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31/08/2017

Non Fiction - Chronique Scolaire - le pragmatisme critique en pédagogie

L'histoire des pédagogies nouvelles est marquée par une orientation pragmatiste qui a souvent correspondu à une perspective émancipatrice en éducation. Mais les travaux en sociologie de l'éducation montrent que, paradoxalement, les pratiques pédagogiques qui favorisent l'autonomie des élèves semblent plus favorables aux élèves qui maîtrisent déjà des savoirs pré-requis

L’optimisme des pédagogies nouvelles

Au XIXe siècle, le socialiste Pierre-Joseph Proudhon, dans une étude qu'il consacre au travail, met en lumière l'importance de prévoir la constitution d'un plan d'éducation ouvrière. Cet auteur accorde une place centrale au travail, en considérant que toutes les idées, y compris métaphysiques, en sont sorties. Les idées naissent de l'action. Ceci constitue un renversement à la fois religieux et philosophique : au commencement n'est pas le verbe, mais l'action. Proudhon affirme par ailleurs que l'observation introduit la démocratie dans l'éducation : dans ce cas, les apprenants ne reçoivent plus dogmatiquement un discours, mais ils se fient à leurs observations pour juger. Corrélativement, il considère la démocratie comme une « démopédie », une éducation du peuple.

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00:05 Publié dans Réflexions | Tags : non fiction | Lien permanent

05/08/2017

Non Fiction - Chronique scolaire – L’école peut-elle se passer de discipline ?

L’école républicaine encourt souvent le reproche, dans une société qui valorise la réalisation individuelle, de mouler les individus dans un cadre uniformisant impropre à répondre aux transformations économiques et à épanouir les individus.

Certains reprochent à l’école de manquer d’autorité et prônent un « retour à la discipline ». D’autres, au contraire, proposent des modèles alternatifs au modèle républicain de l’enseignement public : ils tentent de penser une école qui, moins centrée sur la discipline de groupe, arriverait davantage à penser les individus et à se penser à partir d’eux.

D’un point de vue théorique, en France, la question de la place de la discipline à l’école s’inscrit dans un débat ancien entre la tradition issue de la pensée philosophique de Rousseau et celle issue de la pensée philosophique de Kant ou de la sociologie de Durkheim. D’un point de vue historique, elle pose le problème du modèle scolaire qui se met en place en France au XIXe siècle, dans le sillage de la Révolution française.

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11:50 Publié dans Analyses | Tags : non fiction | Lien permanent

03/08/2017

Non Fiction - Idéographie - la révolte comme attitude politique

Des printemps arabes aux mouvements des places, du printemps érable canadien à Nuit debout : la révolte est redevenue d'actualité depuis quelques années, sous plusieurs formes et dans plusieurs pays. A partir de nos archives, cette nouvelle « idéographie » de Nonfiction explore un thème crucial pour penser notre rapport à la politique et au politique.

Révoltes d'hier

Un certain nombre d'ouvrages récents s'attachent à penser des révoltes anciennes. Certaines sont célèbres, notamment, bien-sûr, la Révolution française. Jean-Clément Martin revient sur le rôle des femmes dans la Révolution, qui a semblé un temps pouvoir être une grande occasion d'émancipation féminine avant de virer à la « révolte brisée ». La Révolution de 1789 ne vient pas de nulle part : elle est le fruit d'une longue histoire politique et intellectuelle qui, au fil des révoltes du XVIIe et XVIIIe siècles, a placé l'irrespect au cœur du discours politique. Furio Jesi s'attache quant à lui à penser l'insurrection spartakiste dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres, en proposant l'une des plus belles définitions de la révolte, vue comme un moment de « suspension du temps ». Dans une perspective comparable, Anne Steiner enfin montre les liens qui peuvent exister entre l'anarchisme de la Belle époque et l'activisme contemporain : à chaque fois, il s'agit de faire un pas de côté, non pas pour affronter, mais plutôt pour se mettre en retrait du système.

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14:45 Publié dans Réflexions | Tags : non fiction | Lien permanent

20/12/2015

Non Fiction : La philanthropie remplacera-t-elle l’État-providence ?

Résumé : Une étude de l'action de la philanthropie sur la société américaine.

Cet ouvrage a une double ambition. D’une part, il est descriptif dans sa vocation ethnographique de l’exploration d’un terrain mené auprès d’une fondation philanthropique de Boston ; de l’autre, explicatif dans sa tentative de théorisation des implications sociétales de l’action philanthropique dans une société américaine qui est stratifiée et inégalitaire.

L’exploration des valeurs sociales présentes aux Etats-Unis dans les représentations associées aux pauvres dans le contexte d’un Etat fédéral est ici essentielle pour saisir la dynamique de la question sociale.
Ainsi, le volontarisme est la valeur dominante : il combine l’individualisme à une importance conférée au groupe. Traduit dans les termes de l’aide sociale, ceci implique que les individus soient responsables d’eux-mêmes et qu’en même temps ils agissent en faveur de la communauté. Cette dernière est étroitement liée à la question urbaine, où la hiérarchie interne et externe en termes de réputation sociale est omniprésente.
C’est dans cette articulation précise entre individus pauvres, la communauté confrontée à des difficultés économiques et sociales cumulatives (chômage, ségrégation, incarcération) et  un tissu associatif d’aide que se joue la vocation de la « FRA », Fondation pour le Rêve Américain, étudiée par l’auteur.

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14:05 Publié dans Réflexions | Tags : non fiction | Lien permanent

19/11/2015

Non Fiction - Repenser la stratégie contre le Califat

Résumé : Contre la propagande redoutablement efficace de l'EI, en appeler au peuple et lui redonner la parole pour lui permettre de prendre parti.  
 

Pour mieux comprendre ce qui motive et explique la propagande et les actions terroristes, lire Philippe-Joseph Salazar qui a écrit en 2015 Paroles armées, comprendre et combattre le terrorisme s’impose. Il établit tout au long de son analyse l’origine d’un impossible dialogue avec le Califat du fait d’une conception du pouvoir politique et d’une argumentation logique et rhétorique radicalement opposées à tout système politique fondé sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

C’est en 2014 qu’à la Mosquée de Mossoul, l’imam Ibrahim remet au goût du jour le Califat. A partir du prêche et d’une évocation du sacré, sans grand renfort de gestes, mais à l’aide d’une diction claire et éloquente, il fait advenir le Califat. La parole se fait performative, c’est-à-dire qu’elle institue non seulement l’imam dans son rôle de calife, de Commandeur des croyants, mais qu’elle fait aussi passer à l’existence le Califat. Notons au passage, comme l’écrit Philippe-Joseph Salazar, qu'une assemblée nationale  constituante a été elle-aussi proclamée selon le même mode performatif au Jeu de Paume en 1789. La proclamation n’est donc pas propre au Califat.

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18:00 Publié dans Analyses | Tags : non fiction | Lien permanent

11/08/2015

Non Fiction - PIB, un indicateur de richesse qui ne fait plus le poids ?

Objectif : une croissance, désirée et désirable, pilotée et mesurée à l'aide de nouveaux indicateurs de richesse. D'où le besoin d'indicateurs complémentaires du PIB, pour la définition et l’évaluation des politiques publiques L’adoption en 1ère lecture par le Sénat et l'Assemblée nationale (respectivement, le 2 avril et le 29 janvier derniers) d'une  "petite loi"  pour un grand pas hors du PIB totemique prélude au Printemps de l’économie (13-17 avril 2015). Au moins, d’une table ronde organisée par France Stratégie intitulée « Les indicateurs complémentaires au PIB peuvent-ils changer l’action publique ? » . Pour l’heure, florilège des échanges au Sénat, concluant la proposition de loi adoptée en première lecture.

Applaudissements du groupe EELV : « C’est l’aboutissement d’un travail de conviction, de nombreuses concertations avec des universitaires et des associations ; c’est aussi, il faut le dire, le fruit d’une certaine ténacité » estime Eva Sas, députée et auteure de la proposition de loi adoptée en 1ère lecture par les 2 assemblées. Pour son collègue sénateur André Gattolin, « l’adoption de cette proposition de loi d’origine écologiste par le Sénat à majorité de droite montre, s’il le fallait encore, l’intérêt de cette démarche pour tous les décideurs politiques : mieux prendre en compte le quotidien de nos concitoyens dans la définition des politiques publiques » .

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10:04 Publié dans Réflexions | Tags : non fiction | Lien permanent

08/08/2015

Non Fiction : Les Roms ou la cristallisation de toutes les peurs

Résumé : La nation ne cesse de renvoyer à la question de l’intégration dans une circularité sans fin. La fixation identitaire a souvent comme corrélat et conséquences des questions dont la solution semble impossible.

Intégrer, c’est très proche d’assimiler. Figure de l’absorption, il y a quelque chose de l’ordre de la disparition et de la digestion. Il s’agit par l’intégration d’introduire une partie dans un ensemble afin qu’il fasse un tout cohérent. Cela suppose que cette partie est un obstacle à une sorte d’harmonie préétablie, qui serait déjà là. Elle doit se fondre dans le paysage. On n’admet pas en utilisant ce terme l’idée d’un consensus a postériori.

Or dans son usage mathématique, l’intégrale cherche à ramener à l’égalité des différentielles en tenant compte de variables multiples. On peut donc constater une dérive du sens.

Les Roms et le polar

En lisant La route du Rom de Didier Daeninckx, le détour par le polar m’est apparu révélateur pour saisir la difficulté face à un autre choix que l’Etat-Nation. De la même façon que la littérature classique a mis à l’écart le polar, comme genre impropre, simple divertissement, on trouve dans la fantasmagorie autour des Roms une mise à l’écart qui renvoie à des peurs profondes. Le Poulpe est journaliste et lui aussi se tient à l’écart. Vieil anarchiste il est sceptique quant à la révolution : « Tu sais la révolution ça ne passe pas par l’objectif. C’est dans les têtes ou bien c’est nulle part. » , lui dit un ami. Et lui de s’éclipser. Son scepticisme s’étend à tout ce qui l’entoure.

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10:05 Publié dans Analyses | Tags : didier daeninckx, non fiction | Lien permanent

07/08/2015

Non Fiction - Le marxisme comme tradition critique

Résumé : En réfutant longuement la pensée de Louis Althusser, E.P. Thompson nous livre sa conception de l'histoire et du marxisme.
 
Dans les années 1960 et 1970, Louis Althusser, philosophe quasi-officiel du Parti Communiste Français (PCF) longtemps en poste comme caïman  à Normale Sup', a eu une influence déterminante sur toute une génération d'intellectuels comme Alain Badiou, Jacques Rancière, Etienne Balibar, Manuel Castells, Roger Establet ou Nicos Poulantzas. Si certains d'entre eux finiront par prendre leurs distances avec l'homme ou avec le marxisme, son œuvre a rayonné internationalement et continue d'être enseignée dans certaines universités, bien que ses ouvrages les plus connus comme Lire Le Capital et Pour Marx ne soient vraisemblablement plus très lus et qu'Althusser ne soit davantage associé au sordide meurtre de sa femme. Althusser a toutefois bénéficié d'une importante réception dans le monde anglo-saxon, au même titre que les philosophes de la French Theory , ce qui n'a pas manqué d'en agacer certains. Faut-il voir dans l'attitude antagoniste d'historiens comme Tony Judt ou E. P. Thompson une réaction typiquement anglaise opposant à la théorie, à l'abstraction et au cartésianisme français, la pratique, l'empirisme et le pragmatisme britannique ? Dans une recension en date de 1994 de l'autobiographie d'Althusser : L'Avenir dure longtemps, reprise dans Retour sur le XXe siècle, Judt règle littéralement son compte au philosophe de la rue d'Ulm. Ce dernier n'aurait jamais vraiment compris Marx, aurait pioché ce dont il avait besoin dans son œuvre pour élaborer la sienne qui ne serait qu'un structuralisme déconnecté de l'Histoire. Judt terminait sa recension en se demandant : « Comment tant de gens intelligents et cultivés ont-ils pu se laisser avoir par cet homme ? »
 
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06/07/2015

Non Fiction : Libérer l'égalité du marché

Résumé : Un livre important que doivent lire tous ceux que les conditions de l’égalité préoccupent.

Cet ouvrage, fruit de nombreuses années de réflexion, est rigoureusement indispensable pour ceux que les questions de genre, de diversité, et, plus généralement, celles des conditions de l’égalité, préoccupent. Réjane Sénac défend, avec conviction et un immense savoir, des thèses fortes qui doivent être attentivement examinées.

Ruse de la raison néolibérale

Si l’égalité est une valeur républicaine, consacrée par le droit, la réalité empirique est bien différente. L’auteure dévoile, derrière les bonnes intentions apparentes, ce qu’elle nomme opportunément la ruse de la raison néolibérale. Ainsi la promotion de la parité et de la diversité est analysée comme un processus de marchandisation de l’égalité. En d’autres termes, ce qui est valorisé c’est, comme l’écrit l’auteure, une « égalité sous conditions de performance de la différence ». Les politiques d’inclusion au nom de la richesse des différences ne remettent donc pas en cause le rôle central que joue la complémentarité sexuée et racialisée dans l’ordre politique. On comprend aisément la radicalité de cette approche.

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00:05 Publié dans Réflexions | Tags : réjane sénac, non fiction | Lien permanent

13/06/2015

Non Fiction : Gardien d'immeuble en cité HLM

Résumé : Jean-François Laé conduit une enquête sous forme de conversations et d’observations glanées lors de rencontres avec les gardiens d’une cité de banlieue parisienne : que voient-ils et qu’acceptent-ils de dire de la vie en cité ? 

En toile de fond, une intrigue sociale en 10 chapitres courts : les discours sur la rénovation urbaine voileraient une réalité plus sombre. Jean-François Laé formule ses hypothèses « sur la route » d’un texte simple, sans vocabulaire technique ni référence théorique ostentatoire. A ses côtés, le lecteur chemine et expérimente une manière d’enquêter, s’étonne des matériaux possibles à mobiliser. Pas de dictaphone, d’entretiens programmés : rien d’encombrant entre lui et les enquêtés. En racontant les gardiens, c’est aussi une conception de la recherche que raconte l’auteur.

Décembre 2013. Banlieue parisienne, Stains, cité Albert. Une cité HLM comme les autres : dans les années 1960 elle devait durer le temps de la transition vers la résidence en pavillons. Qu’en est-il 60 ans plus tard ? Au mieux, elle est réhabilitée, rénovée. Comme analyseur de ces cités, l’auteur s’attache au travail des gardiens et attend de leurs pratiques qu’elles éclairent le lecteur. Des gardiens qui ne cessent de mettre en ordre, là où d’autres désordonnent. Enquêter, trouver les coupables, les moraliser : les locataires dégraderaient-ils leur propre cité ? Conjointement, le gardien se fait représentant des nouveaux logements HLM afin d’attirer de nouveaux occupants. Pour changer l’image extérieure de la cité, les problèmes d’incivilité s’effacent du discours au profit de l’amélioration du cadre de vie. Les gardiens proviennent eux-mêmes pour la plupart de la banque, des assurances… Recrutés à bac +2, souvent après une période de chômage, les HLM alimentent leur enthousiasme ; logement de fonction, horaires de travail. Laé précise tout de même que si la cité est « bénie par ceux qui ont une paie à la fin du mois, elle est maudite par ceux qui sont attachés à l’Etat social ». Pour lui, la rénovation n’est pas une réponse à la désindustrialisation : dans la cité embellie, les pauvres restent pauvres.

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17:00 Publié dans Réflexions | Tags : non fiction, lae | Lien permanent