Les partisans d'une primaire à gauche en vue de la prochaine présidentielle se sont réunis à la Bellevilloise, mardi soir.
Les partisans de la primaire de la gauche non-mélenchoniste ne s'avouent pas vaincus : malgré l'officialisation de la candidature de Jean-Luc Mélenchon et les oppositions en interne, ils ont défendu l'unité de la gauche pour la présidentielle de 2027 face à l'extrême droite, lors d'un meeting commun organisé dans la soirée du mardi 5 mai.
Réunis à La Bellevilloise, à Paris, les promoteurs de l'initiative "Front populaire 2027" ont martelé la nécessité d'une primaire, alors que celle-ci est mal engagée.
REPORTAGE•Les partisans de l’union à gauche tenaient ce mardi un meeting commun à Paris pour relancer le processus de primaire de la gauche non-mélenchoniste
« Aujourd’hui, on a l’impression qu’on est empêtrés dans un congrès du Parti socialiste. Il faut en sortir », a déclaré ce mardi la candidate à l’élection présidentielle, alors qu’Olivier Faure ne dispose pas d’une majorité en interne pour impliquer son parti dans le processus d’une primaire.
Lucie Castets, maire du 12e arrondissement de Paris, réaffirme son engagement en faveur d’une primaire de la gauche et des écologistes pour 2027. L’ex-candidate du NFP à Matignon appelle à un rassemblement mardi 5 mai à Paris pour les 90 ans du Front Populaire et relancer la dynamique unitaire de la gauche.
Pour Rémi Lefebvre, professeur de science politique à l’université Lille-II et chercheur au CNRS, la primaire reste la moins mauvaise solution pour la gauche.
La Dépêche du Midi : L’idée d’une primaire à gauche compte de plus en plus d’opposants qui s’organisent pour tenter de désigner autrement le futur candidat à la présidentielle. Est-elle enterrée ?
Rémi Lefebvre* : C’est sérieusement compromis car il y a trop de personnes qui ne veulent pas y participer. De plus, il y a un effet calendrier qui commence à jouer. Une primaire entre partis politiques est très compliquée à organiser car cela pose des problèmes techniques, juridiques et financiers. Enfin, une telle primaire implique la négociation d’un pack programmatique commun si on ne veut pas que ça parte dans tous les sens. Il faut qu’il y ait un socle de dix ou vingt mesures sur lesquelles les candidats s’engagent afin de montrer qu’ils partagent le même socle et ça aussi prend du temps. Or la fenêtre de tir se resserre.
Présidentielle 2027 : l'enjeu du rassemblement à gauche • FRANCE 24
Raphaël Glucksmann, Yannick Jadot et Boris Vallaud proposaient une alternative pour réunir la gauche, autre que la primaire ou le ralliement à LFI. Mais existe-t-il seulement un espace pour ?
L’espace pour la présidentielle 2027 est-il déjà saturé à gauche ? Le 18 avril, l’initiative « Construire 2027 » était lancée par le sénateur écologiste Yannick Jadot, l’eurodéputé Place Publique Raphaël Glucksmann et le président du groupe PS à l’Assemblée Boris Vallaud pour proposer une alternative à gauche, autre que la désignation d’un candidat par une primaire ou un ralliement à la France insoumise. Mais huit jours après sa mise en ligne, force est de constater qu’elle ne passionne pas les foules.