L’union ne fait pas nécessairement la force, mais elle crée un effet de masse. Trente et une personnalités du monde universitaire, juridique et associatif, et les 35 925 signataires d’une pétition se mobilisent depuis ce lundi contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP). Ils se joignent, en fait, au recours déposé par une soixantaine de députés et sénateurs, devant le Conseil constitutionnel contre cette opération.

EUROPE

Non Fiction - Vers un Etat providence européen ? Entretien avec Xavier Ragot

Xavier Ragot, Président de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques, vient de faire paraître Civiliser le capitalisme . Il y insiste sur la forte divergence des économies européennes depuis l’instauration de l’euro et sur le besoin de procéder aux ajustements nécessaires d’une manière et à un rythme qui soient politiquement acceptables. Il plaide parallèlement, afin de renforcer la zone euro, pour le développement d’un Etat providence européen et, en premier lieu, en faveur d’une assurance chômage européenne. A la veille des élections européennes, Xavier Ragot apporte donc sa contribution au débat européen, en espérant que celui-ci puisse se porter sur des enjeux véritables. Il a accepté de répondre à quelques questions pour présenter son livre à nos lecteurs.

PS

Europe 1 - Après les européennes, "une période vitale" s'ouvrira au PS

Un discret bien disert en ce moment : ces deux derniers jours, on a beaucoup entendu Jean Yves Le Drian, à propos des otages et de leur comportement, sur Europe 1, samedi matin, mais aussi sur l’état du Parti socialiste et c’est beaucoup plus rare, dans Le Parisien, dimanche. Deux sorties qui montrent l'envie du ministre des Affaires étrangères de faire entendre une voix de gauche dans le macronisme. Une voix que le PS tente d'ailleurs de porter par divers moyens, analyse lundi notre éditorialiste Michaël Darmon.

RWANDA

Le Figaro - Glucksmann ancré sur ses positions après les critiques des ex-ministres PS sur le Rwanda

Le candidat de la liste PS-Place publique ne renoncera pas à ses positions sur le Rwanda malgré les critiques d’ex-ministres PS sur le sujet, dont Bernard Cazeneuve qui soutient la liste jeudi à Lyon.

«Sa position est claire, connue de tous. Elle ne date pas d’hier et elle n’a pas changé. Alors très franchement, nous nous étonnons que certains fassent mine de la découvrir et instrumentalisent un sujet aussi grave en pleine campagne électorale!» La position de Raphaël Glucksmann, selon son entourage, a le mérite d’être franche.

GILETS JAUNES

Loin d’être sans leader, le mouvement des gilets jaunes est constamment traversé par des luttes de leadership. L’ethnographie d’un rond-point de mobilisation et des tensions qui traversent différents groupes de l’agglomération lyonnaise permet de mieux comprendre l’inscription dans le temps de ce mouvement.

Après plus de quatre mois de mobilisation, l’heure semble être au bilan du « Grand débat ». Réel effort de concertation du gouvernement pour les uns, mascarade pour les autres, la controverse médiatique et politique place les revendications des gilets jaunes au cœur de l’actualité. Elle focalise ainsi l’attention sur les dimensions délibérative et nationale du mouvement (qu’il s’agisse du « Grand débat », de son alternative, le « Vrai débat », porté par d’autres gilets jaunes, ou encore de l’ « Assemblée des assemblées » réunie à Saint-Nazaire), au risque de faire oublier que la pratique des assemblées ne va pas de soi, mais aussi que les mobilisations locales, nées sur les ronds-points, se poursuivent.

GADREY

Jean Gadrey - Voulez-vous préserver l’environnement OU la croissance et l’emploi ? Une question trompeuse de l’enquête sur les valeurs des Européens 

Je pourrais me contenter d’afficher une relative satisfaction quant aux réponses enregistrées à cette question, dont je préciserai l’énoncé un peu plus loin. Voici le commentaire du Monde du 25 avril 2019, sous la plume de deux chercheurs à Sciences Po Grenoble : « 50 % [des Français.e.s] privilégie la protection de l’environnement au détriment de l’économie et de l’emploi. Seulement un tiers choisit l’économie ». Pour information, la préférence pour l’environnement est plus forte dans l’électorat de gauche que dans celui de droite et surtout d’extrême-droite, mais même dans ces deux derniers cas, les choses sont plus équilibrées qu’on pourrait le penser a priori.

DEPENSE PUBLIQUE

Les Economistes atterrés - Dépense publique : Sortons du débat tronqué
Cette note Gambetta de Christophe Ramaux explique le caractère fallacieux de l’insistance sur les 56% du PIB de dépenses publiques. Cela laisserait à penser qu’il ne resterait plus que 44 % pour le privé, alors que c’est complètement faux : si’on calcule la dépense privée comme on calcule la dépense publique, elle atteint environ 200 % du PIB.

LE LIBRE

Bastamag - Logiciels, semences, éducation : à la rencontre des activistes du « Libre », pionniers d’une société de partage

Tous connectés ! Tous captifs ? Deux logiques s’affrontent au cœur de la technologie : les principes émancipateurs du logiciel libre s’attaquent à ceux, exclusifs, du droit de la propriété intellectuelle. La révolution du partage ne concerne pas que le numérique : des pratiques collectives « non propriétaires » essaiment dans l’alimentation avec les semences libres, dans la santé avec des médicaments « open source », ou dans l’éducation grâce au libre accès à la connaissance… Le nouveau documentaire de Philippe Borrel, « Internet ou la révolution du partage », part à la rencontre de celles et ceux qui, de l’Inde aux Etats-Unis en passant par l’Europe, expérimentent ces outils d’émancipation. Il est diffusé ce mardi 7 mai à 23h55 sur Arte. Retrouvez sur Basta ! une série de bonus.

CATASTROPHES

À propos de : Sandrine Revet, Les coulisses du monde des catastrophes « naturelles », EMSH

En quelques décennies, les catastrophes dites « naturelles » sont devenues un véritable enjeu pour les professionnels de l’international. Une longue enquête de terrain dévoile le fonctionnement concret de la gestion des désastres environnementaux, des bureaux de l’ONU aux pays concernés.

Après avoir analysé localement, à l’aide de méthodes ethnographiques, la construction sociale d’une catastrophe dans Anthropologie d’une catastrophe. Les coulées de boue de 1999 au Venezuela, en 2009, Sandrine Revet, anthropologue et chercheuse au Centre de Recherches Internationales de Sciences Po, s’intéresse dans ce nouvel ouvrage à l’émergence d’un « gouvernement international des catastrophes “naturelles” ». Son ouvrage s’appuie sur une enquête menée entre 2008 et 2015 qui l’a conduite des bureaux de l’ONU à Genève spécialisés dans la gestion des catastrophes à plusieurs pays d’Amérique latine où elle a observé la mise en place de séances de formation ou des exercices de simulation de catastrophes. L’observation des négociations entre des délégués du monde entier lors d’une conférence internationale en 2015 à Sendai, au Japon, ouvre l’ouvrage et clôt son enquête, sur la gestion internationale des catastrophes « naturelles ».

DROITS DES FEMMMES

Fondation Jean Jaurès - L’inquiétant recul des droits des femmes dans le monde, Ghislaine Toutain, Amandine Clavaud

Pour la sixième année consécutive, la Fondation Jean-Jaurès a participé activement à la 63session de la Commission de la condition de la femme de l’Onu.

Le thème prioritaire portait cette année sur « Les systèmes de protection sociale, l’accès aux services publics et les infrastructures durables au service de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes et des filles ». On ne peut que se féliciter que cette question soit abordée au niveau international quand on sait qu’en 2019, les femmes et les filles constituent la majorité des plus de quatre milliards de personnes ne disposant pas de protection sociale[1], alors même que l’accès à la protection sociale et aux infrastructures durables conditionne la mobilité des femmes, renforce leur participation à la vie politique et professionnelle et donc leur autonomisation. 

PENSIONS ALIMENTAIRES

OFCE - Le recouvrement des impayés de pensions alimentaires réduit les dépenses sociales mais réduit également le niveau de vie de certaines mères isolées

Lors de son allocution du 26 avril, Emmanuel Macron a annoncé le renforcement de l’aide au recouvrement des Contributions à l’éducation et l’entretien des enfants (CEEE), communément appelées « pensions alimentaires » auprès des pères débiteurs : « on ne peut pas faire reposer sur des mères seules qui élèvent leurs enfants (…) l’incivisme de leurs anciens conjoints. ». Dans le système actuel, cet incivisme repose davantage sur la solidarité nationale que sur les mères elles-mêmes, si ces dernières font valoir leurs droits auprès de la CAF. En effet, la Loi de 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes a mis en place la Garantie d’impayé de pension alimentaire (GIPA) qui assure le versement d’un montant minium de pension égal à l’Allocation de soutien familial (ASF, environ 115 euros par enfant par mois) lorsque l’ex-conjoint ne paie pas ce qu’il doit au titre de l’éducation et de l’entretien de ses enfants. Au-delà de ce dispositif spécifique, le RSA et la Prime d’activité garantissent un revenu minimum à toutes les personnes éligibles. Les parents isolés, qui sont le plus souvent des femmes, perçoivent des majorations permettant de tenir compte de leur situation familiale. La solidarité nationale prend donc le relai des ex-conjoints défaillants pour les parents isolés aux revenus  les plus faibles. Lorsque le parent débiteur verse la CEEE due, le montant de RSA ou de la prime d’activité que perçoit le parent créditeur sont réduits d’autant.

L'ETAT

Bernardo Zacka, When the State meets the Street. Public services and moral agency, Harvard University Press

L’État : monstre froid et monolithique, ou chaîne dont chaque maillon possède une relative autonomie ? C’est ainsi que préfèrent l’envisager deux ouvrages récents, au risque de dépolitiser le travail des Street-level bureaucrats.

Comment s’exerce la domination de l’État sur les populations gouvernées ? Depuis l’ouvrage programmatique de Michael Lipsky consacré aux Street-level bureaucrats – expression désignant tous les agents qui disposent d’un pouvoir discrétionnaire sur d’autres personnes – cette question a été largement investie grâce à plusieurs enquêtes ethnographiques menées au sein des administrations sociales [1]. Deux récents livres viennent compléter cette littérature désormais foisonnante sur les coulisses de l’État. Le premier est signé par Jean-Marc Weller, chercheur au CNRS et spécialiste de longue date de l’observation des organisations bureaucratiques : vingt ans après avoir écrit L’État au guichet, il publie Fabriquer des actes d’État, synthèse de plusieurs enquêtes de terrain réalisées dans les bureaux de la Sécurité sociale et dans un tribunal de proximité.