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Article de la semaine

  • Les ruses de la raison numérique À propos de : Sébastien Broca, Pris dans la toile. De l’utopie Internet au capitalisme numérique, Seuil

    D’utopie à dystopie, comment Internet s’est-il retourné contre ses propres valeurs libertaires en quelques décennies ? Par l’analyse d’un vaste corpus documentaire, Sébastien Broca étudie cette transformation sous l’angle des critiques de l’empire des « big tech » du numérique.

    Au début de l’année 1995, Kirkpatrick Sale, une figure de la gauche contestataire américaine depuis les années 1960, publie Rebels Against the Future, un essai qui appelle à réinvestir sans attendre le mouvement des luddites. Joignant le geste à la parole, il détruit un ordinateur IBM à coups de massue, afin de dénoncer une industrie informatique qu’il dénonce comme polluante, menaçant la vie privée, déqualifiant le travail et renforçant les bureaucraties. Kevin Kelly, rédacteur en chef du magazine Wired, défend une vision en tout point opposée. Selon lui, l’informatique mettra fin aux crises économiques, l’inefficacité des administrations et la domination des grandes entreprises. Un échange est organisé entre les deux hommes. Devant leur éditeur commun, un pari à 1000 dollars est lancé. Sale prétend que le développement de l’industrie informatique provoquera un effondrement généralisé, provoqué par une crise économique plus dramatique encore que celle de 1929, une révolte sociale des pauvres contre les riches et une série de catastrophes naturelles. Date annoncée : 2020. Vingt-cinq ans plus tard, l’histoire n’a pas donné raison à Kirkpatrick. Elle ne lui a pas non plus donné complètement tort. Leur éditeur a d’ailleurs prononcé un match nul

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  • Des élections municipales test pour la présidentielle : comprendre la « nationalisation » du scrutin par Rémi Lefebvre Professeur de science politique université Lille 2, Université de Lille

    À un an de la présidentielle, les élections municipales 2026 sont « nationalisées » dans le récit médiatique et par certains partis politiques. Pourtant, les candidats locaux, comme la plupart des électeurs, demeurent fidèles à une logique locale et non partisane. Analyse.

    Les élections municipales de 2026 se tiennent un an avant l’élection présidentielle. La précampagne présidentielle a d’ailleurs déjà commencé : des candidats sont déjà déclarés à une primaire de gauche (François Ruffin, Marine Tondelier…) ou à l’élection elle-même (Bruno Retailleau, Jérôme Guedj…). La configuration fait penser aux élections municipales de 2001 qui avaient précédé de quelques mois l’élection présidentielle (avril 2002). Cet effet de calendrier contribue à nationaliser les élections municipales.

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  • Slate - «Écouter du rap, mais conscient; regarder une série, mais en VO»: quand l'éclectisme culturel devient un privilège par Victorien Bornéat

    Auteur du manifeste «L'Exclusion culturelle», Victorien Bornéat, conseiller culture au sein d'une grande collectivité territoriale, remet en question les rapports de pouvoir entre les classes sociales par le prisme de la culture. Pour lui, la distinction sociale se fait désormais davantage par le mélange des pratiques culturelles.

    Notre modèle français de démocratisation culturelle a-t-il vraiment permis de réduire les inégalités? Non, répond Victorien Bornéat dans son livre L'Exclusion culturelle – Manifeste pour une riposte populaire, qui paraît le 23 janvier aux Éditions du Faubourg, en partenariat avec la Fondation Jean-Jaurès. Conseiller culture en cabinet au sein d'une grande collectivité territoriale, il explique que la «culture subventionnée» reste massivement fréquentée par les diplômés et les classes supérieures, tandis que les classes populaires en sont symboliquement et concrètement tenues à distance, au point que supprimer des budgets culturels devient un argument électoral.
    Nous publions ici un extrait de son livre, la sous-partie intitulée «Le brouillage des frontières entre le savant et le populaire».

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  • Fondation Jean Jaurès, Mathieu Alapetite, Stewart Chau - « Bien vieillir sur son territoire » : entre préoccupations, attentes et méconnaissances, des maires très attendus

  • Le Grand Continent - La coalition de Pedro Sánchez contre le « Far West numérique » : discours intégral

    À Dubaï, le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a annoncé le lancement d’une coalition des volontaires en Europe sur la gouvernance du numérique.

    Face aux oligarques des réseaux à la tête d’un « État failli », il liste les mesures concrètes de l’Espagne pour « reprendre le contrôle ».

    Nous le traduisons.

    Altesses, Mesdames et Messieurs,

    Je pourrais aujourd’hui vous parler des excellents résultats de l’économie espagnole et de toutes les opportunités d’investissement qu’elle offre.

    Je pourrais parler d’un pays dont l’économie a connu une croissance de 2,8 % en 2025, soit près du double de la moyenne de la zone euro, dont le PIB vient de dépasser les 2 000 milliards de dollars, qui a créé près de 600 000 emplois l’année dernière, soit environ la moitié de tous les nouveaux emplois créés dans l’Union.

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  • Fondation Jean Jaurès, Guillaume Duval - Pour une véritable « refondation sociale »

    L’affaiblissement continu des droits des salariés, du syndicalisme et de la négociation sociale alimente le divorce entre les classes populaires, la gauche de gouvernement et la démocratie. Pour enrayer le phénomène, Guillaume Duval formule des propositions fortes : renforcement des droits des salariés, instauration d’une codétermination inspirée du modèle allemand, relance de la négociation collective à tous les niveaux… Cette refondation, peu coûteuse budgétairement mais politiquement structurante, est indispensable pour revitaliser la démocratie et renforcer la compétitivité de l’économie française.

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  • Observatoire des inégalités - Redistribution : comment les impôts et les prestations réduisent les inégalités

    Impôts et prestations sociales réduisent les inégalités de niveau de vie entre les plus riches et les plus pauvres. La redistribution fonctionne en France, mais les écarts de revenus sont considérables à l’origine. L’analyse d’Anne Brunner et Louis Maurin, de l’Observatoire des inégalités.

    À la base, les 10 % les plus aisés ont en moyenne un revenu 21 fois plus élevé que les 10 % les plus modestes : 8 275 euros par mois contre 393 euros pour une personne seule, selon l’Insee en 2024 [1]. Avant impôts, la France est l’un des pays les plus inégalitaires parmi les pays riches.

    Une fois les impôts retirés et les prestations sociales versées, les plus aisés ne touchent plus que 6 201 euros tandis que le niveau de vie des plus modestes s’élève à 997 euros. Les impôts et les prestations sociales redistribuent une partie des revenus entre les premiers et les seconds, ce qui fait baisser le rapport entre les revenus moyens des 10 % les plus riches et des 10 % les plus pauvres, de 21,1 à 6,2.

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  • La Vie des idées - La proportionnelle : une urgence démocratique

    L’adoption du mode de scrutin proportionnel apparaît aujourd’hui, selon deux politistes, comme une condition nécessaire pour redonner à la démocratie française la capacité de renouer avec des gouvernements représentatifs, stables et opérationnels.

    La France est dans une impasse politique : les majorités se défont aussi vite qu’elles se forment, les institutions peinent à gouverner au point qu’adopter une loi de finances relève désormais de l’exploit, et la confiance des citoyens dans les institutions, les partis et leurs dirigeants atteint des niveaux historiquement bas. Si les facteurs de cette paralysie sont multiples, une clé du problème se trouve au cœur même de notre architecture institutionnelle : dans la logique majoritaire propre à la Ve République, de plus en plus inadaptée à un pays profondément divisé. Conçu pour organiser l’affrontement de deux camps, le système électoral majoritaire cristallise ce décalage. Cet ensemble de règles fixant qui peut voter, comment les votes sont exprimés et surtout comment ils se traduisent en sièges, pèse lourd dans la composition de l’Assemblée nationale, la formation des gouvernements et la manière même de gouverner. À l’heure où gouverner est devenu si difficile, le système électoral mérite donc toute notre attention.

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  • Observatoire des inégalités - 30 années d’évolution de la pauvreté en France

    Les trente dernières années sont marquées par une baisse, puis une remontée, de la pauvreté. La dynamique antérieure de rapprochement des niveaux de vie est stoppée. Mais la pauvreté a aussi changé de visage, avec plus de jeunes, de femmes seules avec enfants et d’immigrés. L’analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.
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    En trente ans, le nombre de pauvres en France a peu évolué : il est passé de 5,2 à 5,4 millions, et le taux de pauvreté, de 8,2 % à 8,4 %, au seuil de pauvreté fixé à 50 % du niveau de vie médian. Cette stabilité apparente est trompeuse car cette période est marquée par une nette diminution de la pauvreté, suivie d’une remontée encore plus importante.

    Dans une première phase, du milieu des années 1990 au début des années 2000, le taux de pauvreté diminue nettement, de 8,2 % à 6,6 % entre 1996 et 2002, son point le plus bas. Le nombre de pauvres baisse de son côté de 4,6 à 4,2 millions [1]. De 1997 à 2001, la croissance française a été particulièrement vigoureuse et le chômage a nettement diminué. Une part importante de personnes ont alors vu leurs revenus augmenter.

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  • Observatoire des inégalités - Les rémunérations démesurées des grands patrons

    Les patrons les mieux rémunérés de France touchent entre 600 et 1 400 années de smic par an. Et encore, sans tenir compte de tous leurs avantages, ni des revenus qu’ils tirent de leur patrimoine.

    Les cinq patrons les mieux payés en France parmi les 120 plus grandes entreprises cotées à la Bourse de Paris ont touché entre 10 et 23 millions d’euros au titre de 2024, selon le classement établi par Proxinvest [1]. Leur rémunération débute à dix millions d’euros par an (l’équivalent de 600 années de smic) pour Gilles Gobin, le gérant de Rubis, une entreprise de distribution de produits pétroliers. Cela représente l’équivalent de 600 années payées au smic. Elle atteint 23,1 millions d’euros pour Francesco Milleri, le PDG d’EssilorLuxottica, selon Proxinvest. Il faudrait à un smicard travailler 1 372 années pour gagner autant.

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  • Observatoire des inégalités - La fraternité, remède contre l’inégalité « C’est pas juste ! »

    « C’est pas juste ! », notre ouvrage pour tout comprendre sur les inégalités à partir de 11 ans, vient de paraitre. Dans son avant-propos, Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, s’adresse aux jeunes lecteurs et lectrices.

    Un enfant qui dort dans la rue, une personne qui ne trouve pas de logement parce qu’elle est noire, une femme moins payée qu’un homme..., ce n’est pas juste. Les règles doivent être les mêmes pour tout le monde. Les inégalités et les discriminations nous choquent. Tous et toutes.

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    Enfin, presque. On entend de plus en plus de voix s’acharner sur les plus faibles, sur ceux qui sont « différents ». Au sujet des étrangers notamment, accusés de toutes les difficultés de notre société, une forme de racisme à peine déguisé, avec des mots plus mesurés. Des femmes aussi, que certains cantonneraient bien à la maison et auprès des enfants, des personnes LGBT+, qui auraient des pratiques hors normes, ou des plus pauvres, qui seraient des « assistés », vivant au crédit des autres.

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