Sociologue et maître de conférences à l'Université de Picardie-Jules Verne, Fabrice Raffin décrit l'émergence du secteur privé dans le champ des politiques culturelles. Il analyse les tensions qui en découlent et les risques de confusion entre des logiques différentes, tout en constatant que cette hybridation répond aux attentes de certains élus.
Le monde culturel, qui fut longtemps un espace relativement stable — articulé autour du dialogue entre institutions publiques, collectivités territoriales et collectifs d’artistes — se recompose aujourd’hui sous l’effet de l’irruption d’acteurs privés : entreprises, fondations, agences d’ingénierie. Si le phénomène n’est pas nouveau dans la musique et les festivals, des acteurs se multiplient dans les arts visuels et urbain, et même le domaine des musées et du patrimoine. Ces structures, d’abord périphériques, concurrencent aujourd’hui des institutions subventionnées. Le changement est profond : il ne s’agit pas d’une simple ouverture au marché, mais d’une redéfinition du système d’action publique
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