, • Nous avons remboursé à 100% l’IVG et assuré la gratuité de la contraception pour les mineures… • ouvert 40 000 places d’hébergement d’urgence supplémentaires.

Face à l’évolution de la famille, nous avons instauré de nouveaux droits individuels • Nous avons voté le mariage pour tous • Aidé les familles monoparentales avec la garantie des impayés de pensions alimentaires

Nous avons approfondi la démocratie • En mettant en œuvre le non-cumul des mandats, en créant la haute autorité pour la transparence de la vie publique et le parquet financier

Nous avons fait de la jeunesse une priorité • Nous avons mis le pied à l’étrier de 300 000 jeunes en emplois d’avenir, créé la garantie jeunes, • Fait de l’éducation le premier budget de la Nation, tenu la promesse de
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créer 54.000 postes dans l’Education nationale qui ont permis d’alléger le nombre d’élèves par classe dans tous les niveaux… • Instauré un service civique universel qui permet à des volontaires de 16 à 25 ans de s’engager…

Nous avons renforcé la sécurité des Françaises et des Français • En édifiant des zones de sécurité prioritaires • En créant près de 9000 postes de policiers et de gendarmes,

Nous avons réintroduit de la justice fiscale • Rétabli l’ISF dans sa plénitude, imposé au même barème les revenus du capital et ceux du travail, supprimé les premières tranches de l’impôt sur le revenu, et inversement créé une tranche supérieure à 45%.

De tout cela nous n’avons pas à rougir. De tout cela nous sommes fiers !

Et pourtant... Une fois encore, nous n’avons pas échappé à cette malédiction : la gauche fait un petit tour au pouvoir et puis s’en va.

Qu’avons-nous donc manqué pour que les Français nous manquent à ce point?

b) le monde a bougé plus vite que nous

Le monde a changé plus vite que nous. Et nous avons répondu aux angoisses d’hier sans prendre la dimension de celles d’aujourd’hui. Donné le sentiment de mettre des pansements sur des hémorragies. Nous sommes apparus comme incapables d’incarner une réelle alternative au libéralisme mondialisé, une protection face aux nouvelles menaces.

Nous vivons à l’heure des grandes mutations :

Numérique, écologique, financière, identitaire, migratoire. L’économie des plateformes, la précarisation d’une partie du salariat, l’urgence climatique, le désordre géopolitique, l’émergence du terrorisme islamiste, les
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déplacements de population… Rien de tout cela ne nous a échappé.

Nous avons écrit. Beaucoup. Parlé. Encore davantage. Mais nous nous sommes insuffisamment préparés à faire face à ces défis. La conduite du changement suppose plus que des groupes d’experts, l’écriture de propositions et leur validation par l’élection. Cela suppose de faire partager un diagnostic, de s’appuyer sur d’autres forces, dans le monde syndical, la sphère intellectuelle. Cela suppose de mobiliser la société toute entière. Nous ne l’avons pas fait.

Quand en janvier 2012 François Hollande déclare « mon véritable adversaire c’est le monde la finance », il convainc. La formule synthétise une aspiration à un monde plus juste, plus humain, plus vivable. Un monde où l’argent ne fixe plus seul et sans contrôle les règles d’un jeu qui fait trop de perdants.

Mais au delà de l’exercice rhétorique, magnifiquement interprété, il y avait un formidable levier de mobilisation électorale, plus qu’il n’y avait un projet de transformation.

La vérité c’est qu’en 2017, nous n’étions préparés qu’à apaiser les douleurs les plus saillantes, pas à répondre aux mutations sourdes. Nous n’avions pas préparé le terrain pour créer les rapports de force utiles à la réalisation de transformations structurelles.

Tout le reste en découle, le manque de lisibilité de notre démarche et de notre projet, le raidissement dans l’exercice du pouvoir et ses erreurs, la crise profonde de notre vie collective et de notre pratique politique.


En réalité, lorsque la gauche arrive au pouvoir en 2012, son logiciel daté déjà. La plupart de nos réponses ont été forgées au début du quinquennat Sarkozy et souvent inspirées des mesures déjà prises sous le gouvernement de Lionel Jospin.

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Le Parti socialiste n’a pas pris la mesure de l’alerte du 21 avril 2002. Les victoires aux élections locales entre 2004 et 2010 nous ont plongé dans une trompeuse euphorie et les congrès du PS se sont succédé en multipliant les affrontements personnels et les manœuvres désastreuses.

Les outrances, les erreurs, la personnalité clivante de Nicolas Sarkozy ont ouvert la perspective d’une victoire possible et nous ont exonérés de toute remise en cause exigeante.

Les primaires ont transféré, hors du parti, c’est-à-dire hors de tout travail collectif, la production du projet.

Au final nous avons à la fois intériorisé les institutions de la Vème République et implicitement faite nôtre la théorie du balancier : le pouvoir revient à la gauche réformiste quand la droite républicaine devient impopulaire. Nous nous sommes satisfaits de peu, convaincus que les Français se contenteraient d’une gauche modérée pour éviter une droite dure et libérale.

Alors que la société se transformait, se fragilisait, nous n’avons pas actualisé notre pensée. Nous n’avons pas su affronter les nouveaux clivages : société ouverte contre société fermée qui s’est imposé dans toutes les démocraties occidentales. Nous avons laissé s’aggraver le clivage rural/urbain/péri-urbain dans nos politiques publiques, ces territoires qui jaillissent dans l’actualité à l’occasion de la crise des gilets jaunes. Ce mouvement n’exprime pas un refus de l’impôt, mais réagit à une inégalité objective. A pression fiscale équivalente, le fait d’habiter en périphérie n’ouvre pas aux mêmes services.

Les Français ont vu une préférence donnée à l’occupation du pouvoir plutôt qu’à son exercice effectif au service d’un projet de transformation.

5- Les ruptures

a) l’incompréhension
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Privés ainsi du sens de notre action, le CICE est apparu comme un premier revirement. En 2012, la croissance est en berne, le chômage endémique, le déficit très inquiétant, les taux de marge des entreprises sont parmi les plus faibles d’Europe. Cette faiblesse interdit l’investissement et menace notre compétitivité et donc l’emploi.

Les choix qui sont alors pris correspondent à la volonté de préserver ce qu’il reste de croissance et de renforcer notre compétitivité industrielle. Mais quand apparaît, fin 2012, le Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi, il n’a été ni annoncé, ni négocié avec la majorité, encore moins expliqué aux Français. Pourtant, par son montant, il absorbe une très large part de notre capacité à agir.

Ce fut un débat manqué. C’eût pourtant été un débat utile ; précieux même. Il aurait permis de poser les termes d’une politique nécessaire de rattrapage de compétitivité.

Chacun connaît la suite : cette politique de désinflation compétitive n’a pas connu le succès attendu pour plusieurs raisons. Elle a été menée simultanément par nos concurrents internationaux et Européens, ce qui a immédiatement réduit la portée de cette stratégie. La croissance mondiale a chuté de moitié par rapport à la décennie précédente, ce qui n’a pas permis de trouver sur le marché extérieur l’oxygène attendu. Le financement du CICE a en revanche pesé sur la demande et donc sur le dynamisme économique. Enfin les entreprises ont profité de la mesure pour reconstituer leurs marges, mais ont faiblement répercuté ces baisses de cotisations dans leurs prix de vente.

Le défaut des mesures générales et inconditionnelles est de ne pas distinguer les situations. Ce qui est valable dans une entreprise ne l’est pas forcément pour toutes. Nous avons manqué une belle occasion de revivifier le dialogue social alors qu’il eut été si précieux de prescrire une obligation de négocier annuellement pour déterminer, entreprise par entreprise, l’usage du CICE. Ici l’emploi, ailleurs la formation ou le renouvellement de l’appareil productif…

Pas ou peu discutée, amplifiée par le pacte de responsabilité, avec des résultats qui ne sont devenus sensibles qu'en fin de parcours, cette
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"politique de l'offre", inédite venant d'un pouvoir de gauche, a été vite assimilée à une politique en faveur des patrons alors qu'elle visait les entreprises, c'est-à-dire l'emploi, la formation, l'investissement, la recherche. Pour se convaincre de la différence, il suffit d'ailleurs de se référer à la politique fiscale du gouvernement Macron. Ce sont les actionnaires qui sont destinataires de sa politique, là où nous, nous visions les entreprises !

Privés du sens de notre action, nos concitoyens ont très tôt exprimé leur "ras-le-bol fiscal". Peu importait que le taux marginal de l'impôt sur le revenu des plus riches ait été relevé à 45%, que la fiscalité du capital ait été alignée sur celle du travail. Le partage de l'effort n'a pas compensé la suppression de la demi-part des veuves, ni l’entrée dans l’impôt de contribuables jusqu’ici exonérés. Ces décisions avaient été prises dans la dernière année du quinquennat Sarkozy, mais nous furent attribuées et vinrent s'ajouter à la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires.

"Le redressement dans la justice" est vite apparu comme un mantra sans contenu réel.

b) l’occasion manquée

Il y a eu ensuite l’occasion manquée de la remise à plat fiscale, levier indispensable de la lutte contre les inégalités.

L’actualité de la crise des gilets jaunes nous rappelle combien notre pays demeure sensible à l’injustice notamment fiscale. La complexité du système, son hypocrisie, ses incohérences, ses injustices, ont affaibli l’adhésion à l’impôt.

A l’automne 2013 l’annonce d’une remise à plat fiscale est saluée par l’ensemble de la majorité.

Le lancement du chantier fiscal, en concertation avec les partenaires sociaux, les collectivités locales, les citoyens, offrait l’opportunité unique à la gauche de transformer le système en le rendant plus lisible, plus juste, et plus favorable à l’emploi.

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Il y a été mis prématurément fin au moment du départ, début 2014, de Jean-Marc Ayrault.

La volonté exprimée ultérieurement par le groupe socialiste de substituer à la prime d’activité un taux dégressif de CSG n’a pas été accueillie plus favorablement par le pouvoir exécutif.

Il est toujours facile de réécrire l’Histoire, mais il y avait matière - à travers la remise à plat fiscale et la CSG dégressive - à retrouver le peuple des petits revenus qui nous a largement abandonné. La suppression de deux premières tranches de l’impôt sur le revenu en fin de parcours a tenté d’atténuer le divorce avec la classe moyenne. Mais le temps perdu ne se rattrape pas, les occasions manquées non plus.

c) la trahison

Ces derniers mois, je me suis fait interpeller régulièrement par des concitoyens : « monsieur le député, vous n’avez pas fait tout ce que vous aviez promis. Bon, vous n’êtes pas les premiers. Mais ce n’est pas ça que je vous reproche le plus. Là, vous avez même fait le contraire de ce que nous espérions en votant pour vous ! Vous nous avez trahis » !

Je ne surprendrai personne si je vous dis que les deux exemples invariablement cités sont la déchéance de nationalité et la loi travail.

La déchéance de nationalité est restée comme une blessure profonde. Nous avons entamé le quinquennat avec l’engagement de donner le droit de vote aux étrangers, nous l’avons achevé avec un débat sur la déchéance de nationalité ! La condamnation des terroristes était évidemment unanime et la sanction aurait pu l’être aussi. Mais pas celle-là. Inexplicable, car elle distinguait les Français selon leurs origines. Comment prétendre rassembler les Français en commençant par les distinguer?

Cette dernière année fut particulièrement douloureuse. Après cet épisode, le gouvernement s’est lancé dans une réforme du code du travail bâclée. Les partenaires sociaux n’avaient été consultés que sur une partie des mesures. Et pour couronner le tout, le passage en force à l’Assemblée fut annoncé avant même que les débats ne commencent…

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La brutalité de la méthode est venue contredire frontalement notre identité. La social-démocratie n’est pas un socialisme dilué dans le libéralisme. C'est l'acceptation de compromis, mais sur la base d'un rapport de force que l'on construit. C'était la marque du début du quinquennat avec les grandes conférences sociales.

Le renforcement des outils de la négociation collective aurait pu réunir le monde syndical et la gauche politique. Mais le gouvernement a donné le sentiment de céder à la vulgate du MEDEF, licencier plus facilement et moins cher. Quitte à plier ses propres parlementaires. La loi travail a ancré l’idée d’un pouvoir insensible aux mobilisations sociales, droit dans ses bottes, avec deux pieds droits.

La loi travail comme la déchéance de nationalité ont laissé des traces durables auprès de ces millions de Français qui nous avaient accompagnés jusque-là. La confiance est un sentiment fragile. Elle exige de ne jamais être trompée. Tous les événements qui surgissent lors d’un quinquennat ne peuvent être prévus, mais la confiance suppose que les réactions du pouvoir soient prévisibles. En prenant les Français à revers, nous sommes devenus insaisissables. En sortant de notre socle de valeurs, nous avons perdu notre fiabilité.

d) Les comportements

Mes chers camarades, La confiance repose aussi sur le sentiment d’être dirigés par une majorité cohérente. Lorsque des socialistes se succèdent sur les plateaux de télévision pour se porter une contradiction qui relève du débat interne, lorsque le fait majoritaire n’est plus respecté, lorsqu’une partie des députés envisage de déposer une motion de censure contre son propre gouvernement avec le soutien implicite de la droite, comment demander aux Français de nous confier plus longtemps le pouvoir ?

Je veux bien faire crédit à chacun qu’il ait agi selon sa conscience, selon ce qu’il croyait juste au regarde de ses convictions mais enfin… commencer l’examen d’une loi en menaçant sa majorité de l’usage du 49. 3, répondre pour les autres par une motion de censure, illustre l’absence de volonté évidente de faire ensemble.
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Il ne s’agit pas de refaire le match entre légitimistes et frondeurs. Ce match, nous l’avons déjà perdu ensemble. Nous devons nous interroger sur nos pratiques et nos comportements. L’égocentrisme et le refus du compromis menacent toutes les entreprises collectives. Dans ce jeu de rôle permanent, où chacun fronde tour à tour, il n’y a qu’une issue : la défaite.

e) la nature de nos institutions

Au delà, c’est la nature même de nos institutions qui doit être interrogée. La prééminence démesurée du rôle du chef de l’Etat conduit à l’effacement du Parlement. Quand la logique est poussée à son extrémité, Jupiter règne seul sur une armée de robots. Avec pour conséquence sa déconnection progressive et l’organisation d’un face-à-face délétère avec l’opinion. Les régimes parlementaires n’interdisent pas les crises, mais l’obligation faite aux Premiers ministres, chanceliers, présidents de gouvernement chez nos voisins européens, de maintenir un dialogue permanent avec leurs majorités ne les affaiblissent pas. C’est même un argument de poids dans les discussions européennes, dont Angela Merkel n’a cessé d’user.

6. Cinq enseignements des cinq années au pouvoir

Mes chers amis, faire l’inventaire est un exercice difficile. Cet inventaire, nous le devions aux militants, à la gauche, aux Français. Je m’y étais engagé lors de notre congrès d’Aubervilliers. Depuis j’ai lu les contributions nombreuses, entendu ce que beaucoup avaient à nous dire. Cet inventaire, j’ai tenté de le faire en préservant la froide objectivité qui s’impose. J’ai essayé de choisir et de combiner les bons critères. Faire un inventaire c’est toujours comparer et confronter : les valeurs au réel, les promesses aux actes et les discours à leurs résultats.

Mais, au fond, pourquoi faisons-nous cet inventaire ? Pour essayer de dire le vrai ? Les historiens y pourvoiront. Pour essayer de juger ce bilan ? Il est forcément contrasté, on vient de le voir. Mais surtout le juge de paix - c’està-dire les Français – ont déjà tranché.
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Cet inventaire nous le faisons pour préparer la suite. Le vrai sujet de cet inventaire, c’est l’avenir d’une ambition. Oui, la gauche est une ambition, qui prend le réel et les injustices par le col. Cette ambition doit demeurer. On le voit, le risque est là, présent, d’un débat politique qui s’enferme dans un duel entre la nouvelle droite incarnée par LREM et l’extrême droite de Madame Le Pen.

Pour que cet inventaire soit utile il doit conduire à de véritables changements. J’en propose cinq qui répondent à cinq enseignements de ces cinq années :

1. Nous avons manqué d’ambition et donc de vision. Nous avons été paralysés par la technocratie. Nous nous sommes rassurés en endossant les habits des bons gestionnaires. Nous avons évoqué des « boites à outils » pour inverser des « courbes »… Mais la gauche est d’abord un système de valeur, une fenêtre sur le rêve d’un monde plus juste. Un combat. La gauche est d’abord une indignation face à l’injustice. Retrouvons nos racines en assumant une radicalité démocratique, une colère constructive !

2. Nous n’avons pas suffisamment pris les idées au sérieux. La gauche est le parti des idées, des idées neuves, des idées folles ! Qu’on y repense : les congés payés, la retraite, le salaire minimum, les 35 heures… Rien ne relevait de l’évidence. Il a fallu en faire tomber des résistances. La gauche c’est le refus de la pensée unique !

Cela suppose de renouer avec les intellectuels et les chercheurs, d’aller à l’étranger, d’écouter ceux qui pensent différemment et d’anticiper les grandes mutations pour les maîtriser. Cela suppose de gamberger sans cesse, de rêver encore et de se dire : « pourquoi pas » ? Refusons les œillères, retrouvons le goût des nouvelles frontières !


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3. Nous avons négligé les territoires. En 2012, nous détenions une immense majorité des collectivités locales. Nous ne leur avons pas fait confiance. Les dotations ont baissé. La réforme territoriale n’a pas répondu à l’attente d’une nouvelle étape de décentralisation. Pourtant, sur de très nombreux sujets, les bonnes volontés et les bonnes idées siégeaient dans nos régions, départements et communes… Nos collectivités sont des pépinières. Au delà des élus, nos concitoyens demandent à être associés. Toutes les initiatives de budgets participatifs, ont montré la maturité de nos concitoyens. Fédéralisons le fonctionnement de notre parti et notre exercice du pouvoir, faisons le pari d’une démocratie collaborative !

4. Nous n’avons pas assez associé l’ensemble de la gauche à nos décisions et à nos actions. Nous aurions dû œuvrer à un rassemblement au delà de nous-mêmes, sortir des cadres institutionnels, construire dans un dialogue permanent avec le monde syndical, associatif, les ONG, les citoyens. Ouvrons-nos portes et nos fenêtres pour penser et conduire le changement avec toutes les forces qui y sont prêtes ! 5. Nous n’avons pas mené la bataille culturelle. A ne pas imposer nos critères, nous avons implicitement accepté d’être jugés sur ceux de nos adversaires libéraux. Le combat pour la planète est aujourd’hui central. Indissociable du combat social et démocratique, il est un formidable levier pour reprendre en main notre destin collectif. La social-écologie doit plus que jamais être notre combat !


J’achève mon propos par un dernier changement. Celui-là ne nous concerne pas seuls. Il s’adresse à l’ensemble des forces de gauche, écologistes et pro-européennes. N’abîmons pas nos combats communs par nos égoïsmes.

Oui, la gauche est un système de valeurs. Mais il y a une valeur qui a un rôle particulier car elle permet justement d’être fidèle à toutes les autres,
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car elle permet l’expression de toutes les autres : c’est l’unité. L’unité, c’est la clé de la transformation sociale : sans unité, pas de traduction de nos valeurs en actes ! Il n’y a pas de gauches irréconciliables.

Les libéraux sont En Marche. L’extrême droite s’organise. Et au même moment, les progressistes se divisent ! Je ne m’y résous pas ; je ne m’y résoudrai jamais. C’est le sens même de notre renaissance que de travailler à celle de la gauche toute entière.

Conclusion.

Mes chers amis,

Il y a pire que la défaite, il y a le défaitisme. De la défaite, on apprend. Du défaitisme, on meurt. Ce soir c’est un inventaire, pas un testament. Ce soir une page se tourne, mais l’Histoire continue.

Aux Françaises et aux Français que l’injustice révolte, que le changement climatique inquiète, que l’égalité met en mouvement, qui veulent s’engager dans le débat démocratique, je dis : nous nous sommes tellement manqués. Nous devons maintenant nous retrouver !

Vive la gauche, vive la République et vive la France !

30/01/2019

Jean Gadrey - Macron a tout faux sur les chômeurs et les soi-disant « assistés »

 Les innombrables petites phrases d’Emmanuel Macron sur le sujet ne sont pas des dérapages, vu qu’il les enchaîne avec une régularité de métronome. Nous allons donc en avoir d’autres dans les mois à venir avec ce « grand débat » transformé en campagne préélectorale, dont l’objectif secondaire est l’espoir de tenir les gilets jaunes à distance : les gilets gênent.

Les deux dernières en date ont été prononcées à l’occasion de ses rencontres fort bien organisées, filtrées et encadrées (voir ce témoignage) avec des maires, la première fois dans l’Eure, la seconde à Souillac. Dans l’Eure, à Gasny, le 15 janvier, c’était : "Les gens en situation de difficulté, on va davantage les responsabiliser car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent". À Souillac, le 18 janvier : "certains ont plus intérêt à travailler quatre à six mois, se remettre au chômage et trouver des combines à côté".

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08:30 Publié dans Analyses | Tags : gadrey, chomage | Lien permanent

15/07/2018

OFCE - Au-delà du taux de chômage …

Par Bruno Ducoudré et Pierre Madec

En plus d’occulter les dynamiques à l’œuvre sur le marché du travail, la définition stricte du chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) ne prend pas en compte les situations à la marge du chômage. Ainsi les personnes souhaitant travailler mais considérées comme inactives au sens du BIT, soit parce qu’elles ne sont pas disponibles rapidement pour travailler (sous deux semaines), soit parce qu’elles ne recherchent pas activement un emploi, forment le « halo » du chômage.

Les bases de données de l’OCDE permettent d’intégrer dans le chômage une partie des individus qui en sont exclus du fait de la définition du BIT. Le graphique présente pour les années 2008, 2012 et 2017 le taux de chômage observé auquel viennent s’additionner d’une part les individus situation de temps partiel subi et d’autre part les personnes âgées de 15 ans et plus, sans emploi, et ne recherchant pas activement un emploi mais qui désirent travailler et sont disponibles pour prendre un emploi. De plus elles ont recherché un emploi au cours de 12 derniers mois. Ces dernières sont définies par l’OCDE comme ayant « un lien marginal à l’emploi ».

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17:27 Publié dans Analyses | Tags : ofce, chomage | Lien permanent

13/06/2018

OFCE - Emploi : recrutements sous tension par Bruno Ducoudré

L’emploi reste dynamique au premier trimestre 2018. D’après l’Insee, l’emploi salarié dans le secteur privé a augmenté de 57 900 emplois. Cette évolution est cohérente avec notre diagnostic portant sur l’état du marché du travail et notre prévision d’emploi d’avril 2018 (cf. graphique 1).

L’économie française connaît depuis maintenant deux années une croissance soutenue de l’emploi marchand, suffisante pour faire baisser le chômage. La reprise des créations d’emplois, secteur non-marchand inclus, s’est timidement amorcée en 2015 (+108 000 emplois) et a accéléré en 2016 (+227 000 emplois) et 2017 (+271 000 emplois). Les créations d’emplois ont été soutenues dans un premier temps par les mesures de baisse du coût du travail (CICE, Pacte de responsabilité, Prime à l’embauche) et les emplois aidés dans le secteur non marchand, puis, à partir de la fin 2016, par l’accélération de la croissance. Les créations nettes d’emplois étant supérieures à l’évolution de la population active, le nombre de chômeurs a diminué (-312 000 depuis fin 2014), portant le taux de chômage au sens du BIT en France métropolitaine à 8,9 % de la population active au premier trimestre 2018 contre 10,1 % fin 2014 (tableau).

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20:50 Publié dans Analyses | Tags : emploi, chomage, ofce | Lien permanent

04/06/2018

L'actualité des socialistes du 25 au 1er juin

ESPAGNE

Le Monde - Espagne : Mariano Rajoy renversé, Pedro Sanchez devient président du gouvernement

Le parlement espagnol a voté la motion de censure contre le leadeur du PP, fragilisé depuis la condamnation de son parti pour corruption.

Le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy, coulé par un scandale de corruption, a été renversé par le Parlement, vendredi 1er juin, après plus de six ans au pouvoir en Espagne. Il a été remplacé dans la foulée par le socialiste Pedro Sanchez.

Libé - Pedro Sánchez, ou la résistance récompensée

Ex-basketteur et docteur en économie, le chef de file du Parti socialiste espagnol rebondit pour devenir le nouveau Premier ministre d'un pays paralysé par la crise politique.

«J’ai toujours appris à donner le maximum de moi-même jusqu’à ce que l’arbitre siffle la fin de la rencontre.» Dans une récente entrevue, celui qui, à 46 ans, va prendre les commandes de l’Espagne faisait cette confidence, répondant à une question sur la caractéristique principale de son caractère. Cette métaphore sportive fait référence à son passé de basketteur, lorsque, jusqu’à l’âge de 21 ans, ce joueur de 1,90 m évoluait dans l’équipe d’Estudiantes, à Madrid, l’un des meilleurs clubs du pays.

LOGEMENT

Loi logement : le "pire projet de loi" depuis le début du quinquennat, selon le PS

Les 3160 amendements du projet de loi logement, baptisé loi Elan, sont examinés dès ce mercredi et jusqu'au 6 juin par les députés.

Le "pire projet de loi qu'on ait vu depuis l'arrivée de ce gouvernement", selon le Parti socialiste. Les socialistes présentaient, ce mercredi matin à Alfortville (Val-de-Marne), un contre-projet à la loi logement, examinée depuis aujourd'hui à l'Assemblée nationale.

Près de 3160 amendements de ce projet de loi, baptisé Elan (évolution du logement et aménagement numérique), vont être décortiqués par les députés jusqu'au 6 juin.

LA REPUBLIQUE

Emmanuel Maurel - Contre-feux républicains

En France, les Républicains ne sont pas à la fête. Certes, personne ne remet en cause la République comme régime politique. Mais les principes qui la fondent sont en revanche malmenés, voire contestés, aussi bien par le pouvoir en place que par une partie croissante  du monde politique.

Oui, le « modèle républicain», fait l’objet d’attaques insidieuses ou frontales. Et l’exemple vient d’en haut. En libéral assumé, Emmanuel Macron s’en prend logiquement aux protections (droit du travail, assurance chômage) et au patrimoine collectif (privatisations, réforme de la SNCF), au risque de fissurer la cohésion sociale.

INEGALITES

Observatoire des inégalités - Inégalités urbaines : faire émerger la mixité

Pour réduire les inégalités entre les territoires, il faut mieux équilibrer l’offre des services publics. Et s’inspirer de la mixité existante dans certains quartiers. Propositions de Marco Oberti, sociologue, professeur à Sciences Po, directeur de l’Observatoire sociologique du changement. Extrait de l’ouvrage Que faire contre les inégalités ?

La question des inégalités urbaines est liée de manière complexe à celle de la ségrégation. Les groupes sociaux, inégalement dotés en ressources économiques, culturelles et sociales (diplômes, revenus, etc.), se répartissent de façon inégale entre les quartiers d’une ville. Les espaces urbains eux-mêmes sont inégalement pourvus en ressources publiques et privées de toutes sortes (écoles, transports, équipements culturels et sportifs, sécurité, espaces verts, commerces, etc.). Il en découle une hiérarchie qui différencie les quartiers d’une ville et de sa banlieue à la fois sur la base du profil socio-économique, voire ethnoracial, des populations qui y résident, mais aussi en fonction de leurs équipements, de leurs infrastructures, et surtout de leur « qualité ».

ITALIE

Le Monde - Matteo Salvini et Luigi Di Maio, les deux hommes forts du nouveau gouvernement italien

Les dirigeants de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles, qui ont conclu un accord de gouvernement jeudi, obtiennent les postes-clés de l’intérieur et du développement économique.

Aucun d’eux n’est premier ministre, mais ils détiennent pourtant les clés du nouveau gouvernement italien, formé jeudi 31 mai et dirigé par Giuseppe Conte. En héritant respectivement du ministère de l’intérieur et de celui du développement économique, Matteo Salvini et Luigi Di Maio occupent deux postes-clés de la nouvelle équipe gouvernementale.

Marianne - Italie : quand une alliance entre le Président et les marchés fait échec au choix des électeurs

Pied de nez à la coalition eurosceptique vainqueure aux élections générales, le président italien Sergio Mattarella a chargé un ex-cadre du FMI de former un gouvernement. Luigi di Maio, leader du Mouvement 5 Etoiles, réclame sa destitution pour atteinte à la Constitution.

Un technocrate plutôt que le choix des électeurs. Au moins, le message délivré par Sergio Mattarella, le président de la République italienne, ce lundi 28 mai, est clair. Le chef de l’Etat a chargé Carlo Cottarelli, un ancien cadre du Fonds monétaire international (FMI) sans expérience politique, de former un gouvernement. Quelques heures auparavant, dimanche, il refusait de signer le décret de nomination du gouvernement de Guiseppe Conte, le Premier ministre choisi par le Mouvement 5 Etoiles et la Ligue, coalition majoritaire issue des élections législatives du 4 mars.

MACRONISME

Telos - Le macronisme: une verticale du pouvoir incomplète, Laurent Bouvet

Il est particulièrement périlleux de tenter de dresser le bilan d’une action politique, a fortiori d’un mandat présidentiel, au bout d’un an. Il est même impossible de le faire si l’on s’en tient aux résultats de la politique menée par le président de la République, son gouvernement et sa majorité. À la fois parce que ceux-ci sont dus en partie au pouvoir précédent et parce qu’ils ne sont pas encore assez significatifs pour donner un éclairage net sur la pertinence des choix revendiqués. L’angle des politiques publiques n’est donc pas le bon si l’on veut dessiner les contours (pour le moment hypothétiques) d’un « macronisme », un an seulement après l’élection de celui qui en est à la fois l’inspirateur et la principale incarnation.

CHOMAGE

OFCE - Les soubresauts du taux de chômage

Les chiffres du chômage publiés par l’Insee pour le premier trimestre 2018 indiquent une remontée du taux de chômage de 0,3 point (0,2 point en France métropolitaine). Dans notre dernier exercice de prévision, nous avions anticipé un taux de chômage stable, tout en soulignant les risques à la hausse du chômage en ce début d’année (graphique 1).

Comment expliquer la hausse du chômage sur un trimestre ? Le taux de chômage peut augmenter concomitamment à une hausse ou une baisse de l’emploi, en fonction des comportements d’activité : lorsque l’emploi augmente, le chômage baisse si la population active augmente moins vite que l’emploi. Par contre, il augmente si la population active augmente plus vite, ou dans le cas de destructions d’emploi si celles-ci ne s’accompagnent pas d’une baisse de la population active plus importante.

FLEXIBILITE

Observatoire des inégalités - Les maîtres du temps prospèrent grâce aux flexibles

Travail à la chaîne, le dimanche, la nuit, en horaires décalés... Les inégalités dans l’usage et le contrôle du temps façonnent nos modes de vie. Les plus favorisés réclament toujours plus de flexibilité pour les autres, au nom de la modernité. Par Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

Que faites-vous pour les vacances de février ou à Pâques ? Si vous avez la chance de pouvoir vous affranchir de votre travail pendant une semaine, vous êtes probablement du bon côté. Celui de la minorité qui dispose de plus de cinq semaines légales de congés payés par an et des moyens pour prendre le large. Les inégalités dans l’usage et le contrôle du temps façonnent nos modes de vie.

ARMENIE

Telos - Démocratie illibérale, une leçon arménienne, Florent Parmentier

Des manifestations qui rejettent un Premier ministre incarnant le système politique depuis plus d’une décennie, une rébellion plus générale contre des élites perçues comme corrompues, irresponsables et inefficaces: ni populisme ni révolution de couleur, l’Arménie tente à son tour de trouver son chemin de l’Etat de droit.

Le mandat de trop : c’est ce que semblait signifier une foule de manifestants tout au long du mois d’avril 2018 lorsque Serge Sarkissian, ancien ministre de la Défense et de l’intérieur, ancien Premier ministre (2007-2008) et ancien Président (2008-2018), a tenté de reprendre le poste de Premier ministre, après avoir changé les institutions au détriment du poste de Président qu’il quittait.

DEPENDANCE

Terra Nova - Dépendance : les enseignements oubliés du rapport du HCAAM "Assurance maladie et perte d'autonomie" (2011)

Le vieillissement de la population, qui se traduit par des gains de temps de vie en bonne santé, crée aussi des situations plus fréquentes de pertes d'autonomie liées au grand âge. La prise en charge de cette dépendance est aujourd'hui insuffisante, malgré la création de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) en 2002. Le débat politique, plusieurs fois esquissé et reporté, sur la création d'un "cinquième risque" est longtemps resté au point mort, comme s'il inquiétait tous les acteurs. Il est essentiel, avant de parler budget et financement, de bien caractériser la spécificité de la prise en charge de la dépendance du grand âge afin de définir les formes collectives de solidarité les plus adaptées à la qualité de l'accueil et à la continuité des parcours de santé qui est le besoin essentiel des personnes âgées en perte d'autonomie. C'est ce que propose cette note qui invite notamment à réexaminer les analyses et conclusions d'un rapport de 2011 du Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie.

PIB

Jean Gadrey - De nouveaux indicateurs de richesse peuvent-ils contribuer à la nécessaire transition écologique et sociale ?

Parmi ceux et celles qui s’intéressent depuis longtemps à cette question, le débat, qui a toujours eu lieu, a été bien relancé avec l’article d’un nouveau venu, Antonin Pottier, par ailleurs lauréat récent du Prix Veblen et auteur d’un livre stimulant « Comment les économistes réchauffent la planète » (Seuil, 2016) issu de sa thèse soutenue en 2014.

Titre de l’article, consultable en ligne : « Les nouveaux indicateurs de richesse modifieront-ils la croissance ?
Les limites de la critique du PIB », Le Débat, 2018/2.

SEGREGATION

OFCE - Le logement social diminue-t-il la ségrégation ? Les leçons ambiguës de l’immigration non-européenne en France

La hausse du nombre d’immigrés non-européens résidant en logements sociaux en France a eu des effets ambivalents sur la ségrégation à leur égard. Si leur installation dans des cités de taille modeste a modéré leur concentration, leur installation dans les grands ensembles l’a renforcée, notamment parce qu’en même temps le nombre de natifs dans les logements privés de ces quartiers a chuté. La répartition des HLM entre quartiers a un impact important sur la mixité sociale.

Depuis une trentaine d’années, l’immigration non-européenne domine les flux d’immigration en Europe, notamment en France. Or l’insertion de nombreux immigrés non-européens sur le marché du travail français reste fragile et, en 2016, l’INSEE indiquait qu’ils étaient trois fois plus victimes du chômage que les natifs[1]. De nombreuses études de terrain ont aussi alerté sur leur concentration croissante dans les grands ensembles HLM en périphérie des grandes villes[2]. La combinaison d’un accès difficile à l’emploi à une hausse de la ségrégation spatiale fait craindre un recul de l’intégration des nouvelles vagues d’immigrés se transmettant aux secondes générations.

ITALIE

Le Figaro - Italie : quelle stratégie pour les antisystèmes au pouvoir ?

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - En Italie, la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S) se sont accordés sur un gouvernement commun, pour diriger le pays après une longue période d'incertitude politique. Lenny Benbara analyse dans le détail cette convergence entre le nationalisme et le populisme italiens.

Lenny Benbara est diplômé de l'ENS de Lyon où il a suivi un cursus en Sciences économiques et sociales, il est par ailleurs directeur de la publication et cofondateur du média en ligne Le Vent Se Lève.

FIGAROVOX.- En Italie, que signifie l'alliance inédite entre le M5S et la Ligue? S'agit-il de l'alliance de la carpe et du lapin? Des extrêmes qui se rejoignent? Quels sont les points communs et les différences entre ces deux formations politiques dont l'une est souvent classée à la gauche de la gauche et l'autre à la droite de la droite?

MAI 68

La vie des idées - Une contre-histoire de Mai 68 : Entretien avec Julie Pagis

Que nous révèle l’étude de celles et ceux qui ont fait Mai 68 ? Selon Julie Pagis, elle montre que les expériences politiques ont été diverses, que ceux qui se sont engagés ont des profils différents et que ces événements permettent de mieux comprendre les luttes sociales d’aujourd’hui.

La Vie des idées : Dans votre ouvrage Mai 68. Un pavé dans leur histoire, vous étudiez la mémoire qu’ont de ces événements ceux qui en ont été les acteurs. En quoi vos analyses permettent-elles de remettre en cause la vision commune de Mai 68 comme l’œuvre d’une génération unifiée ?

Julie Pagis : La mémoire des événements de mai-juin 1968 a été largement reconstruite, en France, au fil des commémorations décennales notamment, à partir du devenir de quelques figures médiatiques, porte-paroles autoproclamés des événements (Sommier, 1994). Ce faisant, ce sont le parcours et la mémoire individuels des soixante-huitard.e.s « ordinaires » qui ont été écartés, oubliés.

17/05/2018

L'actualité des socialistes du 4 au 10 avril

MAI 68 EN CHANSON

Dominique Grange : Nous sommes tous.....

TZCLD

La Lettre du cadre - Bilan positif pour les « Territoires zéro chômeur de longue durée »

La démarche « Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD) » vise à enrayer le chômage de longue durée sur 10 territoires ruraux et périurbains. Un objectif bien engagé. Cinquante nouveaux candidats tapent à la porte pour entrer dans le dispositif, lequel devrait sensiblement évoluer…

En 2021, les 10 territoires expérimentaux (1) auront remis 2 000 chômeurs de longue durée au travail. En mars 2018, environ 500 parmi eux ont déjà obtenu un CDI. « Quelles entreprises sont capables aujourd’hui d’embaucher aussi vite ?! » questionne Laure Descoubes, à la tête de l’entreprise à but d’emploi (EBE) Actypoles-Thiers dans le Puy-de-Dôme. « Et on casse vraiment, pour le coup, l’image du chômeur qui ne veut pas travailler ! » ajoute-t-elle.

EUROPEENNES

Slate, Gaël Brustier - Les élections européennes sont peut-être la dernière chance du PS

Elles ont rarement été favorables au PS. Annoncées un an à l’avance comme catastrophiques pour le parti fondé par François Mitterrand, elles pourraient pourtant être l’occasion d’un fructueux tournant idéologique et politique…

Le prochain scrutin national aura lieu en juin 2019. Il s’agit des élections européennes. Donné à 8% dans un sondage Ifop datant de décembre dernier (Génération-s de Benoît Hamon n’était pas testé), le PS a-t-il une chance de faire son retour politique à l’occasion d’un scrutin d’ordinaire coûteux électoralement? Le PS n’a pas droit à l’échec. Pour survivre, il doit remettre à plat tout son corpus européen, depuis 1983 sinon depuis les origines du projet européen. Désormais, le PS n’a d’autre choix que d’opérer une profonde révision de son rapport à l’Europe et de son passé post-1983 à moins bien sûr de renoncer à avoir un avenir.

INEGALITES

Le Vent se lève - « De l’inégalité en Europe » – Conférence de Thomas Piketty à l’ENS

Comment faire de l’Europe un espace d’égalité ? La question posée par Thomas Piketty lors de la troisième conférence du cycle « Une certaine idée de l’Europe » à l’ENS est immédiatement nuancée, par lui-même : parler d’inégalités en Europe a quelque chose de paradoxal dès lors qu’elle apparaît comme l’une des régions les moins inégalitaires au monde. L’égalité, entendue ici au sens « d’équité », reste pourtant l’un des grands défis de notre temps, qui voit se creuser les écarts de revenus au sein des sociétés européennes et entre elles, et nourrit – entre autres – un sentiment de déclassement chez ceux qu’on désigne comme les classes moyennes. Thomas Piketty ne renverse pas la table, devant ce qu’il juge comme une incapacité de l’Union européenne à sortir de la « pensée magique » et de la crise des dettes souveraines, mais espère une révolution de velours, de l’intérieur : réformer l’équilibre institutionnel européen pour en changer le cap.

UNEDIC

Jean Gadrey - Dette de l’Unédic : comment engraisser la finance spéculative au détriment des chômeurs, des salariés, et du service public

Parmi les arguments utilisés par l’oligarchie pour pousser à la libéralisation puis la privatisation des services publics, il y a presque toujours « l’énormité de la dette ». On oublie de préciser que cette dette a été délibérément produite par des décisions publiques diverses concernant soit des investissements insensés devenus des boulets (exemple de la SNCF), soit (ou en même temps) l’étranglement financier - l’austérité imposée - induisant un déficit annuel récurrent.

PLEIN EMPLOI

Alternatives Economiques - Analyse Objectif plein-emploi : c’est possible ! Michel Husson 

Lire les commentaires de beaucoup d’économistes sur le chômage a quelque chose de désolant. L’un (Pierre Cahuc) explique que « le meilleur moyen de faire entrer les moins qualifiés sur le marché du travail, c’est de baisser le coût de ce dernier », l’autre (Patrick Artus) que « le taux de chômage est proche du taux de chômage structurel ». Ces constats ont en commun l’idée qu’il existe des lois économiques déterminant de manière rigoureuse un niveau du chômage plus ou moins incompressible. C’est au fond la même logique de résignation qui sous-tend les discours sur une supposée « fin du travail » dont il faudrait prendre acte pour se replier sur le droit au revenu.

RUFFIN

Le Vent se lève - La fête à Macron a bien eu lieu

Malgré la forte appréhension autour de la marche du 5 mai lancée initialement par François Ruffin et Frédéric Lordon, la « Fête à Macron » a été un succès. Celui-ci donne un bol d’air à l’opposition après les tensions et les débordements qui ont eu lieu le premier mai.

Entre Freed from desire de Gala, Despacito de Luis Fonsi et Bella Ciao, l’ambiance de la manifestation « pot au feu » de samedi était décidément bien différente de celle qui était anticipée. Exit les blacks blocks, place aux sourires et à la danse dans la joie et la bonne humeur.

DEMOCRATIE

Le Figaro - La sécession des « élites » ou comment la démocratie est en train d'être abolie, par Coralie Delaume

Coralie Delaume analyse les raisons de la fracture qu'elle observe entre les «élites», une classe minoritaire de privilégiés, et la masse qui n'a pas accès aux études prestigieuses ou qui n'a pas son mot à dire dans les orientations économiques de l'Union européenne.

La Révolte des élites et la trahison de la démocratie est le titre d'un livre du sociologue américain Christopher Lasch, publié à titre posthume en 1995. Bien sûr, l'ouvrage analysait l'Amérique de son temps. Pourtant, il s'applique parfaitement à la France et à l'Europe d'aujourd'hui, dont il semble avoir anticipé l'évolution des classes favorisées avec une acuité visionnaire.

14/05/2018

La Lettre du cadre - Bilan positif pour les « Territoires zéro chômeur de longue durée »

La démarche « Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD) » vise à enrayer le chômage de longue durée sur 10 territoires ruraux et périurbains. Un objectif bien engagé. Cinquante nouveaux candidats tapent à la porte pour entrer dans le dispositif, lequel devrait sensiblement évoluer…

En 2021, les 10 territoires expérimentaux (1) auront remis 2 000 chômeurs de longue durée au travail. En mars 2018, environ 500 parmi eux ont déjà obtenu un CDI. « Quelles entreprises sont capables aujourd’hui d’embaucher aussi vite ?! » questionne Laure Descoubes, à la tête de l’entreprise à but d’emploi (EBE) Actypoles-Thiers dans le Puy-de-Dôme. « Et on casse vraiment, pour le coup, l’image du chômeur qui ne veut pas travailler ! » ajoute-t-elle.

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01/02/2018

L'actualité des socialistes du 19 au 27 janvier (Mise à jour)

DERNIERE HEURE

Le JDD - Carvounas, Faure, Le Foll, Maurel… Qui sera le prochain patron du PS?

Quatre hommes - Stéphane Le Foll, Olivier Faure, Luc Carvounas et Emmanuel Maurel - sont officiellement candidats au poste de premier secrétaire du PS, Julien Dray n'ayant finalement pas présenté de candidature et celle de Delphine Batho ayant été rejetée.

Le Monde - Congrès du PS : quatre hommes en lice, le texte de Delphine Batho recalé

Quatre hommes brigueront la tête du Parti socialiste lors du 78e congrès : Emmanuel Maurel, Luc Carvounas, Olivier Faure et Stéphane Le Foll.

Pas de surprise. Le Conseil national (CN) du Parti socialiste (PS), réuni à Paris samedi 27 janvier, a validé quatre textes d’orientation dans le cadre de son 78e congrès qui devra désigner le nouveau premier secrétaire. Il s’agit de ceux de Luc Carvounas (« Un progrès partagé pour faire gagner la gauche ») ; de Stéphane Le Foll (« Cher.e.s camarades ») ; d’Olivier Faure (« Socialistes, le chemin de la renaissance ») et celui d’Emmanuel Maurel (« L’Union et l’espoir »).

Libé - Au PS, quatre hommes, un baron et un contre-congrès

Un samedi après-midi à deux ambiances. La première sans suspense : comme prévu, Luc Carvounas, Stéphane Le Foll, Olivier Faure et Emmanuel Maurel postulent officiellement au poste de premier secrétaire du PS. Quatre hommes. Ils étaient présents lors du conseil national du parti à la Maison de la chimie, à Paris. La direction a validé leur dossier. Face à la presse, les uns et les autres ont étalé leurs forces. Une manière de se tester avant de partir en campagne, pour présenter leur programme aux militants, enfin ceux qui restent, à travers le pays.

Le Figaro - Quatre candidats pour diriger le Parti socialiste

Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Olivier Faure, aura face à lui l'ex-ministre Stéphane Le Foll, le député Luc Carvounas et Emmanuel Maurel, représentant de l'aile gauche.

Quatre hommes en lice pour un parti en miettes. Le Parti socialiste, rassemblé samedi pour un conseil national, a lancé le top départ de son congrès qui aboutira les 7 et 8 avril prochains par l'installation d'un nouveau premier secrétaire. Tous les postulants se sont rendus à la maison de la Chimie (VIIe arrondissement) pour y déposer leur texte d'orientation (ex-motion).

Libé - Quatre candidats pour prendre la tête d’un PS à la dérive

Quatre hommes -Stéphane Le Foll, Olivier Faure, Luc Carvounas et Emmanuel Maurel- vont être déclarés officiellement candidats samedi pour briguer la tête du PS et tenter de lui redonner vie après les débâcles électorales de 2017....

En tout état de cause, l’aile gauche apparaît très divisée, entre Olivier Faure, Luc Carvounas et Emmanuel Maurel, son représentant naturel.

Chantre de l’union de la gauche, l’un des rares députés à ne pas avoir voté la confiance au gouvernement en juillet, M. Carvounas a obtenu samedi matin le soutien des amis de Benoît Hamon restés au PS, selon le député Régis Juanico.

LA SOCIAL-DEMOCRATIE

La Tribune - La social-démocratie est morte, vive la social-démocratie ! Par Gazier Bernard et Günther Schmid

Donnée pour morte à de multiples reprises, la social-démocratie a toujours su rebondir. Elle peut le faire à nouveau en 2018, si et seulement si elle actualise ses idéaux. Par Gazier Bernard, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Günther Schmid, Freie Universität Berlin

L'horizon de l'Union européenne est de plus en plus celui de la déréglementation, des coalitions de centre-droit ou de droite et du repli nationaliste. Selon de nombreux observateurs, la social-démocratie (SD) serait obsolète et condamnée en Europe. Mais on le disait déjà dans les années 1980... La SD subit des enterrements périodiques d'où elle renaît. Il s'agit d'une exigence centenaire, celle de la conception généralisée de la démocratie, l'étendant au-delà des citoyens et des électeurs, vers les travailleurs, les entreprises et les municipalités.

 

POST-CAPITALISME

OFCE - Y aura-t-il un post-capitalisme? par Branko Milanovic

À propos du livre de Paul Mason, « Postcapitalism: A Guide to our Future », Editions Allen Lane, 2015.  

C’est un livre immensément ambitieux. En moins de 300 pages, Paul Mason explique non seulement les 300 dernières années du capitalisme et les efforts pour le remplacer par un autre système (le socialisme), mais montre comment il sera éventuellement transformé et propose un ensemble de politiques pour aider à cette transformation. De plus, il ne s’agit pas d’un livre superficiel – qui pourrait sembler au premier abord opposer l’énormité du matériel couvert et la taille relativement mince du volume. Il ne faut pas non plus être distrait par le style folklorique utilisé par Mason. Le style peut être journalistique, mais les questions posées, la qualité de la discussion et les objectifs du livre sont de premier ordre.

COMPLOTISME

Le Monde - TV – « Complotisme, les alibis de la terreur »

A voir aussi ce soir. Un documentaire éclairant sur la façon dont le djihadisme utilise et nourrit les thèses complotistes pour justifier la terreur

Rudy Reichstadt est sur tous les fronts. Membre de l’Observatoire des radicalités politiques à la fondation Jean Jaurès, le politologue anime depuis 2007 le site Conspirary Watch. où il passe aux cribles, pour mieux les démonter, les théories du complot. Ce soir, c’est sur France 3, qu’il poursuit ce combat, en cosignant avec Georges Benayoun, auteur notamment de L’Assassinat d’Ilan Halimi (2014), un documentaire éclairant sur la façon dont le djihadisme utilise et nourrit les thèses complotistes pour justifier la terreur.
 
 
INEGALITES
 

Ce matin, Oxfam a fait la une des médias avec un chiffre choc : 82 % des richesses créées l’an dernier ont profité au 1 % les plus riches,  alors que les plus pauvres n’ont eu que des miettes (pour en savoir plus sur ces chiffres, rendez-vous ici). 

Face à l’indignation que suscite cette crise des inégalités, les entreprises et responsables politiques se trouvent à la croisée des chemins. Des solutions existent pour rééquilibrer la balance entre les 99 % et les 1 %.  

C’est fort de ce constat que ce matin, des militant-e-s d’Oxfam se sont mobilisé-e-s à Paris, avec un mot d’ordre : combattre les inégalités pour vaincre la pauvreté.

Observatoire des inégalités - Les inégalités entre les femmes et les hommes en Europe

Les inégalités entre les femmes et les hommes se réduisent en Europe, mais l’égalité est encore loin d’être atteinte dans de nombreux domaines, et les situations sont très contrastées d’un pays à l’autre. Certains sujets, comme la santé ou l’éducation, avantagent toutefois les femmes. Le tour de la question, par Valérie Schneider de l’Observatoire des inégalités.

Oxfam lance sa campagne « Combattre les inégalités, vaincre la pauvreté »

Davos 2018 : Les 1 % les plus riches ont empoché 82 % des richesses créées l’an dernier, la moitié la plus pauvre du monde n’en voit qu’une miette

Des richesses engendrées l’année dernière, 82 % ont profité aux 1 % les plus riches de la population mondiale, alors que les 3,7 milliards de personnes qui forment la moitié la plus pauvre de la planète n’en ont rien vu. C’est ce que révèle le nouveau rapport d’Oxfam, « Partager la richesse avec celles et ceux qui la créent », publié aujourd’hui, à la veille du Forum économique mondial qui rassemblera le gotha du monde politique et des affaires à Davos, en Suisse.

Observatoire des inégalités - Impôts et prestations sociales réduisent les inégalités de revenus de moitié

Impôts et prestations sociales réduisent nettement les inégalités de niveau de vie entre les plus riches et les plus pauvres. La redistribution fonctionne en France, mais les écarts sont considérables à l’origine. L’analyse d’Anne Brunner et Louis Maurin de l’Observatoire des inégalités.

FINANCE SOLIDAIRE

The Conversation - Au temps de l’argent roi, où en est la finance solidaire en France ?

Qu’est-ce que la finance solidaire ?

L’objectif de cette finance est donc d’allouer des capitaux et financer directement des entreprises engagées notamment dans l’amélioration des conditions sociales et la transition écologique. Les objectifs d’impact sont surtout situés sur les enjeux de l’emploi (lutte contre le chômage), du logement, des énergies renouvelables et de l’agriculture biologique voire du développement entrepreneurial des pays sous-développés du Sud…

 
JEAN GADREY
 
 
Liste totalement subjective que chacun.e peut compléter ou contester. Mes billets sur le risque de krach financier ou sur le climat ayant pu en déprimer certain.e .s, je voudrais me racheter un peu en débutant l’année 2018 par quelques très bonnes nouvelles récentes, façon de vous adresser mes vœux.

PS

France Info - Emmanuel Maurel, eurodéputé et candidat à la tête du PS : "Rien de ce qui est à gauche ne nous est étranger"

Le socialiste Emmanuel Maurel était l'invité de "L'Interview J-1", jeudi, à la veille clôture des candidatures pour le poste de premier secrétaire du Parti socialiste.

Europe 1 - Le débat d’Europe Soir – Frédéric Taddeï – Le Parti Socialiste peut-il encore nous étonner ?

Avec : Eric BENZEKRI, Scénariste de la série Baron noir ; Gaël BRUSTIER, Politologue......

Europe 1 - Congrès du PS : une dernière ligne droite sous haute tension

Les candidats au poste de premier secrétaire ont jusqu’au 27 janvier pour déposer leur motion et satisfaire aux nouvelles règles de parrainage. Malgré l’état du parti, la bataille est déjà âpre. 

Un congrès du PS, c’est souvent une lutte des egos et des ambitions. Et les débâcles électorales de 2017, qui ont laissé le parti en miettes, l’on contraint à vendre son siège historique rue de Solférino et le placent quasiment en état de mort clinique, n’ont pas changé la donne pour le rendez-vous de 2018. Pas moins de cinq candidats - six si Julien Dray se décide à y aller - se sont fait connaître. Mais les règles de parrainage ont changé, et tous ne pourront peut-être pas s’aligner avant la date limite du 27 janvier. En attendant, et malgré un processus qui s’annonce long, et peut-être douloureux, la bataille a déjà commencé.

L'Obs - Congrès du PS : "Et si on exigeait la clarté, la lucidité et des idées neuves ?"

TRIBUNE. A l'aile gauche du PS, les amis de Benoît Hamon appellent à dresser l'inventaire du quinquennat Hollande et à s'appuyer sur l'enthousiasme qui s'est levé lors de la primaire.

Si Benoît Hamon a quitté le PS, ce n'est pas le cas de tous ses amis. Régis Juanico, membre de la direction provisoire du PS, Mathieu Hanotin, coordinateur de la campagne présidentielle, et une dizaine de parlementaires ou anciens parlementaires socialistes veulent peser sur le congrès socialiste. Dans le texte que nous publions ci-dessous, ils réclament "un inventaire de la pratique du pouvoir par la gauche, tout particulièrement du dernier quinquennat", tout en marquant une opposition résolue à la politique d'Emmanuel Macron.

A quelques jours de la clôture des candidatures, ils ne disent pas à ce stade quel sera leur choix. Soutenir Emmanuel Maurel, candidat de l'aile gauche ? Ou bien Luc Carvounas, ancien lieutenant de Manuel Valls devenu l'avocat de la réconciliation de la gauche ? Ils feront savoir leur décision samedi.

France Inter , Le PS se cherche un chef

Avec Olivier Faure, le président du groupe socialiste à l’Assemblée qui fait figure de favori.

Ancien hollandais mais compatible avec la gauche d’un PS qui, de toute façon, n’a plus de boussole. Au-delà de la compétition, c’est bien la pertinence de l’existence du PS qui est en jeu. Où en est-il aujourd’hui ? Son encéphalogramme idéologique est plat, mais au jour le jour, le PS gère toujours les plus grandes villes dont la capitale, 5 des 12 régions et de nombreux départements. Et ses élus locaux sont plutôt appréciés.

Slate - Peut-on vraiment sauver le PS? par Olivier Biffaud

Le nom du ou de la nouvelle première secrétaire du parti socialiste sera connu le 29 mars. Une lourde tâche l'attend: sauver le navire socialiste d'un naufrage définitif et tenter de le remettre à flot.

Une femme –Delphine Batho– et quatre hommes –Luc Carvounas, Olivier Faure, Stéphane Le Foll et Emmanuel Maurel, par ordre alphabétique– sont actuellement en lice pour engager, dès l'élection du nouveau premier secrétaire du Parti socialiste le 29 mars prochain, le sauvetage de l'année!

Slate, Gaël Brustier - Le Parti socialiste ne connaîtra pas un nouvel Épinay (à moins que…)

Avec Delphine Batho, ils sont maintenant cinq à vouloir relever le PS. On imagine que dans la tête de chaque candidat au poste de premier secrétaire trotte le souvenir du congrès d'Épinay, charriant nostalgie, fantasmes et espérances…

En 1971, longtemps après l’arrivée de De Gaulle au pouvoir en 1958, naquit le PS d’Epinay dirigé par François Mitterrand. L’Union de la gauche puis la conquête du pouvoir en 1981 apparaissent désormais comme un âge d’or. On en est si loin...

L'Obs - Le Parti socialiste est-il "une mafia", comme le dit Delphine Batho ?

Pour le politologue Frédéric Sawicki, le fonctionnement du PS évoque "dans certains cas un fonctionnement clanique ou féodal". Interview.

Frédéric Sawicki est politologue, spécialiste du Parti socialiste et des pratiques militantes. Il est professeur de science politique à l'Université Paris I-Panthéon-Sorbonne.

Libé - A Lille, Martine Aubry soutient Faure et charge Macron

La maire de Lille a annoncé ce jeudi, lors de ses vœux à la presse, qu'elle apportait son soutien au chef des socialistes à l'Assemblée pour prendre la tête du parti. Et profité de l'occasion pour critiquer la politique migratoire de l'Elysée.

Ce sera Olivier Faure. Martine Aubry a annoncé son soutien officiel à celui qui a été son conseiller lorsqu’elle était ministre de l’Emploi et de la Solidarité, dans le gouvernement Jospin.

Le Monde - Un ancien membre de la campagne de Benoît Hamon mis en examen pour viol

Placé en garde à vue mardi, Gilbert Cuzou est visé par cinq plaintes de militantes du PS qui ont participé à la campagne présidentielle de Benoît Hamon.