Pour Rémi Lefebvre, professeur de science politique à l’université Lille-II et chercheur au CNRS, la primaire reste la moins mauvaise solution pour la gauche.
La Dépêche du Midi : L’idée d’une primaire à gauche compte de plus en plus d’opposants qui s’organisent pour tenter de désigner autrement le futur candidat à la présidentielle. Est-elle enterrée ?
Rémi Lefebvre* : C’est sérieusement compromis car il y a trop de personnes qui ne veulent pas y participer. De plus, il y a un effet calendrier qui commence à jouer. Une primaire entre partis politiques est très compliquée à organiser car cela pose des problèmes techniques, juridiques et financiers. Enfin, une telle primaire implique la négociation d’un pack programmatique commun si on ne veut pas que ça parte dans tous les sens. Il faut qu’il y ait un socle de dix ou vingt mesures sur lesquelles les candidats s’engagent afin de montrer qu’ils partagent le même socle et ça aussi prend du temps. Or la fenêtre de tir se resserre.
Présidentielle 2027 : l'enjeu du rassemblement à gauche • FRANCE 24
Raphaël Glucksmann, Yannick Jadot et Boris Vallaud proposaient une alternative pour réunir la gauche, autre que la primaire ou le ralliement à LFI. Mais existe-t-il seulement un espace pour ?
L’espace pour la présidentielle 2027 est-il déjà saturé à gauche ? Le 18 avril, l’initiative « Construire 2027 » était lancée par le sénateur écologiste Yannick Jadot, l’eurodéputé Place Publique Raphaël Glucksmann et le président du groupe PS à l’Assemblée Boris Vallaud pour proposer une alternative à gauche, autre que la désignation d’un candidat par une primaire ou un ralliement à la France insoumise. Mais huit jours après sa mise en ligne, force est de constater qu’elle ne passionne pas les foules.