Tribune - Page 18
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L'Humanité - Collectif critique : Déclaration du Collectif critique
Nous ne sommes pas des experts. Nous ne parlons pas en experts mais en citoyen(ne)s qui subissons, comme les autres, l’impossibilité de participer activement aux choix qui nous concernent dans le travail, dans la ville, dans la société, dans le monde.Avec tant d’autres, nous ne sommes pas représentés, moins encore appelés à agir pour le bien commun. Des professionnels de la politique décident à notre place hors de tout contrôle. Des oligarchies industrielles et financières ultraminoritaires nous imposent des choix qui servent et confortent leurs intérêts. Des normes économiques supposées indiscutables, des traités internationaux négociés dans notre dos, des technocraties et des experts en tout genre bafouent le principe du « gouvernement par le peuple ». Ce n’est pas nouveau, mais c’est de pire en pire. -
Les Echos - 80 économistes plaident pour une «autre politique» économique
Dans une tribune dans « Le Monde », ils défendent une confrontation avec l’Allemagne.
La fronde des économistes de gauche s’affirme face à la politique du gouvernement et à l’attitude de l’Allemagne. Dans une tribune publiée dans « Le Monde » , 80 économistes, parmi lesquels Michel Aglietta, Philippe Askenazy ou encore Benjamin Coriat, sonnent l’alarme et proposent une politique économique alternative.
Celle-ci se rapproche de celle défendue la gauche du PS quand les signataires vilipendent des pays européens « engagés dans une course mortifère à la compétitivité par l’austérité dont l’objectif se résume à prendre des parts de marché et des emplois aux pays voisins ». Ou quand le texte met l’accent sur une « demande interne clairement insuffisante » en Europe. Ou alors lorsque les signataires demandent « le redéploiement de sommes consacrées au Pacte de responsabilité, dont l’échec en matière d’emploi et d’investissement est patent ». La tribune appelle à un « nouveau pacte productif à la fois écologique et social » , une hausse de 10 % des salaires les plus faibles et à un plan de soutien de l’activité de 40 milliards d’euros.
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Libé - Expliquer, c’est excuser Par Hervé Glevarec, Directeur de recherches au CNRS
Manuel Valls déclarait, le 25 novembre 2015, à l’Assemblée nationale, à propos des auteurs des attentats commis à Paris : «J’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses et des explications culturelles ou sociologiques à ce qui s’est passé.»
En réponse, le sociologue Bernard Lahire déclare dans Libération que : «Tout le monde trouverait ridicule de dire qu’en étudiant les phénomènes climatiques, les chercheurs se rendent complices des tempêtes meurtrières (1).» De leur côté, Frédéric Lebaron, Fanny Jedlicki et Laurent Willemez se demandent ce qu’on aurait pensé si Manuel Valls avait dit : «J’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des explications géologiques aux tremblements de terre (2).» Ce faisant, ils supposent établi le lien entre la sociologie et l’explication d’actes comme des attentats. Or, qu’aurait-on pensé si Manuel Valls avait dit «j’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des explications sociologiques aux actes meurtriers alors que cela relève de la psychologie» ? Une véritable question est soulevée, on le voit, qui est une question d’épistémologie de la sociologie et de rapport de la sociologie à l’explication.
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Le Monde - Claude Lanzmann : « Madame Pellerin, n’interdisez pas la sortie du film “Salafistes” ! »
Le documentaire Salafistes, réalisé par François Margolin et Lemine Ould Salem, montre la réalité des djihadistes au Sahel. Sa sortie, normalement prévue le 27 janvier, a reçu un avis négatif du ministère de l’intérieur pour sa diffusion. Dans une tribune au Monde, le cinéaste et écrivain Claude Lanzmann appelle le gouvernement à autoriser la diffusion de ce film.
J’apprends avec consternation qu’une inqualifiable conjuration se trame pour interdire la sortie en salles de Salafistes, film de François Margolin et Lemine Ould Salem, véritable chef-d’œuvre éclairant comme jamais aucun livre, aucun « spécialiste » de l’Islam ne l’a fait, la vie quotidienne sous la « charia », à Tombouctou, en Mauritanie, au Mali, en Tunisie, en Irak. On comprend, à voir et écouter les protagonistes du film propager leur idéologie sans faille, verrouillée à triple tour, que tout espoir d’un changement, d’une amélioration, d’une entente avec eux est illusoire et vain. Salafistes est d’une grande beauté formelle, rapide, efficace, très intelligent : on est pris, emporté dès la première image, saisi par la cruauté tranquille des intervenants et des irruptions involontaires de comique, qui naissent précisément de la radicale absence d’humour de ces suppôts de Dieu et du Prophète, dont on dirait qu’ils sont leurs plus proches parents.
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Slate - Non, le terrorisme islamique ne se «gère» pas ! Bruno Bertrand et François Braize et Jean Petrilli
Se limiter au bras armé dans l’appréciation de ce qu’il nous faut faire est une erreur d’analyse et nous enferme dans une logique d’impuissance.
Bras armé du totalitarisme religieux de Daech, le terrorisme n’est pas le cœur du sujet: il est comme le doigt du sage qui montre la lune! Nous sommes en guerre, par les armes et par le combat idéologique, contre un fondamentalisme religieux, inspirateur et commanditaire du terrorisme, et ce dernier doit être détruit avec lui. En outre, il ne faut pas se tromper sur le diagnostic et les remèdes face au radicalisme islamiste, y compris non violent, et il faut en tirer toutes les conséquences en termes d’exigence et de fermeté laïques, en particulier à l’école où tout se joue.
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Le Monde - Une révolution conservatrice qui avance à visage découvert Par Daniel Lindenberg
« Déchéance de nationalité », « constitutionnalisation de l’état d’urgence », « expliquer le terrorisme, c’est déjà l’excuser », « tous pouvoirs à la police »… Que ces mots et ces déclarations d’intention soient à présent ceux d’un gouvernement de gauche devrait stupéfier. C’est tout de même le cas pour certains. Mais même ceux-là savent-ils vraiment comment « en un plomb vil l’or pur s’est-il changé » ? Que Jean Racine nous pardonne, mais l’Olympe n’a rien à voir dans cet affaissement des principes républicains les plus basiques.
Revenons un peu en arrière. Il y a plus de treize ans, mon livre Le Rappel à l’ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires (Seuil, 2002) a fait scandale pour avoir constaté qu’un groupe important d’intellectuels et d’écrivains venus de l’extrême gauche étaient en train de passer, au nom de la découverte du « réel » – un vieux procédé rhétorique quand on « vire sa cuti », et qui peut justifier toutes les conversions, quel que soit leur sens –, de la gueule de bois post-utopique à un désaveu plus ou moins franchement avoué de la société ouverte et égalitaire. Et de défendre l’idée d’une guerre de civilisations qui opposerait l’Occident et – déjà – l’« Islam ». -
Le Monde - La baisse du pétrole permet d’investir dans les transports publics Par Bruno Gazeau (président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT)) et Jean Sivardière (Vice-Président de la Fédération Nationale des Assoc
Tous les grands pays – Allemagne, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Japon, Chine – investissent massivement dans leur système de transport collectif, une démarche écologique et créatrice d’emplois. Seule la France reste à l’écart de ce mouvement général, malgré l’adoption d’une loi sur la transition énergétique et la persistance d‘un chômage de masse.
Pourtant, la demande actuelle de transport collectif est mal satisfaite dans notre pays. Les transports urbains sont saturés dans les zones densément urbanisées et restent sous-développés ailleurs ; l’offre commence à se contracter dans de nombreuses villes ; le réseau ferroviaire classique est dégradé et des fermetures de lignes interviennent peu à peu au détriment des relations interrégionales ; l’extension du réseau des lignes à grande vitesse est bloquée au-delà des réalisations en cours.
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Mediapart, le blog d'Yves Quiniou - Une erreur de Badiou
Alain Badiou vient de commettre une erreur de jugement énorme à propos de l'islam, participant de cette étrange démission des intellectuels face à lui. Je me dois de lui répondre.
Alain Badiou vient de commettre une erreur de jugement énorme, dans une interview à Libération, à propos de l'islam. "C'est la fascisation qui islamise et non l'islam qui fascise" dit il superbement, je veux dire: avec un aplomb incroyable.....
Mais dans ce cas, il se trompe totalement et j'avoue ne pas comprendre l'origine de cette erreur à la fois politique et théorique. C'est l'occasion pour moi d'insister sur une appréciation négative de l'islam que j'ai déjà eu l'occasion d'exprimer sur ce blog et que, en face de l'actualité renouvellée de ses méfaits, je me sens en devoir absolu, en tant qu'intellectuel progressiste, de rappeler - d'autant que j'ai eu l'occasion d'approfondir ma compréhension de l'islam en lisant un livre du regretté Meddeb - Sortir de la malédiction. L'isam entre civilisation et barbarie - et un ouvrage d'une intelligence impitoyable d'Adonis, grand poète syrien, Violence et islam (un entretien avec une psychanalyste de culture musulmane).
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Le Monde - La déchéance de nationalité, un aveu de faiblesse Par Stéphane Malandrin
Lors de son discours du Bourget, François Hollande, qui était alors candidat, s’engageait à prendre soin de la jeunesse et c’est une des raisons pour laquelle j’ai voté pour lui — comme mes parents, mon frère, ma sœur, mes cousins. Aujourd’hui, il souhaite que soit déchu de la nationalité française les gamins, nés de parents étrangers, qui sont devenus terroristes.
Est-ce que par hasard, il ne prendrait pas le problème à l’envers ? Est-ce que par hasard, il ne serait pas en train de signer-là le plus cinglant aveu d’impuissance qu’un président en exercice puisse commettre ? Est-ce que par hasard, il ne serait pas simplement en train de nous dire qu’il ne peut rien faire pour cette jeunesse française qui se sent parfois tellement mal qu’elle préfère s’autodétruire et détruire tout ce qui est autour d’elle plutôt que d’essayer de vivre, ici, dans cette partie du monde qui n’est peut-être pas la plus opulente de toutes, certes, mais l’une des plus opulentes ?
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Libé - Appel Pour une primaire à gauche
Thomas Piketty, Daniel Cohn-Bendit, Yannick Jadot, Marie Desplechin..., «Libération» se joint à eux pour demander l'organisation d'une grande primaire à gauche avant 2017.
«Nous refusons la passivité face à l’abstention, au vote Front national et à la droitisation de la société. Nous refusons les renoncements face aux inégalités sociales, à la dégradation environnementale, aux discriminations et à l’affaissement démocratique. Nous refusons la paralysie de nos institutions.
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Pascal Engel : « Non Giorgio Agamben, on peut lutter contre le terrorisme sans perdre notre liberté »
On a souvent constaté que certaines doctrines typiquement réactionnaires étaient partagées par la pensée révolutionnaire. Ainsi le rejet des droits de l’homme, le relativisme et l’historicisme, le refus de la démocratie formelle et de la raison abstraite ont été autant des composantes de la pensée marxiste que de celle des « antimodernes » et des « anti-Lumières ». La pensée postmoderne, qui se veut ultra-individualiste et antiautoritaire, partage avec la pensée réactionnaire nombre de thèses : le culturalisme relativiste, l’anti-rationalisme et le primat de l’émotion, le refus de la démocratie libérale ou l’idée que le droit n’est qu’un travestissement des rapports de force. Le relativisme s’appliquait autrefois aux valeurs morales. Il s’est étendu aux valeurs intellectuelles, comme la vérité et l’objectivité. Celles-ci ne se donnent plus que sous des « régimes de vérité » : on leur fait subir une diète. Sans doute est-ce la raison de la fascination exercée sur la gauche contemporaine par des auteurs jadis jugés réactionnaires comme Nietzsche, qui soupçonnait la volonté de savoir de masquer celle de pouvoir ou Carl Schmitt, qui reprenait à Barrès la distinction de l’ami et de l’ennemi, pour ne rien dire de Heidegger. Par un jeu de bascule, au moment même où ces penseurs devenaient les incontournables de la pensée radicale, les principes de la pensée traditionnellement progressiste – tels le respect des valeurs universelles de vérité et de justice – sont devenus des thématiques conservatrices. En va-t-il des idées comme du climat, qui nous fait aller à la plage en décembre et grelotter en mai ?