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02/09/2017

PS - Elections 2017 : Quelle évolution des clivages politiques en France ?

Chloé Morin, directrice de l’Observatoire de l’opinion de la Fondation Jean-Jaurès, Hervé Le Bras, directeur de recherche à l’IHESS et stratégie à l’IFOP étaient réunis pour cette table ronde intitulée « Nouveau monde / ancien monde, clivage gauche/droite, et les socialistes ? », animée par Isabelle This-Saint-Jean, secrétaire nationale et membre de la Direction collégiale provisoire.

L’année 2017 fut, pour notre parti, « une succession de difficultés lors des différentes échéances électorales » a rappelé Isabelle This-Saint-Jean. Ce fut également une année importante à différents titres pour Les Républicains, divisés, évincés de l’alternance à laquelle ils pensaient avoir droit, pour la France insoumise de Jean-Luc Melenchon, qui s’est installée dans notre paysage politique, pour le Front national, qui conforte sa place en France malgré un recul aux élections législatives, enfin, pour La République en Marche.

Pour Chloé Morin, « nous sommes dans un processus de décomposition/recomposition loin d’être achevé, en tout cas sur le plan idéologique ». En effet, d’apparence, le Parti socialiste comme Les Républicains sont divisés en deux, faisant dire que le clivage gauche/droite n’est plus significatif.

En réalité, le paysage est bien plus fragmenté qu’il n’y paraît. « Il reste des questions sur lesquelles le socle électoral d’Emmanuel Macron est divisé en deux, avec un clivage gauche/droite qui continue de fonctionner. Il existe des sujets sur lesquels les sympathisants socialistes sont proches de La France Insoumise et éloignés d’Emmanuel Macron, et inversement sur d’autres questions », ajoute Chloé Morin.

Des propos approuvés par Hervé Le Bras, pour qui un deuxième clivage « ouvert/fermé » est apparu, sans toutefois faire disparaître le traditionnel clivage gauche/droite. Selon lui, malgré les divisions multiples à gauche et à droite, trois éléments montrent que le clivage gauche/droite reste pertinent. Tout d’abord, les sondages quotidiens de l’IFOP avant l’élection présidentielle, ont montré la constance de la somme des voix de Benoit Hamon et Jean-Luc Melenchon. Les différentes études montrent également qu’il n’y a pas eu de porosité entre les électorats de Jean-Luc Melenchon et Marine Le Pen. Enfin, à l’intérieur même de l’électorat d’Emmanuel Macron subsiste le clivage gauche/droite.

Pour Hervé Le Bras, deux oppositions cohabitent désormais. Il existe bel et bien un clivage ouvert/fermé évident si l’on observe la cartographie des votes Macron et Le Pen. Mais, deux oppositions existent : ouvert/fermé qui correspond à Macron/Le Pen, et riches/pauvres, plus classique, que recouvre l’opposition Fillon/Melenchon. Pour Hervé Le Bras, « la première opposition a légèrement devancé la deuxième, mais la deuxième continue d’exister et pourrait repasser au premier plan ».

L’électorat socialiste s’est homogénéisé sur de nombreuses questions, comme par exemple l’idée que la mondialisation est une opportunité, souligne Chloé Morin, mais reste divisé sur d’autres, notamment sur le rapport à l’avenir et l’idée que le pays serait en déclin, ou sur le rapport au parti et aux hommes politiques.

Aujourd’hui, ce paysage n’est pourtant pas stabilisé. Hervé Le Bras rappelle qu’au 1er tour des élections législatives, La République En Marche n’a fait que 24%. Le débat sur l’insécurité en terme d’emploi, sur les étudiants et l’université, la baisse des APL, marque un retour « vers des problématiques qui me paraissent être plus proches de la coupure droite/gauche », estime Hervé Le Bras. Une analyse partagée par Chloé Morin pour qui, à l’heure actuelle, le débat est à gauche, « le mécontentement qui grandit est plutôt à gauche ». « Sur son flanc gauche, la question de la justice sociale commence à s’imposer comme étant vraiment problématique » ajoute-elle, ce qui ne signifie pour autant pas que « le Parti socialiste sera automatiquement bénéficiaire de ces débats-là ».

L’espace politique pour une gauche sociale-démocrate, une gauche d’opposition, une gauche de gouvernement existe donc toujours bel et bien. Au PS, ses élus, ses cadres, ses militants, de continuer à la faire vivre !

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