Web Analytics

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Tribune - Page 13

  • PS : Vers une quatrième refondation du PS, Henri WEBER

    Tribune d’Henri Weber, directeur des études européennes au PS et ancien parlementaire, dans L’Obs à retrouver sur leur site.

    Au cours de sa longue et tumultueuse histoire, le Parti socialiste a déjà connu trois morts suivies de trois résurrections. La première est survenue en 1920, au congrès de Tours de la SFIO, quand les trois quarts des délégués avaient quitté la salle pour rejoindre le jeune Parti communiste. Quinze ans plus tard, Léon Blum, qui avait choisi de garder la « Vieille maison », entrait à Matignon, à la tête du premier gouvernement du Front Populaire, et entamait la longue série de conquêtes sociales associées à son nom.

    La seconde a eu lieu en 1940 avec l’interdiction du parti et son entrée dans la clandestinité, en Résistance. En 1945, la SFIO reconstituée comptait déjà 300 000 adhérents et devenait le pivot de tous les gouvernements de la IVe République.

    La troisième agonie s’est produite en juin 1969, quand les deux candidats du ticket socialiste à la présidentielle, Gaston Defferre et Pierre Mendès France, ne rassemblèrent que 5% des voix sur leurs noms, et furent sèchement éliminés dès le premier tour. Cette fois-ci, c’était sûr, disaient les observateurs, le socialisme français était passé de vie à trépas. Cinq années plus tard, le candidat du PS, François Mitterrand, obtenait pourtant 49,2% des suffrages exprimés au second tour de la présidentielle de 1974 et manquait de peu la victoire face à Valery Giscard d’Estaing.

    Cette « remontada » était due au succès de la troisième refondation entreprise dès le lendemain du désastre de 1969. Les dirigeants socialistes prirent acte de la fin du cycle de la SFIO d’après-guerre et entreprirent une rénovation de la « vieille maison », de la cave au grenier : rénovation théorique, avec la réappropriation du marxisme, façon Gramsci , remis à la mode par Mai 68 ; rénovation programmatique, avec le projet « Changer la Vie », rédigé par Jean-Pierre Chevènement et incarné dans le mot d’ordre « nationalisation, planification, autogestion » ; rénovation organisationnelle, avec les nouveaux statuts, instituant la proportionnelle des courants et la reconstruction méthodique des fédérations tombées en ruine ; rénovation de la stratégie d’alliance, avec une union avec le PCF et le MRG, se substituant à l’alliance traditionnelle avec les partis centristes.

    Cet « aggiornamento » politique s’est accompagné d’une incorporation de forces nouvelles : la Convention des Institutions Républicaines de François Mitterrand, le PSU de Michel Rocard, des syndicalistes de la CFDT d’Edmond Maire, des animateurs de clubs tels celui de Jacques Delors, des ex-gauchistes soixante-huitards, passés de la révolution à la réforme.

    Aujourd’hui, le PS connait une nouvelle crise existentielle. Est-ce enfin la crise finale qu’on nous annonce régulièrement ? Ou bien la vieille rosse socialiste trouvera-t-elle encore assez de ressources et de créativité en elle-même pour engager et réussir sa quatrième refondation? Je crois dans cette seconde hypothèse, car jamais les valeurs et les grands objectifs du socialisme – une démocratie accomplie, une économie maîtrisée, une société du bien-vivre – n’ont été d’une telle actualité. Jamais le besoin d’une gauche de gouvernement, ambitieuse mais responsable, n’a été aussi impérieux.

    Cette nouvelle refondation différera substantiellement des précédentes, les conditions de l’action politique des progressistes ayant radicalement changé. L’écosystème économique, idéologique, politique, social, diffère du tout au tout de celui des années 70. Mais cette refondation passera tout de même par une rénovation théorique, programmatique, organisationnelle. Et par un amalgame entre le corps historique du PS, ses réseaux d’élus, d’électeurs, de militants, et les nouvelles forces politiques, syndicales, associatives, surgies au cours des dernières années.

    Beaucoup dépend du résultat des élections législatives et de l’avenir de l’entreprise Macron. Au cas souhaitable et probable, où il l’emporte sur Marine Le Pen le 7 mai, va-t-il obtenir une majorité absolue à l’Assemblée nationale, comme il le pense ? Sera-t-il au contraire condamné à la cohabitation avec un gouvernement de droite ? Ou s’efforcera-t-il de bâtir une coalition parlementaire avec la gauche de gouvernement et le centre démocrate-chrétien ?

    Il est trop tôt pour le dire. Deux choses sont sûres toutefois. Les conditions d’une refondation et d’une redynamisation de la gauche réformiste sont beaucoup plus défavorables aujourd’hui qu’en 1969. Si l’époque est à « la revanche des passions », comme le dit Pierre Hassner, si les démagogues sont à la fête, cette refondation aura tout de même lieu. Une partie des socialistes rejoindra En marche, une autre Jean-Luc Mélenchon. Mais une troisième, portée par la nouvelle génération, s’efforcera de construire une social-démocratie du XXIe siècle. L’exemple du SPD allemand, donné pour agonisant il y a seulement six mois et crédité aujourd’hui de 33% des intentions de vote, confirme que la social-démocratie reste une force extraordinairement résiliente.

  • Mediapart - Parce que le pire n’est plus exclu, Par Fabrice Arfi

    L'accident est désormais envisageable. Un mauvais alignement de planètes peut rendre possible l’inconcevable. C’est-à-dire l’avènement du post-fascisme au pays des Lumières. Il n’y a qu’une chose à faire, le 7 mai, pour étonner la catastrophe.
     
    J’ai rencontré une fois Emmanuel Macron. Avec les amis du collectif “Informer n’est pas un délit”, nous avions mis le pied dans la porte du ministère de l’économie, qu’il dirigeait alors. Les faits : nous étions en janvier 2015 et nous — quand je dis “nous”, c’est une poignée de journalistes devenus, comme dans Le Cid, des centaines — avions découvert qu’un amendement avait été discrètement glissé à l’Assemblée nationale dans la loi dite “Macron”. Celui-ci prévoyait, sans débat ni consultation, la création d’un secret des affaires qui était à la chose économique ce que le secret défense est à la chose militaire. Soit une possible arme de dissuasion massive contre le journalisme.
     
    Lire la suite
    ___________________
    ___________________

  • Une lettre de Christian Paul au Nivernais

    La défaite de la gauche est historique. Elle ne nous a pas surpris.

    Nous avons alerté depuis 2014, après chaque élection perdue, sur le risque de cet effacement de la gauche dès le premier tour de la présidentielle. Une politique qui n’a pas un soutien populaire conduit tôt ou tard à la défaite. Si j’ai un regret, c’est d’abord que nous n’ayons pas su convaincre le président de la République de changer de politique alors qu’il était encore temps.

    La campagne qui a été menée après la primaire n’a pas permis d’inverser cette pente. Chacun endosse sa part de responsabilité. Benoit Hamon l’a fait dimanche avec dignité et sincérité.

    Aujourd’hui, notre choix est évident, mais il est douloureux.
    Le combat des socialistes contre l’extrême-droite est aussi ancien que la gauche.

    Aucune voix ne doit manquer pour éviter à la France la démagogie triomphante du Front national. Il faut le combattre avec la clarté des idées et le courage des actes. Nous ne devons jamais renoncer à lutter contre la souffrance sociale qui le fait prospérer. Nous ne devons jamais transiger avec les valeurs de la République.

    Ce n’est pas un chèque en blanc à Emmanuel Macron. Nous en appelons à la conscience des citoyens. Notre vote doit être exigeant. Nous savons que les politiques libérales ont souvent nourri la colère. Nous savons pour qui nous nous battons.

    Mais nous sommes devant le risque majeur de voir un parti xénophobe, profondément anti-européen, prendre le pouvoir. Nous ne pouvons pas rester sans réagir.
    Nous aimons voter POUR. Là, il s’agit de voter CONTRE.

    Notre inquiétude ne s’arrête pas au second tour, le 7 mai.
    On estime à plus de 50% les votes « utiles » portés sur E.Macron! C’est dire que l’adhésion est loin d’être massive. Nous aurons un devoir de vigilance.
    S’il est élu, sa responsabilité sera immense. Le renouveau, ce n’est pas de changer la tête pour continuer les mêmes politiques.
    Notre pays ne lui pardonnerait jamais de ne pas entendre le cri des territoires oubliés et les victimes des crises industrielles ou agricoles. Nous saurons lui rappeler sans relâche et sans complaisance les attentes du monde rural. Car la Nièvre, comme tant d’autres départements, n’est pas épargnée par le vote de protestation et la colère des citoyens.

    Très vite, nous devons échapper à la dictature des sondages, à la pression du « vote utile ». Les votes de conviction sont vitaux à la démocratie. Ils s’exprimeront pour les élections législatives. Pour cela, écartons au plus vite le cauchemar possible de ce second tour de la présidentielle. Ne laissons pas le Front national en tête dans la Nièvre.

    La gauche ne meurt jamais. La France en aura besoin. Nous saurons la réinventer ensemble. Nous retrouverons le chemin du rassemblement et de la confiance. Mais pour l’heure, ne laissons pas l’irréparable se commettre.

    J’en appelle à votre réflexion, pas à une discipline. Vos avis me sont essentiels.

  • L'Obs - Lettre ouverte de Philippe Torreton : "Voilà, c'est fait, on a perdu"

    Cher Benoît, cher Jean-Luc,

    Voilà, c'est fait, on a perdu.

    La gauche regarde le deuxième tour de cette élection présidentielle sur le banc de touche. Je vous imagine travaillant déjà sur l'autre vote, les législatives, l'un s'arrachant les cheveux pour espérer survivre et l'autre planifiant sa revanche.

    Lire la suite
    ____________________
    ____________________

  • Libé - Soutiens à Emmanuel Macron, vous n’êtes plus socialistes

    Une tribune à l'initiative des Jeunes socialistes du Finistère dénonce les ralliements de Jean-Yves Le Drian, Bernard Poignant et Richard Ferrand au candidat d'En marche, qualifiant ce choix d'insulte aux centaines de milliers de citoyens qui se sont déplacés lors des primaires de la gauche.

    Lire la suite
    ___________________
    ___________________

  • Un appel d’une centaine d’élus bretons © Le Télégramme

    Dans une tribune rendue publique hier, une centaine d'élus de gauche de Bretagne et de l'Ouest apportent leur soutien au candidat du PS à l'élection présidentielle Benoit Hamon.

    Lancée à l'initiative de l'ancienne ministre et députée de Morlaix Marylise Lebranchu, cette tribune de soutien à Benoît Hamon est signée par une trentaine grands élus bretons et d'anciens ministres. Parmi eux, Louis Le Pensec, Charles Josselin et Kofi Yamgnane, anciens ministres de François Mitterrand, François Cuillandre, maire de Brest. Au total, une centaine d'élus sont signataires de cette tribune publiée au moment où semble se confirmer le ralliement du premier des élus socialistes bretons, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

    Lire la suite
    ___________________
    ___________________



  • Libé - Contrôle d'identité : les caméras-piétons plus efficaces que le récépissé Par Patrick Kanner, ministre de la Jeunesse, de la Ville et des Sports

    Dans un contexte de profond malaise entre habitants des quartiers populaires et agents de police, le ministre de la Jeunesse et de la Ville Patrick Kanner rappelle les efforts déployés depuis cinq ans par le gouvernement en termes de mixité sociale et de lutte contre les discriminations.
    __________________

    Les relations entre la police et les habitants des quartiers populaires sont un sujet récurrent de tensions, en France comme à l’étranger, et parfois d’affrontements. Mépris, défiance, stigmatisation, menace : le ressenti des uns et des autres semble se faire écho ; dans des termes à peine distincts, habitants et agents de police éprouvent un profond malaise.

    Lire la suite
    __________________
    __________________

  • « Finissons-en avec la République des conjoints ! »

    En pleine affaire Penelope Fillon, le juriste Matthieu Caron propose d’interdire les contrats familiaux, comme l’a fait le Parlement européen.

    En pleine affaire Penelope Fillon, le juriste Matthieu Caron propose d’interdire les contrats familiaux, comme l’a fait le Parlement européen.

    César peut-il embaucher sa femme ? En France, qu’il soit chef de l’Etat, ministre ou parlementaire, il en a pleinement le droit pour autant qu’il ne s’agisse pas d’un emploi fictif. Mais en vérité, cette question concerne davantage la morale républicaine que le droit : pour demeurer insoupçonnable, le représentant politique n’a-t-il pas intérêt à établir une frontière infrangible entre sa vie publique et sa vie privée ?

    Beaucoup ne l’ont pas encore compris : la République n’appartient pas à la famille de César, pas plus qu’à César lui-même. L’on peut concevoir que l’homme politique préfère s’entourer de sa famille car la chose publique est un sacerdoce – mais après tout, nous n’employons pas tous notre conjoint, et le meilleur moyen de le voir davantage ne consisterait-t-il pas pour César à moins cumuler les mandats ?

    Lire la suite
    _________________
    _________________

  • Libé - Avec Benoît Hamon, radicalement de gauche ? Par Un collectif de militants du Parti Radical de Gauche

    Plusieurs cadres et militants du Parti Radical de Gauche (PRG) signent une tribune appelant au dialogue avec Hamon et refusant l'hypothèse Macron.

    L’époque est aux surprises et la victoire de Benoît Hamon a déjoué bien des pronostics. La question qui se pose désormais est celle d’une union de la gauche, dans toutes ses composantes, derrière le vainqueur de la primaire, et de la place du Parti Radical de Gauche dans ce rassemblement.

    Lire la suite
    _________________
    _________________

  • Pierre Alain Muet - Dimanche 29 janvier, je voterai Benoît Hamon

    Dimanche dernier, des centaines de milliers de femmes et d'hommes de gauche ont participé aux primaires citoyennes en affirmant majoritairement leur opposition aux dérives qui ont marqué ce quinquennat.

    Même si je ne partage pas certaines de ses propositions comme le revenu universel, je voterai sans hésiter pour Benoît Hamon. Les combats que nous avons menés ensemble contre la dérive libérale de la politique économique, la déchéance de nationalité, la Loi travail ou encore l'usage du 49.3, sont plus éloquents que les discours de campagne pour savoir qui porte réellement les valeurs de la gauche.

    C'est pourquoi dimanche prochain, j'appelle les électeurs à se mobiliser en nombre pour donner à Benoît Hamon la force de rassembler des gauches que je n'ai jamais cru irréconciliables.

  • Mediapart - Non, M. Ciotti ne peut être Président du Conseil Départemental des Alpes-Maritimes

    Comme le Préfet Leclerc avant lui, Eric Ciotti perd ses nerfs et déverse sa colère et son extrême agitation dans les colonnes de Nice Matin. Il y signe une diatribe rageuse suite à l'élection par les lecteurs du journal de Cedric Herrou comme "Azuréen de l'année". Occasion pour le député d'entretenir un amalgame coupable entre menace terroriste et accueil des migrants.

    Comme le Préfet Leclerc avant lui (lire ici), Eric Ciotti perd ses nerfs et déverse sa colère et son extrême agitation dans les colonnes de Nice Matin, où il signe une diatribe rageuse.

    Avant même de poursuivre, témoignons ici notre compassion à l'égard de l'équipe de rédaction dudit journal, qui doit vivre dans l'angoisse quotidienne de la réception d'une nouvelle tribune courroucée d'une autorité locale hyperactive.

    Venons-en au fait : le quotidien publie en ligne un sondage pour élire l'azuréen de l'année. Parmi ceux-ci figure Cédric Herrou, citoyen solidaire qui est venu en aide aux migrants dans la vallée de la Roya. Et là, catastrophe : des citoyens, lecteurs du journal en ligne, plébiscitent la solidarité. Cédric Herrou est élu "azuréen de l'année" par 55% des suffrages, soit 4257 voix sur 7677.

    Lire la suite
    ________________
    ________________