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  • Jean Gadrey - En France, les très riches émettent 40 fois plus de carbone que les pauvres, mais les pauvres paient plus de 4 fois plus de taxe carbone en % de leurs revenus !

    Ce titre repose sur des évaluations imparfaites, mais les ordres de grandeur sont réalistes.

    On a très peu de données fiables sur les émissions de CO2 en fonction des revenus. Les meilleures à ma connaissance sont celles de Chancel et Piketty à l’échelle mondiale, dans leur étude (en anglais) «Carbon and inequality : from Tokyo to Paris», publiée en 2015, ainsi que les estimations d’une étude d’Oxfam de la même année (celle de la COP21), dont les résultats sont voisins. Mais dans les deux cas, on manque de chiffres nationaux, lacune que je vais essayer de combler en partie avec les moyens du bord.

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  • Jean Gadrey - Priscillia Ludosky (porte-parole des gilets jaunes), une militante sociale-écolo ? Oui, dans une certaine mesure, avec quelques limites à débattre

    On va me dire qu’une personne qui milite pour la baisse des prix des carburants et des taxes correspondantes est de fait anti-écolo, voire « climaticide », vu que tout l’establishment vert défend depuis longtemps le principe des écotaxes comme moyen de réduire la consommation d’énergies fossiles donc les émissions de gaz à effet de serre.....

    .... Venons-en à Priscillia Ludosky. J’ai lu attentivement son long texte récent (11 novembre) accompagnant sa pétition (voir ce lien) et j’ai été impressionné d’une part par le travail méticuleux effectué, d’autre part par la composante « social-écolo » de ses analyses et exigences. C’est parfois discutable, il y a selon moi des manques et je vais y venir, mais je trouve que la tonalité générale est souvent proche de positions que je défends (voir mes deux billets récents) ou de celles d’Attac et de certaines ONG écolo. 

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  • Jean Gadrey - Réduction des aides sociales : les jeunes Gérald et Bruno recalés à ParcoursSup ! Ils doivent s’abonner à Alternatives économiques. C’est le moment !

    La raison ? Dans sa lettre de motivation, Gérald avait écrit : « je ne sais pas combien il y a d’aides sociales ni combien ça coûte, mais mon projet professionnel est de les réduire car il y en a trop ». Quant à Bruno, il avait voulu être plus précis (avec le même projet professionnel baptisé « la hache ») en écrivant que les aides sociales représentaient 50 % de la dépense publique.

    Il faut croire que les universitaires qui ne les ont pas retenus sont des conservateurs appartenant à l’ancien monde, incapables de déceler une innovation totalement disruptive. Ou alors qu’ils ont attaché de l’importance à des bourdes factuelles des deux jeunes au lieu de retenir l’ambition du projet professionnel.

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  • Jean Gadrey - Hommage à un Gilbert Cette disparu trop tôt

    C’est une période d’hommages à nos chers disparus, et j’en profite pour rappeler à ceux qui l’auraient oublié la disparition, au cours des années 2000, non pas de l’actuel Gilbert Cette, mais de celui qui l’a précédé avec ce même nom. Le nouveau Cette est bel et bien parmi nous, heureusement pour lui, malheureusement pour les syndicats et pour ceux et celles qu’ils défendent. Il vient de présider la commission de super experts préconisant la mise à mort du SMIC tel que nous le connaissons.

    C’est donc un autre Gilbert Cette dont nous pouvons déplorer la disparition. Il a été emporté par l’épidémie du virus « néolib » qui s’est propagé chez nous depuis trois décennies, frappant aussi bien de brillants économistes (brillants selon eux) que la grande masse des « prolétaires de tous les pays ».

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  • Quelles priorités pour une fiscalité juste ? 27 septembre 2016

    Comment rendre l’impôt plus juste ? D’abord en s’attaquant à l’évasion et aux niches fiscales. Ensuite, en reconstruisant un vrai impôt progressif. Par Jean Gadrey, économiste, professeur honoraire à l’université Lille 1.

    La fiscalité est souvent citée comme le principal outil public capable d’améliorer l’égalité des ressources économiques des citoyennes et des citoyens. Elle n’en est que l’une des composantes, mais elle a l’avantage, par rapport à d’autres politiques (de logement ou de santé par exemple), d’avoir des effets rapides. Avant d’en venir à ce que pourraient être les priorités d’une fiscalité juste, quelques rappels s’imposent.

    Une fiscalité plus juste

    En premier lieu, la fiscalité consiste à prélever des montants d’argent à certains (recettes fiscales) pour ensuite les dépenser (dépenses publiques). Ces deux volets influent sur les inégalités. D’abord, les « prélèvements » sont-ils justes, tiennent-ils compte des « capacités contributives », prélève-t-on proportionnellement plus sur les plus riches (c’est ce qu’on appelle alors la progressivité), suffisamment sur les entreprises par rapport aux ménages, etc. ? Ensuite, les dépenses publiques ont-elles ou non un effet de réduction des inégalités, qu’il s’agisse des services publics (qui ont joué dans le passé un rôle positif majeur) ou des dépenses sociales (minima sociaux, allocations diverses, dépenses pour le chômage, etc.) ? On ne traitera ici que de la première question : celle de la justice sous l’angle des recettes fiscales.

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  • Jean Gadrey - Evasions panaméennes : le rôle méconnu d’accords de « libre-échange » made in USA

    Les « Panama papers » semblent pour l’instant minorer l’évasion fiscale étatsunienne. Il y a à cela diverses raisons qui n’ont rien à voir avec un mythique complot de la CIA. L’une d’elles est que l’évasion fiscale, bel et bien pratiquée par les firmes et les riches citoyens américains, peut se faire… sans quitter le pays, en bénéficiant de paradis fiscaux internes comme les états du Delaware ou du Wyoming. D’autres bonnes explications sont fournies par Marina Walker Guevara, la directrice adjointe du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) qui a coordonné l’enquête journalistique sur cette fuite massive de documents (qui n’ont pas encore été tous épluchés, de sorte que de nouvelles révélations sont probables).

    On peut toutefois déjà établir un lien entre cette affaire du Panama et l’influence des lobbies financiers étatsuniens. Presque personne n’en parle, et pourtant, depuis des années, ces lobbies ont obtenu des gouvernements américains successifs, en commençant par celui de Georges W. Bush (mais Barack Obama et Hillary Clinton, comme Secrétaire d’Etat de ce dernier, ont mis la touche finale sans sourciller), qu’ils fassent pression sur de petits états d’Amérique centrale amenés à signer deux accords dits de libre échange directement inspirés de l’ALENA (accord entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, en vigueur depuis 1994).

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  • Jean Gadrey - Revenu de base : réponses à quelques objections

    Mes trois billets récents, faisant suite à un billet de janvier 2015 et à trois autres en novembre dernier, exprimaient de sérieux doutes et des critiques, mais pas de rejet. Je fais partie de ceux et celles qui ne sont pas prêts à « signer » parce que le contrat est encore flou et les résultats incertains, mais le débat reste ouvert et important. D’ailleurs le site du MFRB (mouvement français pour un revenu de base) a fait preuve lui aussi d’ouverture en relayant mes billets récents.

    Parmi les commentaires reçus, plus un entretien téléphonique stimulant avec Baptiste Mylondo (l’un des bons avocats d’un RB de gauche), je retiens quelques objections et suggestions. J’y réponds en commençant par des questions plus techniques où je resterai bref, et en poursuivant par une question politiquement centrale pour moi.

    Les questions techniques portent sur les très nombreuses possibilités de financer le RB. Des commentateurs/trices évoquent ainsi la création monétaire, la taxation des transactions financières (TTF), divers impôts, la « flat tax », etc.

    Il faut selon moi financer un éventuel RB par l’impôt progressif et peut-être par des cotisations sociales « récupérées » (la majeure partie des exonérations et déductions actuelles sont inefficaces, sans contrepartie et bien trop coûteuses en termes de création d’emploi), et pas avec la création monétaire ni des taxes spéciales dont la TTF. Je m’en explique très sommairement, cela aussi doit faire partie des débats ouverts.

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  • Table-ronde : Geneviève Azam, Jean Gadrey et Gaël Giraud La transition énergétique, une contrainte... ou une chance ? Organisée par l'association négaWatt le 14 mai 2013 à Paris

  • Jean Gadrey - Les Grecs ne s’en sortiront pas seuls, là est le principal problème

    Des dizaines de commentaires circulent dans la presse et sur la Toile depuis la signature de ce que Jean-Marie Harribey nomme à juste titre sur son blog « l’accord de Berlin » du 13 juillet 2015, en montrant clairement, texte à l’appui, qu’il s’agit d’une vraie défaite pour le peuple grec et pour la plupart de ceux qui ont voté « Non » au referendum. C’est en l’état un abominable accord néocolonialiste, dans sa version moderne : le néocolonialisme financier.

    Des « solutions » alternatives sont proposées un peu partout. Parmi elles, on trouve notamment 1) celles de Yanis Varoufakis (« émettre des IOUs » - phonétiquement « I owe you », « je vous dois », des reconnaissances de dettes en euros) ; « appliquer une décote sur les obligations grecques » détenues par la BCE depuis 2012, pour réduire d’autant la dette, et « prendre le contrôle de la Banque de Grèce des mains de la BCE », et 2) celles plus radicales et plus complètes d’Eric Toussaint, qui sont en très résumé les suivantes, au delà de la suspension du paiement de la dette

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  • Jean Gadrey - Un taux de chômage plus élevé aux Etats-Unis qu’en France ?

    Officiellement, le taux de chômage étatsunien a de quoi nous faire pâlir d’envie : 5,4% en avril dernier, contre 10,6 % chez nous en février, près du double ! Dans les deux pays, ces chiffres sont loin de décompter tout le sous-emploi, les non inscrits, les chômeurs et travailleurs potentiels découragés et bien d’autres façon d’être au chômage ou en sous emploi sans faire partie des chiffres officiels au sens du BIT.

    Pour la France, j’avais estimé que le « déficit d’emplois » était compris entre 6 et 7 millions, « environ deux fois le chiffre officiel des chômeurs au sens du BIT en France entière ». Soit un taux de chômage au sens large de l’ordre de 20 %.

    Mais la sous-estimation du chômage par les chiffres officiels est bien pire aux Etats-Unis, et cela commence à être reconnu, y compris dans ce pays. Un article des Echos du 17 mai, signé d’Antoine Colson, fait le point à juste titre, mais de façon incomplète. Je vais tenter de compléter.

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  • Jean Gadrey - Quand la monétarisation de tout (pour la bonne cause) tourne au délire économique

    On voit de plus en plus passer des chiffres gigantesques sur les coûts de tout et n’importe quoi (des pollutions, du réchauffement climatique, du maltravail, de la malbouffe, du tabac…). Ils seraient destinés à frapper les esprits, mais ils reviennent en fait à prendre les citoyens pour des imbéciles incapables de comprendre autre chose que des montants monétaires que l’on « gonfle » à grands renforts de méthodes économiques aussi sophistiquées que dénuées de sens. L’éducation populaire mérite mieux.

    Je ne critique nullement certaines estimations monétaires parfaitement sérieuses et défendables parce qu’elles reposent sur des coûts « réels » repérables ou correctement évaluables, par exemple des coûts sanitaires. Mais elles n’atteignent jamais les montants astronomiques « frappants » de ces évaluations se voulant militantes mais complètement engluées, parfois sans en avoir conscience, dans un économisme délirant.

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