La disparition des services de proximité inquiète. Les électrices et les électeurs avouent très souvent se déterminer en fonction de ces enjeux locaux, au détriment des considérations nationales ou internationales.
Selon une récente enquête, trois Français sur cinq déclarent leur « attachement aux services publics de proximité » [1]. S’il est besoin d’affirmer cet attachement, c’est que cette proximité n’a plus rien d’évident. En effet, accéder rapidement à une école, à un médecin, à une maternité ou à un guichet administratif a longtemps constitué une certitude du quotidien, et une traduction spatiale de l’idéal d’égalité hérité de la Troisième République. La proximité des services publics, matérialisée par un maillage (au sens d’un réseau) dense d’équipements et de bâtiments facilement identifiables, participait à la fois d’une présence physique de l’État et d’un sentiment d’appartenance collective. L’école au centre du village est un exemple de « ces bâtiments [qui] donnent une majesté à ce qui appartient à tout le monde, aux services publics. Ils ont un air de famille : sur tout le territoire, on sait à quoi ressemble une gare ou une mairie-école » [2] (Gervais et coll., 2021, p. 355). Or, cette « socialisation d’État » (Spire, 2026) est mise à mal aujourd’hui, car cette densité de services, fondée sur le maillage communal français particulièrement fin, a vécu : la presse quotidienne régionale et nationale se fait régulièrement l’écho de la fermeture d’écoles [3] ou de maternités [4] aux conséquences parfois dramatiques [5], de l’expansion des déserts médicaux [6], voire pharmaceutiques [7].
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